Tourisme rural en Roumanie

La Roumanie ? Un certains nombre de clichés ont la vie dure… Un sanglant dictateur pitoyablement éliminé il y a déjà 30 ans, un pays arriéré, très pauvre, dont les habitants n’ont qu’une seule obsession : migrer vers des contrées plus avenantes… Nous y avons découvert une réalité toute autre : celle d’une montagne authentique aux habitants extrêmement hospitaliers et généreux, des paysages agraires, de belles forêts, des bêtes (bovins, ovins, cochons, volailles) élevées comme autrefois, des légumes et des fruits qui poussent en abondance sans pesticides… une douceur de vivre caractérisée par le temps qui passe, les repas pris en famille et le verre qu’on lève en prononçant « Noroc ! » (Santé)…

Gorj : la place principale et l’église

A l’initiative de l’Association Internationale de Journalistes de Tourisme WTMG (World Travel Media Guild) et à l’invitation de l’un de ses membres, Vasile Brancusi, natif de la région, nous sommes partis à la conquête de cette Roumanie rurale complètement ignorée par le tourisme de masse (et c’est tant mieux !) dans laquelle nous nous sommes immergés totalement au cours de cinq journées dédiées à un éco-tourisme durable si apprécié de nos jours !

Sur le chemin de la Transylvanie…

Bucarest

Pour arriver en Roumanie, le plus simple (et le moins coûteux !) est de prendre un avion jusqu’à Bucarest ! Il y a plus de 2.000 km de distance avec la France… A l’aéroport, une voiture de location sera la bienvenue pour parcourir le pays…

Le château de Peles à Sinaia

Château Peles

A 135 km de Bucarest, premier arrêt au château de Peles qui fut commandé par le prince Charles de Hohenzollern-Sigmaringen (Futur Roi Charles 1er de Roumanie en 1881). Sa construction débute en 1873 près de Sinaia dans la vallée de la rivière Peles et au pied des monts Bucegi. Une centrale électrique est également construite faisant ainsi du château le premier d’Europe à disposer de l’électricité ! Son style néo-Renaissance allemand se caractérise par la présence de profils pointus verticaux et de nombreuses tourelles.

Château Peles

Après la révolution de 1989, le château est réintégré dans les circuits touristiques. En 2006, l’État Roumain reconnaît la propriété du château à l’ex-souverain de Roumanie, le Roi Michel, qui en reprend possession en 2008. Le musée reste ouvert au public.

Brasov, la belle médiévale

Brasov

Au centre de la Roumanie (à 166 km de Bucarest) et de la chaîne des Carpates, nous voici en Transylvanie… Brasov s’étend sur la colline de Tampa qui offre une signature hollywoodienne à la petite ville (voir photo ci-dessus).

Brasov

Sa forteresse fut construite sous le règne d’Étienne Ier de Hongrie au début du 11ème siècle. Du point de vue historique, Brașov est au moins aussi importante que Sibiu car elle était le centre militaire et politique traditionnel des Saxons de Transylvanie.

Brasov

L’Eglise Noire construite vers 1380 – sur le socle probable d’une ancienne chapelle détruite pendant l’invasion mongole en 1241 – est de style gothique. Sa cloche de six tonnes est la plus grande de Roumanie et le plus grand orgue d’Europe de l’Est présente 4 000 tubes : un des plus anciens et des plus grands orgues au monde ! Sa belle place invite vraiment à la promenade…

Arrêt à Fagaras : l’église se mire dans la rivière

Sibiu : une des plus grandes villes de Transylvanie

Sibliu

Avant d’arriver à destination, au coeur des Carpates, Sibiu est notre première étape. Fondée par des colons allemands au 12ème siècle, elle fut le centre culturel traditionnel des Saxons (Allemands de Transylvanie) et demeura presque exclusivement allemande jusqu’au milieu du 19ème siècle. Ensuite, l’exode rural la peupla de Roumains.

Sibliu

Préservée autant des ravages de la guerre que des plans d’urbanisme de l’ère Ceaucescu, elle a conservé des époques Gothique, Renaissance et Baroque de nombreux monuments de l’architecture religieuse, civile et militaire, ainsi qu’une multitude de demeures anciennes. La ville fut Capitale Européenne de la culture en 2007. Sibiu est une des villes les plus prospères de Roumanie, et aussi une ville où les investissements étrangers sont parmi les plus élevés du pays. 

La ville haute (Orașul de sus, en allemand Oberstadt) est depuis l’époque moderne le centre névralgique de Sibiu, et en concentre la plupart des monuments et curiosités. Elle s’articule autour de ses trois places historiques; la Piață Huet (littéralement « la toute petite place », la plus ancienne), la Petite Place, et la Grande Place, d’ailleurs peu éloignées les unes des autres. La Grande Place (Piața Mare, allemand Großer Ring) est, comme son nom l’indique, la plus vaste des places de la ville, et en est le point central depuis le 16ème siècle. Mesurant 142 mètres de long et 93 de large, c’est une des plus grandes de toute la Transylvanie.

