| Hautes-Alpes/Risoul/Portrait d'Edith |
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« Didou », elle dame pour vous !
Parmi les métiers de la montagne généralement dédiés aux hommes, celui de conducteur d’engins de damage se conjugue aussi au féminin à Risoul grâce à Edith Jehan qui oeuvre sur les pistes du Domaine skiable de « La Forêt Blanche » depuis maintenant cinq ans. Portrait d’une dame qui « dame » !
Après les présentations d’usage, nous voilà hissés dans la splendide cabine panoramique 3 places, douillettement chauffée, lieu de travail de notre héroïne du jour jusqu’à 3 heures du matin. Notre but est de mieux comprendre en quoi consiste exactement la rotation des machines et comment une jeune femme a-t-elle pu se passionner pour cette profession de noctambule solitaire ? « Je suis de Risoul, dit Edith, et depuis 1989 j’ai été tour à tour secrétaire à l’ESF, puis perchman - le mot n’existe pas au féminin - et enfin « pisteur »… Dès mon adolescence j’étais familiarisée avec les tracteurs car mon père est agriculteur et je l’ai toujours aidé. Il y a 5 ans, la société des remontées mécaniques m’a offert l’opportunité de passer un stage d’entreprise pour obtenir le diplôme de conducteur d’engins de damage. Je n’avais aucune appréhension et j’ai eu à cœur de réussir ce challenge ! C’était un nouveau métier que j’allais acquérir à 37 ans. Comme j’étais du pays, je connaissais déjà le domaine skiable par cœur ainsi que le milieu de la montagne. Cela m’a beaucoup aidée à me repérer surtout par mauvais temps et brouillard. Après quelques semaines passées en double dans la cabine avec mon formateur j’ai été déclarée apte à la conduite ! Au début j’avais un peu peur des réflexes masculins… Mais tout s’est très bien passé et les gars m’ont intégrée aux équipes sans ricanements machistes. Ici je suis « Didou » (mon surnom) et nous tournons à 4 engins. Ce soir, il y a « Seb », Sébastien Pascal, mon « binôme » puis Arnaud, et Paul, le boss. Vers 20 heures nous dînons ensemble et faisons un nouveau brifing (Le second après celui de 17 heures). Nous nous partageons les tâches pour que - dès l’ouverture des pistes - les skieurs puissent profiter de conditions optimales de glisse. En tout, il y a 14 chauffeurs et 2 chefs d’équipes sur le domaine, managés par Roland Bernaudon, Directeur de la société des remontées mécaniques. Au cours de la saison d’hiver, je travaille deux soirs consécutifs et le troisième, je me repose.
Dameuse avec treuil conduite par Seb
Tandis que Didou nous explique son job avec passion joignant le geste à la parole, la neige, elle, continue de tomber, belle, généreuse, paisible dans le silence de la nuit éclairée par les puissants phares de l’engin. Demain, les skieurs auront de belles pistes « bullées », « fraisées » et « damées »… Des skieurs qui, lorsqu’ils dévaleront sur leurs planches n’auront pas vraiment la notion de tout ce travail de préparation accompli en amont ! Aussi pour les sensibiliser un peu mieux et leur faire comprendre où va l’argent de leurs « forfaits », la station leur propose des tours à bord des dameuses à l’heure de la fermeture des pistes. Il suffit d’aller s’inscrire à l’Office du Tourisme et la balade à bord sera gratuite pour les curieux munis de leur skipass. Ils pourront apprécier le travail des conducteurs et la maniabilité des machines qui ont la possibilité de tourner sur elles-mêmes grâce au train de chenille et aux roues pleines. Il faut savoir que la nuit soufflent souvent des vents violents emportant toute la neige… Le travail consiste alors à récupérer (pardon, à buller !) la neige dans des endroits plus fournis pour re-garnir les coins pelés où dépassent les cailloux…dangers potentiels ! L’arrivée des télésièges fait aussi l’objet d’attentions particulières. « La nuit n’est-elle pas un peu longue parfois ? » « Non, c’est une question d’habitude. J’ai un bon confort à l’intérieur, la radio pour communiquer avec mes collègues et la musique sur la bande FM… Je croise des renards qui cherchent leur nourriture aux abords des restaurants d’altitude, des lièvres… Au printemps, l’arrivée tardive de la nuit permet aussi de rencontrer marmottes, lièvres blancs… Je voudrais vraiment que mon témoignage enthousiaste serve à faire venir d’autres femmes à cette profession que je n’échangerais pour rien au monde ! "Une fois les pistes closes par l’arrivée de l’été, qu’est-ce que vous faites ?" – « Je travaille à la Mairie à l’environnement. Je vais passer, en intersaison, mon permis Poids Lourd, histoire d’avoir des compétences annexes. D’ailleurs, mon fils, Jérémy, qui va avoir 16 ans est très intéressé par mon métier et va se former pour devenir conducteur à son tour… Une histoire de famille, en somme, cet amour des dameuses… Renseignements : risoul.com |
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