STAR FLYER : du Canal de Panama à St-Martin (I)

Le Star Flyer a jeté l’ancre au large de la Marina de Panama, sur l’île Flamenco. On reconnait de loin ses quatre mâts ! Ici va commencer la croisière qui nous conduira d’abord à la traversée du Canal puis à l’Archipel San Blas, Carthagène en Colombie, les îles d’Aruba, Curaçao et les îles Vierges Britanniques (Jost Van Dyke, Tortola, Virgin Gorda). Enfin, Saint-Barthélemy puis Saint-Martin, ultimes étapes. Un périple de 14 jours, souvent à la voile quand les conditions atmosphériques le permettent, et à travers des paysages de cartes postales. Embarquement immédiat pour franchir le Canal de Panama…

Traverser le Canal de Panama et ses 80 km…

Relier le Pacifique à l’Atlantique… Déjà les premiers explorateurs y pensaient au début du 16ème siècle (Voir notre article sur Panama). Il faudra cependant patienter jusqu’en 1914 pour que le premier bateau inaugure le tracé du Canal de Panama ! Au cours de la dernière décennie, l’ouvrage centenaire a subi de longs travaux d’aménagement et d’agrandissement (création d’une 3ème voie pour le transit des navires de grande taille) qui se sont achevés en juin 2016. 

Le Star Flyer se dirige vers l’écluse de Miraflores… En parallèle, dans l’écluse de Cocoli (l’une des nouvelles), un géant des mers, le « Vision of the seas »… qui porte bien son nom offrant vraiment une toute autre « vision » des mers de sa hauteur monumentale et sa dizaine d’étages ! Nous sommes si petits et si différents à bord de notre beau voilier traditionnel ! 

De puissants engins de levages sur rails tractent le bateau de chaque côté du chenal sous l’oeil vigilant du Capitaine Gerald

Les autorités du Canal ont embarqué pour veiller au bon déroulement du passage et sans doute, aussi, faire payer la facture… Tout le monde est sur la passerelle, Commandant, officiers, membres d’équipage… et passagers voulant absolument immortaliser ces moments historiques ! 

Après la seconde écluse « Pedro Miguel » nous entrons dans le « Corte Culebra », la partie la plus étroite du canal représentant 1/5 de sa longueur avec 12,7 km. Ce segment a été creusé dans la roche et la pierre calcaire de la Cordillère Centrale de l’isthme de Panama. Avec le matériel extrait, on pourrait construire 63 pyramides égales à celles d’Egypte !

La navigation continue sur le lac de Gatun, large et parsemé d’îlots tandis que l’écluse du même nom nous ouvre les portes de l’Atlantique et de la Mer des Caraïbes ! Nous avons franchi le Canal de Panama… et voici le pont du « Centenaire » ou de l’Atlantique, le troisième sur le canal mais pas encore opérationnel (ça ne saurait tarder) bâti par le géant du BTP Français, Vinci… Justement celui qui pleure le manque à gagner sur le péage des autoroutes françaises suite aux manifestations des contestataires…

Ce pont, d’une longueur de 1050 mètres se situe à 3 km au nord de l’écluse de Gatun. L’ouvrage comporte deux voies de circulation à 75 mètres au-dessus du niveau de la mer. Avec une travée centrale de 530 mètres, il est le plus long pont haubané en béton du monde (Spécificité : le tablier est suspendu par des câbles, eux-mêmes étant soutenus par des pylônes).  Il permettra – dès son ouverture – aux véhicules de traverser le Canal de Panama indépendamment du fonctionnement des écluses mais aussi le passage d’importants porte-conteneurs.

Si cette traversée fut similaire à celle d’un « long fleuve tranquille », l’océan va nous remuer pour les jours à venir ! Cependant, la vie à bord est si agréable que les turbulences atlantiques ne pourront pas altérer la joie de la navigation et l’immense plaisir de séjourner sur ce bateau mythique !

