ARGENTINE : Le Nord-Ouest (NOA)

Nous quittons Puerto Iguazu – dont l’intérêt est plutôt limité aux fameuses chutes – à bord de notre petite « Corsa » pour la grande traversée d’Est en Ouest qui nous mènera jusqu’à Salta, quelque 1200 km plus loin… Nous avons vraiment hâte de découvrir ce « NOA » (Nord Ouest Argentin) si réputé et situé aux pieds de la Cordillère des Andes ! Nous avons choisi de vous le raconter sous l’aspect d’un “Carnet de Voyage”…

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Les rues de Corrientes, samedi matin…

Nous pensons faire un arrêt à mi-chemin sur la Route 16. Mais les Dieux du ciel ne sont pas avec nous et des trombes d’eau s’abattent sur la route la transformant rapidement en « Rio » dangereux grâce au croisement incessant des gros camions aux éclaboussures agressives. Nous n’avons même pas parcouru 400 km lorsque nous sommes contraints d’interrompre le périple à Corrientes. Une petite ville coloniale finalement assez sympathique et avec sa voisine, Resistencia, le dernier lieu vraiment urbanisé avant la Route 16 qui – sur 800 km jusqu’à Salta – n’est qu’une suite d’espaces désertiques et de « pampa » où même le ravitaillement en carburant pose problème…

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Vache, les pattes dans l’eau dans la Pampa !

Le lendemain matin, alors que nous pensons reprendre tranquillement la route, la sortie du parking couvert de l’hôtel nous réserve une nouvelle surprise : les rues sont transformées en torrents et les gens qui circulent à pied ont de l’eau jusqu’aux genoux… Notre petite voiture n’est pas à la fête ! Ici, il ne pleut pas souvent et les systèmes d’évacuation sont vite saturés… Après avoir attendu, perchés sur un trottoir, une accalmie et surtout une décrue, nous osons sortir de la ville… A peine 20 km plus loin, l’agglomération de Resistencia est soumise au même régime : une pluie battante et des rues ruisselantes… Nous décidons de continuer notre route en pensant, tôt ou tard, laisser les orages derrière nous ! Effectivement, après avoir parcouru prudemment 200 kilomètres et plus, nous voici arrivés à « Pampa del Infierno » (Pampa de l’Enfer !) où les tempêtes aquatiques cèdent la place à une tempête de sable rouge… Bref, une route vraiment galère et qui n’en finit plus… Notre arrivée sur la Route 9 en début de soirée, matérialisée et à double voie, est un véritable bonheur après tout le stress de la journée… A la nuit, vers 20 heures, nous sommes enfin à Salta, La Linda !

Salta, La Linda (La Belle), perle du « NOA »

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Salta : la cathédrale

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Enorme contraste entre ces mornes plaines traversées sous les intempéries et la douceur estivale de Salta, capitale de la province du même nom, située à 1187m d’altitude au pied du sommet San Bernardo dans la cordillère des Andes.

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Salta fut fondée le 16 avril 1582 par l’Espagnol Hernando de Lerma. Son nom viendrait du mot « sagta » signifiant « Très belle » en langue indienne aymarà. En effet, c’est une bien jolie ville au style colonial espagnol avec sa belle cathédrale rose et ocre du 19ème siècle et sa place du « 9 Juillet » (Plaza 9 de Julio) à colonnades ornée d’un kiosque à musique, de palmiers et de palétuviers. Sous les arcades, les terrasses des cafés ne désemplissent pas. L’église San Francisco (Ci-dessous) avec toutes ses dorures et sa façade rouge offre un bel exemple du baroque rococco.

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Salta fut – aux 18ème et 19ème siècles – le point de passage obligatoire des échanges commerciaux avec les pays voisins : Chili, Bolivie, Pérou. Elle demeure un lieu de séjour très agréable pour les voyageurs en direction du Nord comme du Sud !

Les Vallées Calchiques et les Quebradas, un émerveillement pour le photographe !

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« Les Vallées Calchiques », c’est le nom donné aux vallées traversées par le Rio Calchaqui, le plus long fleuve Argentin né à 5950 mètres d’altitude et qui finit par se jeter dans le Rio Paranà après avoir changé de nom. Quant-à la « Quebrada », c’est toujours une vallée entre deux fleuves. Pour apprécier totalement la beauté de ces vallées, il faut faire une boucle de 3 jours au Sud de Salta.

