LUGDUNUM : Lyon ou la quête du pouvoir Romain

Jusqu’au 27 février 2022, l’exposition temporaire « EnQuête de Pouvoir- de Rome à Lugdunum » explore les multiples aspects et conditions d’accès au pouvoir impérial. Dans la seconde moitié du 1er siècle avant J.-C. Lugdunum fut fondée sur deux collines – aujourd’hui Fourvière et la Croix-Rousse – situées au confluent du Rhône et de la Saône. Une vingtaine d’années après, elle devient la capitale des Gaules, siège du pouvoir impérial pour les trois provinces gauloises.

A l’aune de ses vingt siècles d’histoire, sa richesse peut se mesurer de nos jours, par la présence d’édifices gallo-romains et d’un musée archéologique sur la colline de Fourvière. Géré par la métropole, cet ensemble porte depuis 3 ans, le nom de « Lugdunum-Musée et Théâtres Romains », qui englobe l’ancien musée de la Civilisation gallo-romaine.

 

(Photo Laurence Danïare)

L’exposition temporaire « EnQuête de Pouvoir- de Rome à Lugdunum » interroge toutes les facettes du pouvoir romain, à travers  une crise politique de l’Empire qui se cristallisa à Lyon en 197 apr.J-C. lors de la bataille de Lugdunum. « Cette exposition répond à quatre grandes questions : comment conquérir le pouvoir ? comment le conserver ? comment le transmettre ? quelles stratégies adopter ? » explique Claire Iselin, la directrice du musée .

Des épisodes sanguinaires

Fernand Pelez (1848-1913) “Mort de l’Empereur Commode”. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais.

Les faits durant cette époque sanguinaire  où les assassinats étaient un moyen courant d’éliminer les concurrents : le 31 décembre 192, l’empereur Commode, fils de Marc Aurèle, est assassiné. La mort de cet empereur gladiateur déclenche une guerre civile. Désigné par le Sénat pour lui succéder, Pertinax est à son tour, assassiné quelques mois après, par la garde prétorienne.

Septime

Quatre prétendants s’affrontent alors pour obtenir le pouvoir : Didius Julianus, successeur accepté par le Sénat. Mais sa légitimité est remise en cause par Caius Pescennius Niger, légat de Syrie et, par Septime Sévère légat de Pannomie (Autriche), alors allié de Décimus Clodius Albinus, légat de Bretagne. Notons que les bustes de trois de ces concurrents sont présents dans cette exposition.

Cette virulente quête du pouvoir impérial conduit le visiteur à Lyon en 197, lors de la bataille opposant Septime Sévère à son ancien allié, Clodius Albinus ! Les renversements d’alliance ne datent donc pas d’hier en politique.

La bataille de Lyon met aussi en lumière l’actuelle fouille du site de la Visitation, implanté près du musée. Elle a déjà mis à jours de nombreux armements offensifs datant de 175 à 200.

Caracalla (Louvre)

Au cœur de la nouvelle domus (maison) impériale se déroule une lutte fratricide entre Caracalla et Geta, fils de Septime Sévère. « Avec ce récit, la violence politique s’exprimant dans une guerre civile fait émerger une nouvelle dynastie » conclut Claire Iselin, directrice de Lugdunum-Musée et théâtres romains.

Que retenir du parcours des personnages historiques clés de l’Empire romain ? Une période d’instabilité suit la mort de Commode. Plusieurs empereurs se succèdent rapidement. Quand Septime Sévère conquiert enfin le pouvoir, il s’autoproclame fils adoptif de Marc Aurèle. Une manière de rétablir la mémoire de son ” frère ” Commode et de défier le sénat. A croire que même après sa mort, Commode continue à terroriser les sénateurs.

De prestigieux prêteurs…

Livie (Louvre)

Alors qu’une exposition nécessite deux ans de préparation, celle-ci est la première à bénéficier du partenariat conclu avec le Musée du Louvre. Cet accord permet d’enrichir temporairement, les collections du musée et de développer les échanges scientifiques entre les deux institutions.

Auguste (Louvre)

Cette exposition temporaire comporte 80% de prêts nationaux et 20% de prêts européens (Kunsthistorisches Museum de Vienne, Musei Vaticani, Musei Capitolini et Palazzo Massimo à Rome).

Parmi la vingtaine de pièces d’exception présentées dans cette exposition, figurent deux statues « monumentales » de l’empereur romain Auguste et de son épouse Livie (Louvre). Sans oublier le clou de cette exposition : les insignes impériaux, prêts italiens exceptionnels, comprenant notamment le sceptre impérial, sphère verte soutenue par une couronne à huit pétales.

Lyon : de la romanité à la modernité

Implanté en bordure du parc archéologique comprenant un théâtre et un odéon, ce musée caché dans la colline, est considéré comme l’une des meilleures réalisations architecturales  de la fin des années 1970. D’ailleurs il est signé par l’architecte Bernard  Zerhrfuss, un Premier Grand Prix de Rome.

Théatre Antique (Photo Laurence Danïare)

Cet apôtre des solutions novatrices à l’époque, qui participa au Palais des Expositions du CNIT à la Défense et au palais de l’Unesco à Paris,  obtient avec le béton brut, une grande sobriété.

De ce bâtiment enterré dans la colline de Fourvière aux quatre cinquième, le visiteur ne voit que son niveau supérieur. Adossé à un mur de 80 mètres de long et de 16 mètres de haut, il est relié à la colline par des câbles d’acier fixés à des piliers de béton enfoncés sous la rue Cléberg.

(Photo Philippe Somnolet)

Gothique par sa structure et baroque par son jeu d’obliques et de courbes irrégulières, ce musée est inauguré en 1975. En le visitant, on parcourt une promenade en pente douce. Evitez l’ascenseur et empruntez l’escalier hélicoïdal en béton brut. Coiffé d’un plafond à marguerite, il relie le hall d’accueil au début de la visite. Par plans successifs ou par la rampe centrale, vous descendrez d’une extrémité du bâtiment à l’autre pour arriver à la sortie basse face aux ruines : le théâtre romain et l’odéon. Dehors, vous découvrirez deux canons à lumière. Braqués sur l’extérieur, ils révèlent le site archéologique, en osmose parfaite avec les collections du musée.


Reportage Martine Denoune


Victoire Troeophore

L’EXPO EN CHIFFRES

180 œuvres, 5 experts, un Escape Game apprécié par petits et grands, un jeu de rôle connecté.

Albinus

INFOS PRATIQUES

Lugdunum

Musée et Théâtres Romains

17 rue Cléberg, 69005 Lyon

Horaires d’ouverture : du mardi au vendredi de 11h à 19h, samedi et dimanche de 10h à 18h.

 

Accès : depuis la station de Métro « Vieux Lyon” emprunter le funiculaire F2 en direction Fourvière.