Toutes voiles déployées à bord du Star Flyer…

La cabine est coquette, fonctionnelle, avec ses beaux revêtements de. bois, ses multiples rangements, son hublot où viennent claquer les vagues… La salle de restaurant, intimiste, permet de prendre ses repas (gastronomiques, élaborés à l’aide d’un Chef 3* !) en couple ou en compagnie d’autres hôtes suivant affinités linguistiques ou culturelles… 

Le bar, sur le pont central, permet d’apprécier les cocktails du bord avec vue sur l’immensité bleue. Certains jours, au déjeuner, il se transforme en buffet thématique mais aussi tous les jours à l’heure du « Tea Time » en goûter salé/sucré et fruits frais… Les ponts dédiés au farniente, à l’avant comme à l’arrière, disposent de tous les transats possibles pour que chaque client puisse en bénéficier à sa convenance. Si l’envie vous prend de jouer aux marins, l’équipe des sports vous proposera l’escalade jusqu’à la plate-forme, harnais et mousquetons arrimés ! Sachez aussi qu’à bord, toutes les explications sont données en trois langues : anglais, allemand et français.


Rencontres avec…


Gerald Schöber, le Capitaine : « Les Clippers sont uniques ! »

Gerald Schöber, le Capitaine est Allemand. Il vient de Flensburg, une petite ville du Nord près de la frontière danoise. Son charisme, sa gentillesse et sa disponibilité le font aimer de tous à bord : des passagers mais aussi de l’équipage. La navigation ? Depuis tout petit elle le passionne ! D’abord officier sur des cargos, il a gravi tous les échelons sur la Compagnie Star Clippper (depuis 2013) pour devenir Capitaine en 2017.

« Ce bateau est unique au monde, dit-il : design, philosophie, convivialité… Nulle part ailleurs un tel concept n’existe ! Je suis donc très fier de pouvoir le gouverner et aussi très heureux de mon équipe de professionnels si multiculturelle ! Les gens peuvent se rencontrer, monter au mât, faire du sport ou seulement apprécier et contempler les voiles déployées… Notre croisière depuis Panama  – comme vous l’avez ressenti – n’a pas toujours été facile… Beaucoup de houle et de vent dans les grandes traversées et énormément de travail… Mais les passagers comprennent les caprices de la mer…  Je suis à bord pour 4 mois et mi-janvier j’aurai deux mois de repos. Ensuite, dès le printemps, je repars vers l’Adriatique après avoir ramené Star Flyer de Saint-Martin pour une grande Transatlantique qui rejoindra les Açores puis Malaga… De belles destinations tout l’été en Méditerranée attendent mon équipage : Malte, les îles grecques (Santorin, Mykonos…)… Bon vent Capitaine !

Johannes, jeune Directeur de Croisière : « L’opportunité de naviguer sur un voilier mythique »

Johannes est Allemand mais a fait toutes ses études à Paris : bac littéraire, BTS en domotique puis, diplômes en poche, il devient saisonnier dans l’ hôtellerie à Courchevel… Pour étoffer son savoir, il s’inscrit à l’école hôtelière de Glion en Suisse de renommée internationale… Les clippers, il les avait connus ado quand ses parents l’avaient emmené en croisière… A 28 ans, le goût du départ le gagne : « Je voulais découvrir des lieux mythiques comme le Canal de Panama, traverser l’Atlantique… Je connaissais un ancien Directeur de Croisière rencontré en compagnie de mes parents… Treize ans après j’ai sauté le pas et me suis adressé à lui pour en savoir plus sur le recrutement de Star Clipper… Un atout essentiel, je parle 3 langues  : allemand, français et anglais ce qui est recherché par la compagnie de navires ! J’ai réussi mon recrutement et me voici à bord depuis un mois et demi ! Personnellement j’adore, ce navire est magnifique, l’équipe sympa et dynamique m’a immédiatement adopté… Etre avec les passagers, discuter avec eux, échanger et faire de nouvelles rencontres tous les jours est aussi une de mes passions. J’ai un contrat de 4 mois à bord jusqu’au 22 Février et après en théorie, j’ai deux mois de vacances. Nous travaillons beaucoup, mais quel plaisir et quel privilège ! Les 3/4 de nos passagers sont des gens qui avaient un navire et qui viennent sur les clippers pour perpétuer leur passion de la voile… Je suis comme eux !

Fidèles des clippers ou nouveaux croisiéristes, ils ont adoré leur voyage…

Dit : une adorable Mamie au pied marin !