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On quitte Salta par la Route 68 jusqu’à El Carril puis, on laisse cette route pour emprunter la Route 33 non revêtue. Tantôt très étroite, tantôt large, la piste offre d’extraordinaires paysages sculptées par l’érosion et le vent. On se dirige vers le « Parc Los Cardones » qui tire son nom du « cardon », le cactus candélabre dont les formes quasi humaines et géantes (certains font 10 mètres de haut) se découpent dans le bleu limpide du ciel. La route 33 prend alors le nom de «Recta Tin Tin » sur une portion rectiligne de 18 km. Elle emprunte le tracé d’un ancien chemin préhispanique. Son nom vient de celui d’un cours à faible débit, le Rio Tin Tin qui se jette dans le Rio Calchaqui à proximité de Cachi.

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A partir du village de Payogasta, on emprunte la mythique Route 40, la route la plus longue du pays (revêtue seulement à 48%) avec ses 5224 km de la Patagonie à La Quiaca, ville-frontière de la Bolivie. Elle poursuit son chemin en parallèle à la cordillère des Andes. Au cours de notre voyage, nous en parcourrons plusieurs tronçons. Il ne faut pas rater ce parcours extraordinaire qui vaudrait – à lui seul – le voyage !

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Cachi est un joli village indien à 2.200 mètres d’altitude (En quechua “kallchi” signifie « sel ») aux maisons basses blanchies à la chaux, où trône l’église San José datant du 18ème siècle avec son toit sculpté en bois de cactus. En décor de fond : le Nevado de Cachi et ses 6320 mètres ! Il serait dommage de ne faire que passer car la place du village (On y visitera le musée archéologique) revêt un charme incroyable à la tombée du jour avec ses petits restaurants (Oliver Wine Bar) tenus uniquement par des Indiens. Nous avons choisi d’y passer la nuit à l’hôtel Llaqta Mawka très typique – le plus confortable du village – avec son patio ensoleillé planté de cactus et sa déco indienne authentique. Internet : www.hotelllaqtamawka.todowebsalta.com.ar

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Cachi : sa place, ses gauchos… et le “Wine Bar”

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La mythique Route 40 de Cachi à Cafayate

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Nouvelle étape époustouflante ce lundi 30 Novembre : la piste qui joint Cachi à Cafayate est la fameuse Route 40, la Panaméricaine. Son point zéro est fixé à l’extrémité sud, au Cabo Vírgenes en Patagonie. A Cachi nous sommes au 4505ème kilomètre ! Environ 50 km après Cachi, on traverse le village de Molinos, tout en pisé et qui semble être une oasis dans cet univers minéral. 40 km plus loin, nous voici à Angastaco entre montagnes, aiguilles acérées et cactus !

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A moins de 10 km de l’arrivée à Cafayate, la Quebrada de Las Flechas dévoile ses formes minérales sculptées et ses infinies couleurs allant de l’ocre au gris en passant par le rouge et même le noir… Certaines concrétions semblent abriter des habitats troglodytes imaginaires…

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Eglise de Cafayate
Belles façades et arbres en fleurs
Belles façades et arbres en fleurs

Le village de Cafayate, sur les rives du Rio Chuscha à 1 683 m d’altitude au coeur de la vallée des Calchaquies est connu internationalement pour la qualité de ses vins (Ne pas oublier de visiter au moins une Botega !), la douceur de son climat, la gentillesse de ses habitants et la beauté de ses paysages. Il faut en découvrir les ruelles et la place centrale ombragée avec sa belle église ocre et jaune. Après la rude journée de piste, il s’avère être une étape délicieuse avant le retour vers Salta. Nous faisons escale chez un Français à Nuesta Hospedaje aux tarifs très avantageux. Internet : nusta.hospedaje@arnet.com.ar

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La Quebrada de las Conchas (Route 68) entre Cafayate et Salta

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Mardi 1er Décembre. Nous allons remonter vers Salta par la Route 68 pour parcourir la Quebrada de las Conchas. La partie la plus intéressante de la route se situe à seulement une vingtaine de kilomètres de Cafayate… Il y a environ 2 millions d’années toute cette vallée était recouverte par la mer qui a disparu avec l’irruption de la chaîne des Andes. Ont alors surgi de l’eau toutes ces formations rouges baptisées suivant l’imagination des hommes : El Castillo (Le Château), El Obelisco (L’Obélisque), El Sapo (Le Crapaud) et surtout L’Anfiteatro avec son étrange acoustique… A « Tre Croce » (Trois Croix), le point de vue sur la vallée est exceptionnel !

