AUTHENTIQUE MACÉDOINE

La Macédoine ? Connaissez-vous ? Oui, côté gastronomie, vous avez sûrement dégusté ce mélange de légumes (ou de fruits) mais mis à part vous souvenirs gustatifs… Savez-vous vraiment où situer ce pays ? Quels sont les gens qui y vivent et quels en sont les atouts et le potentiel ?

mac_flagDans le cadre d’un schéma de développement touristique subventionné par la Banque Mondiale et à l’invitation du bureau français d’ingénierie culturelle et touristique « Planeth » mandaté par le gouvernement macédonien, j’ai découvert, au cœur des Balkans, la République de Macédoine, l’un des plus petits Etats (25.713 m2) du continent européen. En route vers ce pays multiculturel souvent appelé « Perle des Balkans » où les églises orthodoxes et monastères byzantins font bon ménage avec les mosquées ottomanes et le climat méditerranéen (influence de la Mer Egée et de l’Adriatique toutes proches) flirte avec les hauts sommets balkaniques affichant plus de 2500 mètres d’altitude !

La Macédoine partage 766 km de frontière avec la Serbie au Nord, leKosovo au Nord-Ouest, l’Albanie à l’Ouest la Grèce au Sud et laBulgarie à l’Est. Son territoire est traversé du nord au sud par le fleuve Vardar qui se jette dans la Mer Egée. Elle n’a aucun débouché sur la mer. C’est un pays montagneux qui possède quelques lacs naturels (et artificiels) constituant une attraction touristique évidente d’autant plus qu’il est encore épargné par le tourisme de masse. Le lac le plus fameux est celui d’Ohrid qui serait – avec ses 3 millions d’années – le plus vieux lac d’Europe !

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Le Lac de Dojran

Un peu d’histoire…

Pour bien comprendre ce pays, il est utile de rappeler sa proche histoire : Le nom Macédoine est la forme latine (Macedonia) d’un toponyme grec ancien nommant cette partie des Balkans. Le terme de Macédoine renvoie au royaume de Philippe II de Macédoine et d’Alexandre le Grand dans l’Antiquité. En 1913 la Serbie, la Bulgarie et la Grèce revendiquent la Macédoine (à population multiculturelle), chassent les Ottomans et se partagent la région. À la même époque, à Paris (suivant la légende) un cuisinier invente un plat de légumes mélangés qu’il baptise du nom de cette région ! Après la Première Guerre mondiale, la Serbie est intégrée au nouvel État devant réunir les populations slaves de la région : la Yougoslavie. A l’issue de la seconde guerre mondiale, la Yougoslavie devient une fédération, au sein de laquelle la République (socialiste) de Macédoine est une république fédérée autonome, indépendante de la Serbie.

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Le “Bazar” de Skopjie

Avec la chute du communisme, en 1991, les dirigeants de la République de Macédoine – qui vient de gagner son indépendance – cherchent une identité locale forte qui évite leur absorption par la Bulgarie (le parler slave de Macédoine est très proche du bulgare) ou par l’Albanie (le district de  Tetovo – qui fait partie de notre itinéraire – est peuplé d’Albanais). Pour cela, non seulement ils conservent le nom Macédoine, mais ils adoptent les emblèmes de la Macédoine antique (« Soleil de Vergina »). La Grèce conteste cette appropriation d’un passé grec bien antérieur aux Slaves, et cette dénomination. Diverses propositions sont alors suggérées : Vardarie (du nom du principal fleuve du pays), Macédoslavie, Macédoslavonie, Nouvelle Macédoine ou encore Slavomacédoine… mais les dirigeants macédoniens refusent tout nom où ne figurerait pas le radical « Macédo » et les Grecs, tout nom où il figure… En l’absence de compromis, la plupart des organisations internationales et des États étrangers (113 pays à travers le monde) appellent officiellement ce pays par son nom constitutionnel : République de Macédoine. Seule la Grèce et ses alliés, dans les relations officielles, appellent le pays par l’acronyme ARYM (Ancienne République Yougoslave de Macédoine) ou, en Anglais : FYROM (Former Yugoslav Republic of Macedonia).