Les maisons à deux ou trois étages sont dotées de lucarnes en forme d’amande avec en leur centre de petites fenêtres, qui les font ressembler à des yeux, d’où leur nom de « yeux de Sibiu » ou « yeux de la ville » (ochii orașului). La plupart de ces maisons datent du 17ème au 19ème siècle et sont de style baroque (Photo ci-dessus).

À l’angle de la place se dresse le palais Brukenthal, un des monuments baroques les plus importants de Roumanie. Érigé entre 1777 et 1787, il servit de résidence principale au gouverneur de Transylvanie. Aujourd’hui, il héberge le musée national Brukenthal (fondé en 1817).

Départ vers Gorj à travers la Route Transalpine

Après une nuit à Sibliu, nous voici prêts à prendre la Route Transalpina pour nous rendre dans la région de Gorj. Longue d’environ 150 km, c’est la plus haute route de Roumanie culminant à 2.145 mètres d’altitude. Elle a été construite pendant la Première Guerre Mondiale. Elle est bloquée par la neige généralement entre mi-octobre et mi-juin.

A partir de Sibiu… Jusqu’à Obarsia Lotrului, elle traverse des forêts de sapins en basse altitude. Les paysages les plus emblématiques se trouvent entre Ranca et Novaci, en rejoignant la cime des montagnes. Nous nous arrêtons sur un plateau panoramique à la « Stana Srefanu » où le lait d’alpage, le fromage local et un petit musée d’art folklorique nous permettent d’apprécier l’authenticité des lieux !

Petit musée du folklore au sommet !

Ici, on se régalera d’une simple « Mamaliga » (Genre de Polenta) préparée dans le chaudron au feu de bois pour la somme modique de 2 ou 3 € incluant le ragoût de viande fumant ! Le bon pain local et le fromage du fermier complèteront le festin…

Vendanges dans la région de Gorj

Avant d’arriver à destination, nous avons rendez-vous dans la région de Gorj avec des amis de Vasile qui veulent nous initier à la vendange locale… Ici, nul besoin de grands experts, d’oenologues ou de machines à vendanger : chacun s’occupe de ramasser ses raisins à la main et de les transformer – d’une manière plus qu’artisanale – en vin… En fait, c’est pas vraiment de vin dont on parle, mais l’ambiance est amusante, et le « jus » se laisse boire ! Il fera les beaux jours des tables de fêtes, après quelque repos, il devrait se bonifier en alcool…

Des hôtes internationaux pour découvrir le vin nouveau juste sorti du pressoir !

Targu Jiu, célèbre par le sculpteur Constantin Brancusi, natif de la région

Brancusi : la Table du Silence

La cité est connue pour la « Promenade Brancusi », un ensemble monumental réalisé par le grand artiste roumain qui nacquit dans le village d’Hobita en 1876. Ce fut l’un des sculpteurs les plus influents du 20ème siècle. Il est considéré comme ayant poussé l’abstraction sculpturale jusqu’à un stade jamais atteint dans la tradition moderniste et il a également ouvert la voie à la sculpture surréaliste, ainsi qu’au courant minimaliste des années 60. Il s’inscrit aux Beaux-Arts de Paris à partir de 1904 et y meurt en 1957. Il est enterré au cimetière de Montparnasse. Aujourd’hui, le Centre Pompidou lui rend hommage en reconstituant à l’identique son atelier !

Brancusi : la Porte du Baiser
La Colonne Infinie

Nous parcourons, à Targu Jiu, « La voie des Héros », un hommage aux morts tombés durant la première guerre mondiale. Inaugurée en octobre 1938, juste avant le début de la seconde guerre et de l’arrivée des communistes au pouvoir, l’œuvre de Brancusi fut en partie laissée à l’abandon du fait de sa non confirmité avec les idéaux de l’époque. Ce n’est qu’à partir des années 60 que son travail fut reconnu.

Quatre œuvre se succèdent sur la Calea Eroilor (Allée des Héros) :
– La Table du silence (Masa Tacerii) est constituée d’une table et de douze chaises travaillées dans le calcaire. Elle représente l’attente et le silence des combattants se rendant à la guerre.
– L’Allée des Chaises (Aleea scaunelor) n’est pas un monument en soit, ces 30 chaises de pierre font le lien vers La Porte du Baiser.
– La Porte du Baiser (Poarta Sarutului) ressemble à un arc de triomphe. Elle représente le passage des morts dans l’au-delà. Une première version miniature de cette œuvre se trouve au cimetière Montparnasse.
– La Colonne Infinie (Coloana Infinita) est le plus connu de ces monuments du fait de sa hauteur de plus de 29 mètres. A l’origine elle était nommée ”Colonne de la reconnaissance sans fin” en hommage aux soldats roumains morts sur les rives du Jiu en 1916. Mais cette dénomination ne plut pas au pouvoir communiste qui choisit le nom actuel.