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La vue sur la vallée de “Tre Croce”

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Le Rio Calchaqui s’étire en contrebas au milieu d’une oasis de verdure : contraste des verts, des ocres, des rouges qui se retrouvent aussi dans la couleur de l’eau ! Salta sera l’étape du soir avant de remonter vers le Nord. On y trouve des hébergements pour tous les budgets… Nous avons choisi La Posada del Angel (Internet : hotelposadadelangel.com.ar) pour sa situation centrale et son parking inclus). Les restaurants aussi sont nombreux mais notre « Coup de Cœur » est allé à « El Solar del Convento » (Caseros 444) situé dans un ancien couvent Jésuite pour le décor, l’accueil et la délicieuse « parilla » (viande au barbecue ci-dessous).

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De Salta à Tilcara par la Route 9

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En ce mercredi 2 décembre, nous prenons la direction de San Salvador de Jujuy pour parcourir la Quebrada d’Humahuaca jusqu’à Tilcara, notre prochain lieu de séjour. Très touristique, Tilcara (qui signifie « Etoile filante » en quechua – a la fierté de posséder la place la plus animée de la vallée. Les stands de poteries, de vêtements en laine de lama et d’autres objets d’artisanats se dressent sous l’ombrage des arbres.

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Notre maison d’hôtes « Casa Los Airampos » choisie sur internet (www.casadefamilia.net) est un petit bijou d’architecture traditionnelle – pierre, bois de cactus – où Maria, la propriétaire vous accueille chaleureusement. Une adresse à retenir : on peut réserver directement sur www.losairampos.com . En ville, de nombreux restaurants offrent, en plus de leurs spécialités, des concerts de musique traditionnelle andine.

Notre hôte, Maria, au métier à tisser avec sa petite fille
Notre hôte, Maria, au métier à tisser avec sa petite fille
La musique andine accompagne les spécialités régionales au restaurant !
La musique andine accompagne les spécialités régionales au restaurant !

tilcara_musiciens3En prenant la rue Padilla et en traversant le pont, on se dirige vers la Pucarà – village préhispanique et véritable forteresse édifiée par le peuple Tilcara avant l’arrivée des Incas qui imposèrent rapidement, leur religion, leur culture et leur langue, le quechua. Reconstitué par les archéologues de l’Université de Buenos-Aires, le village s’élève dans un large champ de cactus largement consommé par les Indiens. Le musée abrite des momies, des vases mortuaires, des bijoux et autres objets provenant des sites archéologiques du Nord-Ouest argentin.

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La Puccara de Tilcara
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Vues de la Pulcara de Tilcara…

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 La Quebrada d’Humahuaca, Patrimoine de l’Humanité depuis 2003

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Un artisanat très attractif dans les rues d’Humahuaca

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humahuca_filletteAujourd’hui, nous profitons du site prodigieux de Tilcara et de notre maison d’hôte. Nous n’avons pas le temps de monter plus au Nord vers la Bolivie et arrêterons notre exploration à Humahuaca situé à 2940 mètres d’altitude et dernière étape de la Quebrada du même nom. Ce village fut l’un des plus importants centres de commerce du Haut Pérou.

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Un escalier monumental où se succèdent les stands d’artisanat (Tarifs très attractifs !), mène au monument aux Héros de l’Indépendance Nationale. Peu avant Humahuaca se trouve le monument indiquant l’emplacement exact du Tropique du Capricorne.

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De Tilcara à Salta par Purmamarca, Salinas Grande et les Hauts Plateaux Andins « Puna » via la Route 40 et San Antonio de los Cobres…

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La fameuse montagne aux 7 couleurs

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L'église traditionnelle de Purmamarca
L’église traditionnelle de Purmamarca

Vendredi 4 Décembre. Nous quittons Tilcara vers Purmamarca et sa fameuse montagne aux 7 Couleurs ! Purmamarca signifie « village du lion » en langue quechua. Derrière la petite église de pisé édifiée en 1648 se dresse le « Cerro de Los Siete Colores » (la montagne des sept couleurs) dont la gamme s’étend du beige au violet. Chaque couleur représente une formation géologique différente et par conséquent renvoie à l’âge de la pierre. La roche rouge a environ 80 millions d’années, la blanche est la plus jeune avec 3 millions d’années seulement !

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Sur la place ombragée par un majestueux caroubier qui aurait plus de cinq cents ans, les artisans proposent des sculptures sur bois, des tapis tissés, des pulls en laine de vigogne… mais aussi diverses plantes médicinales censées guérir tous les maux ! La montagne se contourne par une petite piste parfaitement accessible à un véhicule de tourisme.

