STAR FLYER : D’une escale à l’autre dans les Caraïbes (II)

Nous avons franchi le Canal de Panama et nous voici à notre première escale aux Caraïbes, l’Archipel San Blas

L’Archipel San Blas et le peuple Kuna

Après une journée de navigation, nous arrivons en vue de l’Archipel San Blas constitué de 365 îlots coralliens, dont seuls 60 sont habités par le peuple Kuna,  descendant des Indiens Caraïbes et indépendant depuis 1930 après s’être affranchi de l’autorité du Panama. 

Les indiens Kunas vivent essentiellement de chasse et de pêche. Ils cultivent des parcelles gagnées sur la forêt (bananes, maïs, riz,, cacao, cafe..). La noix de coco constitue une des bases de leur alimentation et un revenu financier à la revente aux bateaux “costenios” Colombiens et Panaméens. 

L’archipel compte environ 50.000 habitants caractérisés par leur petite taille. La société Kuna est matriarcale et monogame. Les femmes continuent à y perpétuer les traditions, notamment avec leurs blouses colorées ornées de dessins à thèmes, riches en couleurs, utilisant la technique de l’appliqué-inversé, les “molas” (vêtements). 

Le « Tender » du Star Flyer nous dépose au village « El Porvenir » : de nombreux enfants nous y accueillent, sans pour autant mendier… Ils sont beaux et respirent la santé. Le village est sommaire, en terre battue mais l’arbre de noël en plastique a quand même pris place sur l’esplanade ! Signe de ralliement de tous les enfants du monde… Tous les services offerts sont basiques et rustiques et seul le peuple Kuna est autorisé à prendre en charge les touristes : nourriture, transport terrestre et maritime à bord des « cayuco », bateaux de bois traditionnels.

San Blas : des enfants qui vont fêter Noël !

Carthagène des Indes, la belle coloniale 

Colombie en vue du Star Flyer : nous arrivons dans la baie de Carthagène par Bocachica ! A première vue, la « Skyline » de la ville nouvelle est comparable aux autres capitales d’Amérique du Sud…

Ville portuaire , « Carthagène des Indes » (en espagnol : Cartagena de Indias) est située sur la côte septentrionale du pays et son port demeura longtemps un lien essentiel sur la route des Indes Occidentales. La ville fut fondée en 1533 par le Conquistador Pedro de Heredia. Cependant, une première reconnaissance de la baie avait été effectuée par Rodrigo de Bastidas, compagnon de Christophe Colomb, dès 1501. Durant plus de 3 siècles, Carthagène resta un bastion du Royaume d’Espagne en Amérique du Sud. 

Ses importantes fortifications qui la protégeaient des incessantes attaques pirates et son centre colonial lui valent son inscription, depuis 1984, au Patrimoine de l’Humanité de l’Unesco. Douze kilomètres de remparts, dont la porte de la Torre del Reloj  (en français  : Tour de l’Horloge) est la porte principale, entourent la vieille ville vraiment photogénique avec ses maisons colorées, ses balcons de bois et son atmosphère décontractée « Latino »… Tous les bijoutiers vous diront que leur émeraude est la plus pure : évidemment, la Colombie en est l’un des premiers producteurs mondiaux !

Dans la cour du Palais de l’Inquisition, la sinistre guillotine !

De triste mémoire, le « Palais de l’Inquisition » (Palacio de la Inquisicion), place Bolivar, du nom du libérateur de l’Amérique du Sud, rappelle comment les catholiques espagnols réussirent à « convaincre » à coups de réjouissantes tortures les mécréants autochtones de la réalité de leur Dieu…

Carthagène fut aussi un important centre de traite des esclaves et de transit de l’or (destiné à l’Espagne) issu des pillages des empires Aztèque et Inca. L’église  San Pedro Claver évoque ce missionnaire sanctifié qui s’éleva contre l’indignité de l’esclavage et dont les reliques gisent sous l’autel.

La Fat Lady de Botero

Fernando Botero (Colombien, né à Medelin en 1932) à la fois peintre et sculpteur de renommée internationale pour ses sculptures de femmes rondes inspirées de l’art précolombien a offert à la ville de Carthagène (en 2000) la Gorda Gertrudis,(Fat Lady en Anglais et Grosse Dame en Français…) devenue depuis un monument emblématique. La belle nonchalante expose ses formes généreuses sur la Plaza de Santo Domingo devant l’église du même nom : il paraît que toucher son sein gauche porte bonheur !

A l’entrée de la Gare Maritime où est ancré le Star Flyer, un mignon petit zoo tropical est le passage obligatoire des plaisanciers ! Dans une végétation luxuriante et fraîche cohabitent perroquets hurlants, singes à la bonne bouille, flamants rose ou encore tapirs à la drôle de tête ! Un arrêt agréable pour terminer la visite !