« Dit », c’est comme ça qu’on l’appelle est l’une des doyennes de la croisière : « C’est la 1ère fois que je viens sur le Star Flyer en compagnie d’une amie du Guatemala, Sarah, qui est fidèle à la compagnie. Ce voyage me passionne car les gens sont intéressants, multiculturels, et je travaille beaucoup pour améliorer mes langues. Je suis née aux USA mais mes parents étaient Autrichiens et Polonais, Juifs émigrés après la 1ère guerre mondiale. J’avais déjà fait des croisières sur les paquebots mais celui-ci est tellement différent ! J’ai deux enfants : mon fils aux USA et ma fille en Israël. J’ai étudié le Français au lycée mais le pratique peu ! Au Guatemala, j’y suis venue pour apprendre l’Espagnol il y a 26 ans et je suis restée à Antigua. Je suis heureuse d’y faire de l’humanitaire (Planning Familial au sein d’une ONG : WINGS/Women International Network Guatemalan Solution. dont le site est wingsguate.org) et de vivre dans ce beau pays ».

Agnès et James : «Un bateau conçu pour les amoureux de la voile »

Agnès et James vivent à Bruxelles mais passent leurs étés en Corse. Ce sont des fidèles car ils en sont à la 6ème croisière sur la compagnie mais c’est la première fois qu’ils font une traversée si longue. « Ce bateau est un vrai voilier, dit James, et pour moi, en tant que navigateur, j’adore le principe, je peux observer les manoeuvres… Le service est impeccable ainsi que la nourriture. Certains aimeraient plus d’animation mais cela ne compte pas pour moi.

Quelles destinations avez-vous déjà faites ? La Méditerranée autour de l’Italie, l’Orient entre Singapour et Phuket et 3 aux Caraïbes : entre La Barbade et les îles du Vent, de Cuba à Grand Caïman et l’autre en Pacifique entre Costa Rica et Nicaragua.

Vos impressions sur la traversée du Canal de Panama ? Très intéressant car c’est une liaison de transport mondial, j’avais déjà vu le Canal de Suez… Pour quelqu’un qui aime la mer comme moi, c’était un grand évènement !

Le fait qu’il n’y a pas beaucoup de passagers : les rencontrer, discuter avec les pratiquants de la voile avec lesquels on échange : l’accessibilité du capitaine et des officiers… Le fait que le bateau peut passer dans les petits ports, beaucoup de navettes et pas beaucoup. de passagers… On s’y est fait des copains : Pat et Yvon rencontrés à Costa Rica. Depuis, c’est la 3ème croisière que nous faisons ensemble ! Nous envisageons la destination Bali et l’Indonésie… Je regrette qu’il n’y ai plus de bateau en Polynésie mais j’attends avec impatience le nouveau bateau Flying Clipper !

Elisabeth et Claire-Lise : « Se retrouver à bord d’un beau voilier »

Les deux soeurs, l’une franco-américaine, Claire-Lise et l’autre de Royan. Elles se retrouvent annuellement pour un voyage d’exception.

Nous avons choisi le Star Flyer, dit Claire-Lise, car j’ai navigué 3 fois déjà sur la compagnie avec mon mari puis 3 fois aussi avec ma soeur, histoire de se retrouver… Nous avons fait St-Martin Caraïbes puis la Barbade et des îles vénézueliennes ».

Les plus à noter ? « Les prestations sont toujours égales : nous ne sommes pas déçus d’une année sur l’autre : nourriture, accueil, cabines… Mais le grand « plus » c’est la beauté du bateau et on ne s’en fatigue pas, poursuit Elisabeth. Côté convivialité : tout est flexible, tu manges avec les gens que tu veux, c’est extrêmement international et tu rencontres plein de gens différents. J’apprécie aussi que ce soit chic et cher mais relax ! Je m’y sens bien et tu peux observer les membres d’équipage travailler : c’est un bateau qui vit… Tu les vois dans leur vraie vie, ils bossent toute la journée à leurs différentes tâches… Il y a 70% de gens qui reviennent : un succès bien mérité ! ».

Yvon : « Nous sommes là par amour de la mer ».