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En quittant le village, la Route se met à grimper sérieusement : on passe de 2600 mètres d’altitude à plus de 4000 m en 45 minutes de route, 33 km et quelque 99 lacets… Nous atteignons le col de Lipán à 4170 mètres où des Indiens proposent de jolies ardoises gravées pour immortaliser votre passage.

Si vous ne pouvez vous aller en Bolivie pour voir le fameux Salar d’Uyuni, rendez-vous à Salinas Grandes !

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Nous voici au milieu d’un des plus grands déserts de sel d’Argentine (1.200 km2) encore exploité. Les salines sont longues d’une cinquantaine de kilomètres et la blancheur éblouissante du sel se découpe sur le bleu du ciel. Il s’agit d’une étendue de sel sous forme de croûte dure, d’une épaisseur de 30 centimètres. On peut rouler en voiture sur sa surface. A Tre Morros, on rejoint la célèbre Route 40 que l’on prendra pour découvrir la « Punà » (Hauts Plateaux Andins) et rejoindre (Une nouvelle fois) Salta par San Antonio de Los Cobres.

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La piste caillouteuse (Ouf, nous n’avons pas crevé !) offre des paysages splendides bien qu’inhospitaliers où nous avons la chance de voir des guanacos, des lamas et des vigognes. Quelques pauvres habitats de pisé soulignent l’hostilité de la nature… Même le cimetière est exposé aux colères climatiques…

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L’habitat des hauts plateaux de la Puna et le curieux cimetière
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Ici, on vit et on meurt en autarcie totale… Autre exemple : le four traditionnel devant les maisons…

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 RENCONTRES AVEC LAMAS ET VIGOGNES

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Le vent tourbillonne curieusement, sorte de mini-ouragan créant une image surréaliste sur cette étendue semi-désertique… La route semble interminable avant d’arriver à San Antonio de Los Cobres. Ce village, situé à 3774 mètres, est entouré de montagnes. Avec ses constructions basses, sans végétation, très venteux, il nous donne un sentiment de bout du monde… Un petit musée est dédié à la construction (Années 30) de la voie ferrée la plus haute du monde : « El tren a las Nubes » (Le train des nuages) dont la ligne – à notre passage – était toujours en travaux.

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Après San Antonio, on quitte la Route 40 pour prendre la Route 51 qui s’enfonce dans la Quebrada del Toro, très encaissée. Bien que matérialisée sur la carte routière, elle demeure une piste chaotique, assez difficile et longue à parcourir surtout par temps de pluie. Avant de s’engager, il faut bien se renseigner sur la météo. L’arrivée à Salta La Linda que nous avions quittée quelques jours plus tôt nous permettra d’apprécier, pour l’ultime soirée, le charme convivial de la Belle coloniale !

De Salta à Tafi del Valle par la Route 68

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Samedi 5 Décembre. Pour la seconde fois on emprunte la merveilleuse Vallée Calchique (Route 68) mais en sens inverse… Paysages à nouveaux différents et toujours aussi sublimes… Après Cafayate, direction Tafi del Valle. Une vallée qui aurait même des airs de paysage suisse : lacs (El Mollar), végétation, chevaux et vaches… La vallée de Tafí sépare les hautes cordillères du Nevado del Aconquija au sud et les Cumbres Calchaquíes au nord. C’est le passage reliant les Vallées Calchaquies à l’ouest, et la grande plaine chaco-pampéenne à l’est. La ville se trouve à une altitude de 2 014 mètres. C’est un lieu de villégiature privilégié des Argentins.

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Bons plans : Hosteria La Rosada (Avenida Belgrano 322) et le très sympa restaurant « Rancho de Felix », au coin de Belgrano qui – outre ses parillas et ses spécialités régionales – met le wifi à disposition de ses clients.

De Tafi del Valle à La Rioja

Dimanche 6 Décembre. On emprunte la route 38 en direction du Sud-Ouest. La région du « Cuyo » qui englobe les provinces de La Rioja, San Juan, Mendoza et San Luis, signifie en langue indigène : Le pays du vent. Nous traversons des paysages érodés et grandioses. Nous arrivons à La Rioja, petite bourgade avec des airs méditerranéens, au pied des sierras de Velasco. Tout est fermé le dimanche à La Rioja… Ville morte ! Seul le café du 4* central semble survivre…

La Rioja – Villa Union en passant par le Parc National de Talampaya

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Le nandou est une autruche naine qui fréquente le Parc Talampaya

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Les condors et les renards, habitants privilégiés du parc !