Aruba, l’île Néerlandaise

Ce matin, après deux jours de navigation souvent houleuse, nous débarquons à Oranjestad, capitale de l’île néerlandaise d’Aruba où fut bâtie la colonie autour du Fort Zoutman. Nous n’y sommes pas seuls : les milliers de croisiéristes de 3 géants des mers américains ont investi la rue principale où les « gifts » (cadeaux) à ramener sont partout identiques et made in China… Mais pour les plus fortunés, Vuiton, Cartier, Prada, Chanel ou autres Breitling sont aussi au rendez-vous dans les belles boutiques bien gardées par des vigiles en costumes… L’avenue bordée de palmiers et de maisons colorées joue vraiment la « carte postale Caraïbe »… C’est agréable de se retrouver sur la terre ferme et de se balader jusqu’à la plage pour profiter d’une eau turquoise à 26° !

Curaçao : Willemstad, l’Amsterdam des Tropiques !

Après une nuit de navigation, nous arrivons à la « Ville de Guillaume » Willemstad, en néerlandais, la capitale de Curaçao. C’est un territoire d’Outre-Mer des Pays-Bas. La ville est divisée en deux quartiers historiques, Punda et Otrobanda, séparés par un canal naturel, le Saint Ann’s Bay, qui relie la Mer des Caraïbes à la lagune de Schottegat. Un pont tournant – que nous empruntons – permet le passage des bateaux.

La colonie de Punda fut fondée en 1634, quand les Hollandais prirent l’île à l’Espagne. Le centre de la ville, avec son architecture colorée et sa belle entrée de port, est inscrit au Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco depuis 1997. 

Petite anecdote : en 1817, le Gouverneur des Antilles néerlandaises, souffrant de la réflexion de la lumière tropicale sur les murs immaculés fit interdire les maisons blanches ! Alors, tous les édifices furent peints en bleu, jaune, vert, rose… pour ne pas incommoder « Monsieur » ! Et depuis, ceci est devenu une tradition et ces façades bariolées donnent à Willemstad un petit air d’Amsterdam… Marché traditionnel, marché flottant, boutiques de souvenir… Tout le monde y trouve son compte et le petit souvenir à ramener !

La spécialité du coin, c’est cette liqueur d’orange, d’un bleu d’azur… appelée, Curaçao, évidemment… Bleue comme une orange ?
Ici, on dit « Kontentu di Mirabo » : Heureux de vous voir ! Nous aussi… car la petite île est vraiment photogénique.

Les îles Vierges Britanniques 

Les îles Vierges Britanniques (en anglais : British Virgin Islands) constituent un archipel antillais, Territoire d’Outre-Mer du Royaume-Uni. Elles furent découvertes par Christophe Colomb  lors de son deuxième voyage en 1493, qui aurait nommé les îles en l’honneur de Sainte Ursule, connue dans « La légende des onze mille vierges ». 

Les principales îles habitées sont Tortola, Virgin Gorda, Anegada, Jost Van Dyke, Peter Island et Salt Island. Road Town, la capitale territoriale est située sur Tortola. L’économie des îles Vierges Britanniques est étroitement liée à leur statut de paradis fiscal. Le pays est parmi les plus prospères des Caraïbes.

Jost Van Dyke et la White Bay

Jost Van Dyke, familièrement nommée Jost ou JVD tire son nom du corsaire Hollandais, Joost van Dyk. C’est une toute petite île de 200 habitants longue de 8 km et dont la rue principale est aussi la blanche plage de « White Bay » la bien nommée. On l’appelle l’île aux pieds nus ! Un peu de shopping dans les boutiques qui bordent la plage mais surtout l’occasion de la baignade avec toutes les activités sportives gratuites du Star Flyer : kayak, dériveur, paddle, ski nautique, snorkeling….

Virgin Gorda et les Baths

Virgin Gorda fut appelée “La Grosse Vierge” par Christophe Colomb lors de son deuxième voyage en 1493 à cause de son profil. Malheureusement la petite île a subi de plein fouet l’ouragan « Irma » de Septembre 2017 et les dégâts sont encore énormes sur toutes les façades déchiquetées, les maisons délabrées, les gros catamarans encore éventrés dans la marina…

Virgin Gorda est connue pour ses formations géologiques appelées « Baths », rochers sphériques de granit d’origine volcanique disséminés le long de la plage. Ces amoncellements spectaculaires de roches grises délimitent de belles piscines naturelles aux eaux émeraude, tapissées de sable blanc et ombragées de palmiers. Elles forment des grottes à moitié submergées lors des marées. Un intéressant petit sentier très bien aménagé conduit le visiteur d’une vasque à l’autre dans un dédale d’échelles, cordes et étroits couloirs… L’itinéraire est vraiment un plaisir et prouve bien que la nature reprend plus vite le dessus que les biens matériels… Le tourisme commence à renaître et c’est vraiment nécessaire pour l’économie ébranlée !

Notre dernière escale sera Saint-Barth, demain… Nous débarquerons ensuite à. St-Martin, côté néerlandais (LIRE LA FIN : STAR FLYER à St-Barth et St-Martin). Article précédent : STAR FLYER : de Panama à Saint-Martin (I)

A SUIVRE : STAR FLYER : St-Barth et St-Martin, la reconstruction


Reportage : Texte :  Dany Antonetti / Photos : Gérard Antonetti (Décembre 2018)


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