Le Musée d’architecture populaire de Curtisoara à Gorj

Maison bourgeoise
Ovide Popescu

Il existe depuis 1975 pour mettre en exergue l’architecture populaire de la Roumanie. On y trouve 2 maisons fortifiées appelées « cula » d’Oltenie (1750) dans lesquelles les vêtements traditionnels et les meubles sont exposés. Ces maisons ont été transportées de quelques centaines de mètres seulement. Une autre maison est aussi emblématique : celle de riches bourgeois qui venaient y passer l’été, comme nous explique Ovide, consultant culturel pour la région. Le village, musée à ciel ouvert, avec tout ce patrimoine architectural est complété par l’église, incontournable vu la dévotion orthodoxe des Roumains !

Eglise du Musée Architectural
Maisons de villageois

 Le Monastère de Tismana, l’un des plus anciens du pays

Monastère de Tismana

Fondé il y a plus de 6 siècles (1375), le Monastère de Tismana, surnommé l’Étoile de l’Orthodoxie, est l’un des plus anciens et des plus beaux monastères de Roumanie  situé à 36 km de Targu Jiu. Son nom fait référence aux ifs (tisà en roumain) au milieu desquels il fut construit. Fondé par le saint orthodoxe Nicomède le Pieux grâce à l’aide financière des princes régnants, il fut sacré dès 1377 et dédié à la Vierge Marie. On peut y méditer, prier et apprendre la religion orthodoxe.

Reconstitution du Trésor de Tismana

C’est un un complexe architectural qui combine le style byzantin du 14ème siècle, les caractéristiques des églises de Macédoine et de l’Athos et quelques éléments de l’architecture roumaine. L’anecdote raconte que le « Trésor » des Banques Roumaines s’élevant à 200 tonnes de lingots d’or fut caché ici, avec la complicité des moines, entre 1944 et 1947 afin que celui-ci échappe aux nazis. L’épisode est reconstitué dans les entrailles de l’édifice !

Le canyon de Runcu

Canyon de Runcu

Après la visite du monastère, on pourra apprécier la beauté sauvage de ce canyon et sans doute, aussi, profiter d’une halte à « Satul Traditional », un superbe endroit doté de 7 bungalows de bois dans un joli jardin que l’on peut réserver sur « booking » à 35€/nuit pour 2 personnes. Le propriétaire qui a tout construit lui-même avec de vieux bois de récupération, est aidé de sa fille, anglophone, pour vous y faire passer un excellent séjour et vous faire apprécier sa table aux fraîches saveurs. Et partout, la même gentillesse et le même sens de l’hospitalité !

 

Petr Bumbaru, la drôle de vie d’un exilé de retour au pays…

C’est un autre personnage que nous rencontrons à « La Colonelu », une belle maison bourgeoise (dont la généalogie remonte à 1475) du village de Dobritza, tout proche. Petr est l’exemple type du Roumain exilé qui revient au pays après avoir roulé sa bosse sur tous les continents… Né en 1951, il quitte la Roumanie à 19 ans d’abord pour l’Italie (Naples) en réfugié politique, puis s’installe en Israël où il vivra 10 ans et aura 3 enfants qui y demeurent toujours. « J’ai fait de nombreux procès à l’état roumain pour récupérer mon patrimoine et suis revenu vivre ici avec mon épouse roumaine. Mon ambition est de transformer cette belle maison en chambres d’hôtes mais aussi d’en faire un lieu de création en recevant des artistes. Son petit air de Jean-Paul Belmondo et sa faconde ne laisseront pas ses hôtes indifférents !


La vie à Pestisani…


Nico, notre hôte, accompagne Raluca au violoncelle. La flûte de pan est très populaire en Roumanie

Notre pension à Pestisani est modeste : c’est la « Casa Brancusi » du nom du fameux sculpteur mais aussi de celui de notre hôte qui en est le cousin éloigné… Ici, Nelly peut répondre à toutes les demandes puisqu’elle fait aussi restaurant et possède une grande salle pour les cérémonies. Le jardin aux sculptures de bois est un lieu recommandé pour les réceptions… Nous y séjournons quatre jours pour sillonner dans toute la région en compagnie de notre guide.

Notre famille d’accueil est celle de Nicolcioiu Nicolae (dit Nico), vice-maire, et de son épouse Carmen, directrice de l’école, qui n’ont pas calculé leur disponibilité pour nous recevoir à bras ouverts. Ils se sont entourés d’une partie de leurs proches, oeuvrant pour nous faire découvrir la région, ses coutumes, sa culture et sa gastronomie !