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Lundi 7 Décembre. Nous quittons La Rioja qui semble s’être un peu tirée de sa léthargie en ce lundi matin. Notre premier objectif est le Parc de Talampaya à 216 km de là. D’une superficie de 215.000 hectares, il fut créé en 1975 pour sauvegarder les vestiges archéologiques et paléontologiques présents dans un environnement de toute beauté. Le canyon du fleuve Talampaya d’une douzaine de kilomètres de longueur, avec ses parois gigantesques (160 mètres !) qui abritent dans leurs sommets des nids de condors, compte parmi les merveilles naturelles de l’Argentine et s’inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’Unesco depuis 2000. Des renards gris, des nandous ( petites autruches) ou des viscaches australes se cachent derrière les caroubiers centenaires et les arums. Ces formations géologiques sont dues à l’érosion des maigres pluies et du vent depuis 70 millions d’années. Chaque formation possède son nom propre : les Aiguilles, le Moine, la Cathédrale, le Rois Mages … La visite se fait uniquement avec des camionnettes et les guides du parc. Même si le tarif en paraît excessif, il ne faut la louper sous aucun prétexte !

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Gauchos à proximité de Villa Union

Après tant d’images incroyables dans la tête, nous quittons le parc pour rejoindre Villa Union, toute petite ville entre les deux parcs nationaux, Talampaya et Ischigualasto. Bon plan : Nous nous installons pour deux soirées à l’Hôtel Palermo, correct et très bon marché.

La Réserve de la Laguna Brava : des paysages inoubliables !

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Mardi 8 Décembre. Aujourd’hui, excursion en 4×4 (Le chauffeur et guide vient nous réceptionner à notre hôtel à 8 heures) dans un lieu exceptionnel interdit à toute circulation autre que les véhicules autorisés. Il nous faudra 8 heures de route, aller/retour, mais quels souvenirs !

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En route, on croise les vigognes, camélidés protégés

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On quitte Villa Union en direction du Nord par la Route 76. Après le tout petit village de Villa Castelli, on entre dans la Quebrada de La Troya. Là encore, les paysages sculptés par l’érosion sont grandioses mais nous ne sommes qu’au début de l’émerveillement…Le dénivelé est très rapide et le chauffeur prend soin à faire des arrêts « petite marche à pied » pour nous accoutumer à l’altitude et nous éviter ainsi le fameux « mal des montagnes » qui peut entraîner des problèmes pathologiques graves…

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La réserve provinciale Laguna Brava est une réserve naturelle protégée par la Convention de Ramsar depuis le 2 février 2003. Grâce à l’humidité des lagunes, elle a une biodiversité variée et héberge, en été, d’abondantes populations d’oiseaux aquatiques endémiques dont les flamants de James et flamants des Andes, deux espèces menacées. On y trouve aussi des sarcelles de la Puna, des foulques… et bien d’autres oiseaux. Au delà de 3000 mètres on découvre les « vegas », sortes de vallées humides caractéristiques du milieu des Hautes Andes.

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Le site offre aussi une protection pour les camélidés sauvages, et parmi eux la vigogne et le guanaco que nous avons eu la chance de pouvoir photographier tout au long de notre parcours ! De tous temps cette piste a été un passage de négoce à travers la Cordillère des Andes entre l’Argentine et le Chili par le col Azul qui culmine à 5070 mètres. Les commerçants avaient installé, tout le long de ce trajet hostile, des refuges pour leurs haltes nocturnes. L’un des plus typique, dans une vallée moins ventée est celui d’El Penon (Photo ci-dessous).

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La Laguna Brava est une saline à la forme allongée nord-sud. Sa longueur est de plus ou moins 20 kilomètres et sa largeur oscille entre 1,5 et 3 kilomètres. Son altitude est de 4210 mètres. Depuis la laguna, on a des vues superbes sur les volcans Cerro Bonete et Veladero.

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L’endroit est féérique, glacial et partout,sur le sel immaculé, déambulent des vols de flamants… Si vous avez un investissement à faire, dans le coin, alors, n’hésitez pas : offrez-vous cette journée du bout du monde ! (L’excursion s’achète sur la place du village dans une agence tenue par… une Française !). Nuit à Villa Union.

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Guanacos : contrairement aux vigognes au museau blanc, elles ont le museau noir !