AUTHENTIQUE MACÉDOINE
Le lac d’Ohrid

La République de Macédoine resta à l’écart des violents conflits nationalistes qui secouèrent les anciennes républiques yougoslaves de Bosnie-Herzégovine et Croatie entre 1991 et 1995. Mais l’afflux de réfugiés albanais du Kosovo voisin en1999 suite à la Guerre du Kosovo faillit déstabiliser la république. Avec l’aide internationale, elle sauvegarda cependant sa cohésion, son indépendance et la paix civile. Elle a été admise au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU) en 1993. La stabilité politique et une longue frontière commune avec l’Union Européenne (Bulgarie et Grèce) facilitent le développement économique. Cette ancienne république yougoslave est candidate à l’adhésion à l’Union Européenne depuis le 22 mars 2004

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De nombreuses statues agrémentent la ville de Skopje

Lors du sommet de l’OTAN à Bucarest en avril 2008, alors que l’Albanie et la Croatie ont été officiellement invitées à rejoindre l’organisation, la candidature de la Macédoine n’a pas été acceptée suite au veto de la Grèce. Le secrétaire général de l’OTAN a déclaré que le pays sera le bienvenu lorsqu’il aura réglé le problème de son nom officiel. Les pourparlers se poursuivent aujourd’hui sous l’égide de l’ONU entre Skopje et Athènes pour aboutir à un compromis acceptable par les deux parties…

Arrivée au lac Dojran

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Il y a deux aéroports en Macédoine : Skopje et Ohrid mais on peut aussi y arriver par celui de Thessalonique (Grèce) qui n’est qu’à 75 km de la frontière. C’est ce que nous avons fait ! Le Lac Dojran est tout petit (9 km de long et 43 km2 avec une profondeur de seulement 10 mètres) mais réputé pour ses eaux poissonneuses et ses algues aux vertus thérapeutiques… Deux villages de pêcheurs constituent les agglomérations : Nov Dojran et Star Dojran. La cité se développa lors de la domination ottomane sur un modèle proche de celui de Thessalonique, ce qui lui valut le surnom de « Petite Salonique ». Son bazar comptait alors 300 boutiques. Aujourd’hui, malgré la beauté des lieux, les infrastructures touristiques n’ont pas beaucoup évolué depuis l’ancienne Yougoslavie… Centres de vacances fermés et délabrés, hôtels fantômes… Tout semble figé depuis 20 ans. Des projets existent et certains sont même en voie de réalisation comme l’aménagement des berges en jolie promenade pavée… Mais les financements semblent faire cruellement défaut !

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Tout au long de notre voyage, nous avons vraiment constaté que la gastronomie était un atout majeur de Macédoine !

En quittant Dojran après avoir particulièrement apprécié le joli petit bistrot et sa terrasse ensoleillée où la fraîche salade composée et le poisson du lac ont ravi les convives, nous nous arrêtons à Gevgelija, village frontalier avec la Grèce, qui se prend pour Las Vegas… En effet, ici, on mise sur les casinos-hôtels « Flamingo » et « Princess » qui drainent les euros grecs si proches (La monnaie est le Denar (MKD) et 1€ équivaut à 61,7 MKD)… Paysage un peu surréaliste que ces deux établissements « Américains » dominant la campagne et le poste des douanes… A l’intérieur, néanmoins, on est bien dans l’ambiance US des slots machines et des tables de roulette ou Black Jack !

La vigne : une tradition séculaire en Macédoine…

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Popova Kula Winery et sa Tour de 17 mètres

La Macédoine a une très ancienne culture vinicole. On dit que les premières vignes y auraient été plantées 13 siècles avant J.C. ! Avec 83% de vignoble, la région de Vardar appelée « Tkveshiya District » est la plus fameuse. Les villages de Demir Kapija (où nous arrivons pour notre prochaine étape), Kavadarci, Rosoman, Negotino ou encore Gradsko constituent la « Route des Vins » actuellement en création.

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Tout au sommet de la Tour, la salle de dégustation

La spécificité des vins de Macédoine résulte de la double influence méditerranéenne et continentale avec des jours d’été chauds et des nuits plus froides. Ce qui a pour effet de concentrer le sucre et les acides dans le raisin créant un vin aux riches couleurs et aux arômes complexes. Les deux cépages principaux sont le Vranec (pour le vin rouge) et le Smederevka (pour le vin blanc). A ceux-ci s’ajoutent des cépages plus classiques : Merlot, Cabernet Sauvignon, Pinot Noir (rouges) et Chardonnay, Riesling ou Sauvignon Blanc (blanc). Les cépages locaux sont le Zilavka, le Prokupec et le Stanushina.

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Villa Maria et ses paons…

mac_museeNous avons pu apprécier les installations  de haute technologie (cuves acier, fermentation contrôlée et régulée par ordinateur, barriques en chêne issues des USA, de France, de Hongrie pour le vieillissement…) de la toute jeune« Popova Kula Winery ». La cave a été construite en 2004 et la première cuvée récoltée le 28 Août 2005. L’Hôtel-Restaurant, moderne et confortable, date de 2009. Le nom du domaine vient de celui d’une tour « Popova Kula »qui servait de repaire au passage des voies romaines. Celle-ci n’existe plus mais a été recréée dans la conception architecturale du nouvel immeuble. Au sommet de la tour, haute de 17 mètres, les aménageurs ont imaginé une superbe salle panoramique de dégustation. « Nous voulons introduire sur le Marché Mondial, le Vranec comme l’autre grand vin rouge » nous explique Lazar Petrov, General Manager… Le test « Mets et Vins » fut très concluant et les prestations dignes de leur prétention !