“Ciorba” (soupe) à tous les repas, cochon de lait, agneau grillé, truites panées (Pastrav) à la sauce Mujdei (ail, huile et crème fraîche), mititei (BBQ), sarmale, vin du pays et surtout « Palinca » (alcool local)… et pique-nique royaux furent au programme !

La Randonnée 4×4  pour s’imprégner des Carpates

Pour bien connaître la montagne, rien de tel que de la pénétrer au plus profond de son territoire ! Nos hôtes ont préparé deux gros pick-up en « véhicules-safari » pour aller à sa rencontre de l’extérieur : nous avons passé une journée entière illuminée par le soleil à la sillonner sur les pistes les plus improbables !

D’un sommet à un autre, d’une vallée à une forêt, d’un plateau bucolique à une descente raide… Tous ces ingrédients nous auront permis d’en apprécier les riches attraits… La logistique du pique-nique avec BBQ, produits du terroir et nappe blanche, fut à elle seule un évènement !

Carmen, Anca et Violeta ont oeuvré pendant 4 jours pour nous offrir toutes les saveurs de la cuisine familiale !

Au cours de ces heures de partage, tous ces journalistes si éloignés culturellement (Français, Russe, Finlandais, Roumain, Estonien…) ont partagé avec la famille accueillante ce que l’on appelle une belle amitié au-delà des frontières et des langues ! Un vrai voyage en « Terre Inconnue » comme dirait une célèbre émission française… A l’heure de se séparer, les coeurs se sont serrés… On s’est promis de se revoir…

Préparation du BBQ
Des paysages qui mériteraient aussi de belles randonnées pédestres !
Des balisages arbitraires pour un randonneur étranger !
Des journalistes en Conférence de Presse ? Non, juste en pique-nique… Derrière, la caméra de Johannes travaille seule !
Les bergeries se succèdent sur les sommets.
Immortaliser notre présence au sommet !

Gorj : rencontre avec le Préfet

De gauche à droite : Ovide Popescu, Conseil en Tourisme et Guide à l’Association “Maison Brandusi” ; le Préfet, Ciprian Florescu ; le Vice-Président du département de Gorj, Gheorghe Nichita ; Vasile Brancusi et Dany Antonetti

Au cours du séjour, un seul rendez-vous institutionnel avec le Préfet de Gorj, Ciprian Florescu, qui a tenu à rencontrer notre délégation afin de mieux nous faire comprendre le potentiel touristique de sa région. “Le tourisme, chez nous, en est à ses débuts, dit-il, nous comptons sur vos interventions dans vos pays mutuels pour attirer les visiteurs… Nos paysages, nos traditions, nos coutumes, notre gastronomie, notre culture… Tout cela mérite qu’on s’y attarde ! Nous devons retenir ceux qui ne font que passer en promotionnant notre tourisme rural qui a beaucoup à apporter aux citadins stressés !  Aujourd’hui, nous sommes uniquement connus par les oeuvres de Constantin Brancusi… A nous de faire en sorte de capitaliser cette notoriété. Les activités sont nombreuses : 4×4, quad, rafting, spéléo terrestre et aquatique, ski… Et aussi cette belle Route Transalpina qui arrive jusqu’à nous ! Nous avons confiance en l’avenir”.

La Mairie de Gorj où nous avons rencontré le Préfet
La maison natale de Constantin Brancusi transformée en musée

Reportage : Textes / Dany Antonetti  –  Photos / Gérard Antonetti (Sept.2018)


MERCI !!! THANKS ! GRAZIE ! MULTUMESC !!! MERSI !!!

Vasile Brancusi
Mamaliga !

Thanks so much to Vasile Brancusi who organized this trip with the precious help for all his family and friends from Pestisani ! Thanks so much to the pick-up’s drivers, to Carmen, Anca, Violeta for their marvelous cooking, also in picnic… Thanks to Nikolai Meinart, journalist from the association WTMG and coordinator of the trip… Thanks also for all international friendly journalists : Ljubov from Finland, Marina from St-Petersbourg, Johannes from Finland and Andrei from Paris but Foreign correspondent from Australian TV.

 

FLYING TO BUCAREST WITH BLUE AIR

One of the cheapest options to fly to Bucharest is Romanian air company Blue Air. Direct flight from certain cities (Paris…) can cost only about 100 € for the round trip. Of course, it is all low-cost carrier with the list of typical limits : only hand bag for free, paid food on board… But the price for the flight looks reasonable and there are more and more cities where Blur Air is coming now to offer direct flights. Usually company does not use popular Internet search engines, therefore it easier to find a good price on companies Internet site directly : https://www.blueairweb.com/fr/fr/