De Villa Union-San Augustin del Valle Fertil en passant par le Parc d’Ischigualasto

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Sur la route, rencontre avec les condors !

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Mercredi 9 Décembre. On quitte Villa Union par la Route 40 (Encore !) pour se diriger vers le Parc d’Ischigualasto plus connu sous le patronyme de Vallée de la Lune (Ischigualasto est un nom d’origine quechua, qui signifie, “Endroit où se pose la lune”).

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Ce parc de 60.000 hectares est l’une des seules zones de la planète où sont représentées toutes les étapes de l’ère triasique (entre 248 et 206 millions d’années) Il est déclaré Patrimoine Naturel de l’Humanité par l’UNESCO depuis 2000.

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Le centre d’interprétation paléontologique situé à l’entrée du Parc est intéressant pour mieux appréhender son histoire et sa formation. Il y a deux 225 millions d’années, cette vallée était un paradis de fougères gigantesques habité par des vertébrés colossaux : les dinosaures !

On parcourt (avec son propre véhicule) un circuit balisé de 40 km où 7 arrêts majeurs sont prévus pour observer les formes géologiques les plus insolites comme El Gusano : le ver ; La Esfinge : le sphinx ; El Submarino : le sous-marin ; El Hongo : le champignon puis La Cancha de las Bochas, littéralement le « terrain de boules ». « La Valle Pintado » nous donne vraiment l’impression d’être transportés sur la lune… Un sentiment incroyable de fin du monde règne ici… Lors de l’apparition de la cordillère andine, un grand chambardement a tout figé dans l’éternité. Tout comme Talampaya, ce parc est à ne rater sous aucun prétexte !

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Après la visite, continuation vers San Augustin del Valle Fertil (à 80 km), paisible et vert avec son petit lac. L’Hosteria Valle Fertil domine la vallée et semble être le seul hôtel du coin. Personnel peu aimable (Hôtel pour T.O.) et restaurant encore pire… A éviter…

Jeudi 10 Décembre. Journée de liaison entre San Augustin et Mendoza. Nuit à Mendoza.

De Mendoza à Uspallata par la Route 7

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Vendredi 11 Décembre. Nous avons peu d’intérêt pour les villes, privilégiant l’attrait de la nature. Aujourd’hui nous remontons vers la cordillère pour découvrir l’Aconcagua, géant des Amériques… Deux possibilités s’offrent à nous : par Villavicencio ou Potrerillos… Nous choisissons la première alternative afin de faire une boucle autour de Mendoza. Mais arrivés aux Thermes de Villavicencio, la route est barrée… Nous devons faire demi-tour pour reprendre la Route 7 ! Il nous faudra donc, presque la journée pour atteindre le joli village de montagne d’Uspallata à 1900 mètres d’altitude. Etape charmante à l’Hôtel 3* « Los Condores ». Internet : www.mendoza.com.ar/hotel_los_condores

Le Pont de l’Inca et le Parc de l’Aconcagua par la Route 7

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Samedi 12 Décembre. Départ d’Uspallata pour emprunter cette magnifique Route 7 qui mène aux confins du Chili à moins de 100 kilomètres de là. On traverse une modeste station de ski « Los Penitentes » (à cause des sculptures géologiques en forme de… pénitents !) puis, nous voici au « Puente del Inca » à 2720 mètres d’altitude. Ce « Pont de l’Inca » est un arrêt incontournable. C’est une formation rocheuse semi-naturelle ciselée par l’eau, le sel et le soufre… Les Incas avaient compris l’intérêt thérapeutique de l’eau soufrée et avaient partiellement détourné la rivière afin que la sédimentation forme une arche. Un établissement thermal y fut même construit mais emporté par une avalanche. On peut encore en observer les ruines. Le pont est aussi l’objet de nombreuses légendes indiennes.

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L’endroit est très touristique mais tous les artisans installés là proposent des produits authentiques (Pulls en laine de lama ou de vigogne, instruments de musique andins, pierres et bijoux, produits du terroir…) et à des tarifs attractifs. On peut aussi s’y restaurer sur une terrasse ensoleillée.

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Quelques kilomètres plus loin, voici l’entrée du Parc de l’Aconcagua à seulement 13 kilomètres de la frontière chilienne. Notre voiture de location n’a pas la permission de sortir d’Argentine… Le nom d’Aconcagua serait une hispanisation d’une racine quechua, aqu signifiant « sable » et k’awa désignant le ruban de laine rouge porté en diadème par les Incas.