Parisien… et Corse, il se partage entre la capitale et Bastia… Avec son épouse, Pat, ils en sont  à leur 5ème croisière sur les clippers. Nous n’avons pas fait d’autres croisières car ces bateaux sont vraiment ce que nous recherchons : près de la nature, pas trop importants au niveau des passagers et conviviaux… Nous sommes là pour la mer et la navigation et pas adeptes des palaces flottants. Nous apprécions particulièrement la proximité avec l’équipage que ce soit les officiers, les marins ou ceux de la restauration… Tous les endroits sont accessibles, même le pont et la passerelle… On peut poser toutes  les questions au Commandant toujours disponible… C’est une approche un peu plus écologique de la navigation. C’est aussi important d’être en contact avec la mer : on peut se prendre des grosses vagues et le fait de mettre les voiles ne fait pas abstraction des conditions naturelles. J’aimerais faire une croisière uniquement à la voile en thématique « Voile » : lancez l’idée à la compagnie !

Site de la Compagnie STAR CLIPPER : starclippers.com/fr

*** Merci à. Laetitia Vignau, Attachée de Presse « Eux dans la Presse » pour l’organisation de ce grand reportage !

LES CROISIERES THEMATIQUES 2019

Star Clippers propose des croisières thématiques pour 2019 qui agrémenteront le séjour des passagers à bord des voiliers. Yoga, fitness, méditation, conférences, stylisme, la gastronomie… Bien-être et plaisir seront favorisés ! Découvrez le programme en avant-première :

Yoga et Méditation : Départ à bord du Star Flyer de St-Martin (Caraïbes) le 26 Janvier  avec Mélanie Camp ; Départ le 8 Juin à bord du Royal Clipper en Méditerranée Occidentale (Cannes-Rome) avec Helen Noviello ; Départs à bord du Star Flyer les 5 et 15 Octobre en Méditerranée Orientale (Venise-Athènes et Athènes-Malte) avec Helen Noviello ; Départ à bord du Star Flyer le 22 Octobre en Méditerranée Occidentale (Malte-Malaga) ; Départ le 2 Novembre à bord du Star Clipper en Thaïlande (Phuket-Phuket) avec Liliana Skinner.

Conférences : Départs à bord du Royal Clipper les 4 et 11 Mai, Cyclades Sud-Nord avec Renate Scheiper.

Stylisme : Départ du Royal Clipper le 1er Juin en Méditerranée Occidentale (Cannes-Cannes) avec Samantha Brown.

Gastronomie : Départ à bord du Royal Clipper le 7 Septembre en Méditerranée Orientale avec le Chef Armando Bisceglia.


Reportage : Textes Dany Antonetti / Photos Gérard Antonetti (Décembre 2018)


CARNET DE ROUTE…

Transport Aérien : Il est assez difficile et surtout très cher de partir d’un pays et de revenir dans un autre : les compagnies aériennes vous facturent quasiment l’aller/retour… Ce qui était le cas pour notre croisière qui embarquait à Panama pour débarquer à Saint-Martin ! Après de minutieuses recherches sur tous les moteurs du Net, nous avons choisi ce qui nous semblait le moins long et surtout le moins onéreux. Nous avons payé (pour deux personnes) un aller simple Marseille/Madrid/Panama City sur Iberia (Bonnes conditions) : 1.316,26 € et pour le retour sur Air France suivant le plan : Saint-Martin/Fort-de-France/Paris-Orly/Marseille : 1.152,54 € soit au total 2.468,80 € ! Sauf que ce plan était plus calamiteux que prévu… Air France ne nous avait pas informés que notre avion « Air Antilles » passait d’abord par Pointe-à-Pitre… mais surtout qu’ils avaient mis sur la ligne « Fort-de-France-Orly » un Boeing doté d’une cabine des années 70 sans USB ni wifi et avec un écran minimaliste illisible, des tablettes effondrées et des porte-revues fracassés qui tombaient sur les genoux… même les hôtesses, au demeurant fort sympathiques, étaient honteuses de telles conditions de vol…

Suivez le Guide : des aides précieuses au voyage, surtout quand les connections Internet deviennent complexes, Le Petit Futé/Panama et Le Petit Futé/St-Martin-St-Barth. Site : petitfute.com

(A SUIVRE / STAR FLYER : d’une escale à l’autre) – Reportage précédant : PANAMA

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