Le lendemain matin, en quittant avec regret ce superbe endroit, nous visitons, dans le même village, un petit musée du vin dont le conservateur-gardien (Notre photo ci-contre) est inépuisable en anecdotes – plus ou moins vraies – sur le passé de la vigne macédonienne !

A proximité, voici « Villa Maria Winery ». Ici aussi, le savoir-faire technologique du vin est acquis. La cave se situe dans un parc ombragé où déambulent de fiers paons colorés et hurlants. A l’intérieur du jardin, une magnifique villa néo-baroque attend aussi des subventions pour renaître…

Pour nous expliquer les projets de développement d’un tourisme vinicole cohérent, nous rencontrons, à Negotino, Violeta Jankova, viticultrice, qui a créé « La Fondation de la Route des Vins de Tikves », une association d’une douzaine de producteurs qui veulent monter et commercialiser des « packages » autour du vin. Une loi sur les appellations du vin est en train de se mettre en place suite à la demande d’adhésion de la République de Macédoine à la CEE. La haute tenue de tous les vins que nous avons pu tester laisse présager un bel avenir ! (Le site de la fondation est en création :macedoniawineroute.mk)

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Villa Maria Winery
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Villa Maria, la Belle demeure…

Arrêt au site archéologique de Stobi

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À 80 km au sud de Skopje, Stobi occupait une importante position de verrou dans la vallée du Vardar, sur l’axe stratégique reliant la Mer Égée au bassin du Danube. Stobi jouissait d’une position particulièrement favorable qui explique sa prospérité, et son importance militaire, lorsque l’axe Thessalonique-Sirmium devint vital pour cette partie de l’Empire Romain. Les fouilles ont permis de mettre au jour un grand amphithéâtre ainsi qu’une basilique et son baptistère aux mosaïques encore intactes. La principale porte monumentale se trouve sur le côté occidental de la muraille, de même que la nécropole la plus importante, en usage jusqu’à la période byzantine.

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Ohrid : une ville et un lac très anciens inscrits
au Patrimoine Mondial de l’Humanité…

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Nous voici en route vers Ohrid. Le lac est apparu il y a environ trois millions d’années et la ville d’Ohrid est mentionnée dans des documents grecs dès 353 avant J.-C. sous le nom de « Lychnidos » ou “ville lumière”. Son nom viendrait de l’expression macédonienne  “Vo Hrid” signifiant « la ville sur la colline”. L’ancienne Lychnidos offre un théâtre antique, une agora classique, un gymnase, des basiliques et des temples dédiés aux dieux de l’Antiquité grecque. Elle fut un point de transit important sur la Via Egnatia lieu de passage du commerce dans les Balkans. Au cours de la période byzantine, Ohrid fut un important centre culturel et économique véritable cœur épiscopal de l’Eglise orthodoxe. À son apogée, la ville était renommée pour ses 365 églises et monastères si bien qu’on la surnomma « La Jérusalem des Balkans ».

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Ohrid figure au Patrimoine de l’Humanité de l’Unesco depuis 1980. Dans le lac surnommé aussi « Mer d’eau fraîche » grâce à son eau cristalline et translucide, on recense plus de 200 espèces endémiques dont les truites « letnica » et « belvica » ou encore des anguilles atteignant un mètre cinquante de long. A ses endroits les plus profonds, le lac d’Ohrid fait 228 mètres. Il couvre une surface de 358 km2. (Internet : ohrid.gov.mk)

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Au sud du lac, presque à la frontière albanaise, le Monastère Saint Naum sera notre escale pour la nuit. Un endroit magique de quiétude et de sérénité construit au bord du lac à partir du 10ème siècle. Là aussi, le silence est interrompu par les braillements des paons domiciliées dans le parc. La petite chapelle offre de remarquables fresques polychromes. C’est l’un des lieux les plus touristiques de la République de Macédoine, grâce à son cadre naturel exceptionnel, à son histoire et à son architecture typiquement byzantine.