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L’Aconcagua, point culminant de la cordillère des Andes est surnommé le « colosse de l’Amérique ». Il s’élève à une altitude de 6 962 mètres (Le plus haut sommet d’Amérique du Nord est le Mont Mac Kinley en Alaska avec ses 6194 mètres !) et domine un vaste parc provincial protégeant des espèces animales typiques de la cordillère, en particulier le condor des Andes et le guanaco, ainsi qu’une végétation rare et fragile. La première ascension officielle est celle du Suisse Matthias Zurbriggen (1897) par la face Nord. Son ascension est relativement aisée pour des personnes acclimatées à l’altitude, malgré des phénomènes venteux parfois violents. Nous nous sommes contentés de la petite balade balisée jusqu’à la Laguna de Los Horcones !

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Nature fabuleuse, petits lacs de névés, mules redescendant du trek, sommet coiffé par les nuages… Tout cela avait un petit air alpin… Finalement, petite planète !

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Nous ferons la route en sens inverse vers Mendoza. Notre point de chute est à Lujan de Cuyo (Banlieue de Mendoza) chez l’habitant. Ultime étape de notre voyage pour découvrir la vraie vie des Argentins.

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Découvrir la vie quotidienne chez Nacho à Lujan de Cuyo

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Samedi 12 et Dimanche 13 Décembre. Nous voici accueillis dans la jolie maison de brique, de bois et de métal de Nacho et ses parents qui possèdent deux chambres d’hôtes. Nacho a vécu deux années en France lorsqu’il était étudiant et il parle un Français parfait. Ses parents sont d’origine sicilienne bien que nés en Argentine. Il faut remonter aux grands-parents pour l’immigration vers le Nouveau Monde. Ici, le ton est donné tout de suite : nous sommes conviés à partager le repas de la famille ! Autour de la table les échanges d’idées vont bon train… Polyglottes entre le Français, l’italien et l’Espagnol… Un mélange joyeux que finalement chacun arrive à saisir !!!

Le déjeuner du dimanche permet de retrouver toute la famille autour de « l’asado » préparé par le père, Ricardo qui prend en charge la cuisson des différentes viandes.

L’asado se traduirait par « grillade » ou barbecue. Ici les morceaux de viande sont cuits entiers. La viande de bœuf est privilégiée (vaca: vache, novillo: boeuf, ternero : veau et ternera : génisse) et elle se déguste généralement bien cuite. L’asado s’accompagne d’une salade composée (laitue, tomate, oignon).Tant à la ville qu’à la campagne, la consommation de viande est impressionnante en Argentine, en particulier les jours de fêtes et le dimanche qui sont prétextes à se réunir entre amis, en famille pour déguster « las mejores carnes argentinas del mundo » accompagnés par les vins du terroir de Mendoza. D’ailleurs, Ricardo a fait construire une superbe « Botega » dans son jardin et il nous offre, spontanément, la possibilité de déguster quelques unes de ses bouteilles amoureusement vieillies ! Convivialité et amitié seront les maîtres-mots de ces trois journées passées chez Nacho ! Si vous passez dans le coin, n’hésitez pas à le contacter par e-mail : ignasanchez@gmail.com

Le retour vers Buenos-Aires se fera par l’horrible Route 7 avec ses 1200 km quasiment à double sens où les camions foncent au milieu de la route et vous déportent vers le fossé à chaque croisement… Un trajet à éviter vraiment si vous le pouvez…

Ricardo prépare l'Asado du dimanche déjeuner
Ricardo prépare l’Asado du dimanche déjeuner

Ce voyage de 18 jours dans le NOA fut une découverte extraordinaire que nous recommandons à tous nos lecteurs ! De plus, la puissance de l’Euro par rapport à la monnaie locale le Peso (1 € = 5,75 pesos) permet de voyager très confortablement à des tarifs vraiment avantageux. Il vaut mieux partir avec des euros et les changer sur place. De toute façon, le change en France n’existe pas !

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Pour avoir de nombreux conseils et avis dans la préparation de notre voyage, nous avons discuté avec de nombreuses personnes du forum www.voyageforum.com qui nous ont apporté plein de petites précisions astucieuses sur le déroulement de notre séjour. Nous y avons aussi rencontré Nacho… Maintenant, il ne nous reste plus qu’à envisager un prochain voyage – toujours dans la cordillère – peut-être en Argentine du Sud (Patagonie) mais aussi au Chili, au Pérou et en Bolivie…


ARGENTINE : QUELQUES GÉNÉRALITÉS…

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Superficie : 2 780 400km2 + 965 847km2 en Antarctique – L’Argentine est le 7ème pays au monde par sa superficie, le 2ème en Amérique du Sud après le Brésil – Ses pays limitrophes sont l’Uruguay, le Brésil, le Paraguay, la Bolivie et le Chili – L’Argentine présente 9376km de frontières dont 5150km avec le Chili le long de la cordillère des Andes.

En plus de ses 24 Parcs Nationaux, l’Argentine possède 8 sites classés Patrimoine Naturel et Culturel de l’Humanité par l’UNESCO dont les 4 que nous avons visités : – La Quebrada de Humahuaca dans le Nord-Ouest (2003) – Le Parc National d’Iguazu dans le Nord-Est (1983) – Ischigualasto (Vallée de la Lune) (2000) – Talampaya (2000)

La culture de la vigne…

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La vigne à Mendoza avec, en toile de fond, la Cordillère des Andes

A partir de la fin du 19ème siècle avec l’arrivée massive d’immigrants européens (notamment espagnols, français et italiens), la culture de la vigne s’est développée et approprié les meilleurs terres, surtout la région du Cuyo : Mendoza, San Juan, La Rioja). Les vignes s’étendent sur 1700 km le long de la Cordillère des Andes et bénéficient d’une grande amplitude thermique favorisant le développement des arômes. Le climat très sec à cause de la barrière naturelle de la cordillère, éloignée de l’Océan Atlantique, empêche les vents humides du Pacifique d’arriver.

La Botega Fournier à l'architecture avantgardiste dans la région de Mendoza
La Botega Fournier à l’architecture avantgardiste dans la région de Mendoza

Le cépage emblématique de l’Argentine est le Malbec avec 21.200 hectares cultivés (sur 34.000 ha au niveau mondial). Originaire de France (du Bordelais mais actuellement il subsiste dans la région de Cahors) ce cépage fût introduit en 1868 par le Français Jean Pouget. Le Malbec Argentin est reconnu comme le meilleur au monde et est le plus exporté depuis l’Argentine vers notamment l’Amérique du Nord et l’Angleterre. Il représente 70% de la production mondiale. Ensuite on retrouve des cépages comme le Bonarda, le Cabernet Sauvignon, le Syrah, Merlot, Tannat, Tempranillo et Pinot Noir pour les vins rouges et les Torrontés, Chardonnay, Sauvignon et Chenin Blanc pour les blancs. A l’image des vins du Nouveau Monde, les vins argentins sont le plus souvent commercialisés en mono-cépages même si aujourd’hui les assemblages sont de plus en plus fréquents. Lors de notre séjour chez Nacho, nous avons pu visiter quelques Botegas dont celle de O. Fournier à l’architecture avantgardiste du côté de La Consulta.

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Le Dulce de Leche, dessert national…

Le Dulce de Leche (ou confiture de lait) est un élément incontournable dans la vie culinaire de tout argentin au même titre que l’asado ou le mate (Tisane d’herbes). Le Dulce de Leche se consomme aisément en servant de base et en accompagnant les desserts types pancakes (crêpes), la banana con dulce de leche… mais aussi des spécialités comme les Alfajores fourrées au dulce de leche (sorte de petits gâteaux) ou encore la glace au dulce de leche. Bien que sa dégustation se résume le plus souvent à un pot de 1kg dans la main et une cuillère à soupe dans l’autre et un prétexte à rajouter du Dulce de Leche sur toutes les saveurs sucrées comestibles… Le Dulce de Leche aurait été inventé en Argentine selon une légende populaire bien entretenue qui consiste à dire que la servante du général Rosas aurait reçu la visite du général Juan Lavalle (ennemi du premier) et en aurait oublié le lait qu’elle faisait chauffer sur le feu… ainsi est né le premier Dulce de Leche et il était Argentin… C’est une fierté du patrimoine national et un incontournable plaisir des papilles qui se consomme sans modération à toute heure !

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« Helado », la glace argentine…

Jusqu’au milieu du 19ème siècle, la glace (helado) arrivait en Argentine par bateau sous forme de barres enveloppées dans des copeaux de bois. De là sont apparus les premiers glaciers et les premières glaces présentées dans des coupes en métal. Les immigrants italiens ont importé leur savoir faire et développé les coutumes et les saveurs. A goûter: (absolument) la glace au Dulce de Leche !