Tourisme rural dans la région de Reka :
Rendez-vous à l’Hôtel Tutto avec Tefik

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Cette région montagneuse située à l’Ouest de la Macédoine constitue le Parc National de Mavrovo depuis 1953. De nombreux sommets dépassent les 2.500 mètres d’altitude. Au cœur de ce paradis pour randonneurs et amoureux de nature intacte, nous nous sommes arrêtés à Jance, village dominé par le bel hôtel de montagne « Tutto », à l’architecture locale de pierre et de bois entièrement conçu par son propriétaire, Tefik Tefikoski. Paysage bucolique où coule, tranquille, la rivière Radika… Une véritable image de carte postale à laquelle il faut ajouter une cuisine délicieuse à base de produits locaux et aux inspirations « macédo-italiennes » puisque Tefik a longtemps vécu dans la région de Venise (Trevise).

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Tefik et son Hôtel “Tutto”

En effet, il y a seulement trois ans qu’il est retourné aux pays avec le projet audacieux d’y développer un complexe touristique. Pour le moment, ses deux filles, Jasmine et Aïcha demeurent en Italie, la première y est coiffeuse et la seconde poursuit des études mais pense prendre, plus tard, la relève paternelle. Tefik parle de ses projets avec passion : le centre sportif qu’il veut créer à côté de l’école, un musée de la montagne, des maisons traditionnelles qu’il restaure pour la location estivale… Les chemins de randonnée qu’il trace et qui partent de sa terrasse : l’un d’entre eux arrive jusqu’au fameux monastère de Saint Jean Bigorski ! Tefik et son épouse, impliqués dans le développement durable et la nourriture saine confectionnent aussi des spécialités culinaires que les visiteurs peuvent acheter. Vraiment une belle adresse chaleureuse et amicale pour les stressés de la vie urbaine ! (Internet : tutto.com.mk)

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Chez Tefik, le dîner s’accompagne de musique folklorique

Tetovo, la plus Albanaise des Macédoniennes !

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La ville de Tetovo fut construite en 1459 sur la rive droite de la rivière Pena. La célèbre “Sharena Dzamija” (Mosquée Peinte) en est le monument incontournable. On dit qu’il a fallu 30 000 œufs pour fabriquer la peinture de ce bâtiment religieux unique. Il y avait plusieurs mosquées de ce type autrefois dans la région et celle-ci est la dernière qui subsiste.

Ici, nous avons rendez-vous avec l’Alliance Française, son Directeur Paul Chambry et son Président Faton Sherifi. Située au cœur de la ville, elle a pour but d’ « accroître le rayonnement de la langue et de la culture françaises ». Le fonctionnement de la structure est financé en partie par le Ministère des Affaires étrangères et Européennes et par les cours de français. Ce qu’il est intéressant d’apprendre, c’est que Tetovo travaille de concert avec le département… des Hautes-Alpes pour développer son potentiel touristique !

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Pourquoi un projet de coopération entre Tetovo et le Conseil Général des Hautes-Alpes ?

Ecoutons Paul  Chambry : « Ce projet est né de la rencontre de professionnels de la montagne en septembre 2007. Cette rencontre résultant de l’action de pré-diagnostic organisée par la CCI des Hautes-Alpes et son organisme consulaire le CRET de Briançon lors de la mission de 2005. La mission de septembre 2007 a permis le rapprochement entre montagnards de Macédoine et de France qui portent chacun un grand intérêt à la mise en place d’une coopération pour l’aide au développement du tourisme de montagne. La mission française a relevé de fortes similitudes géographiques et démographiques entre la Macédoine et le département des Hautes-Alpes (montagneux, à faible densité, sans littoral mais présence de grands lacs, et partageant un massif avec des pays tiers). La richesse du patrimoine naturel et architectural, l’existence de stations de ski à échelle locale (à 30 minutes de Tetovo), renforce cette première approche physique. (On peut y ajouter la production de pommes et de poires).

L’expérience et le savoir-faire du département des Hautes-Alpes dans le secteur du tourisme de montagne a maintenant 50 ans. Il s’exprime à travers la définition de politiques, l’aménagement du territoire, la gestion du patrimoine, les infrastructures maîtrisées et la protection de l’environnement. Le rapprochement avec le département des Hautes-Alpes pourrait favoriser les échanges d’expériences et la mise en place d’un transfert de compétences ». Finalement petite planète : « It’s a small world !»… Je n’aurais jamais imaginé en arrivant à Tetovo qu’on me parlerait de Briançon ! Pour ma part, je trouve ce projet formidable et espère vraiment son aboutissement…

Au-dessus de Tetovo s’élèvent les Montagnes de Sharr, les plus hautes
de Macédoine avec leurs sommets culminant entre 2000 et 3000 mètres

Outre ruisseaux, rivières ou cascades, ce massif renferme un grand nombre de lacs glaciaires, plus de 1500 espèces de plantes, de nombreux mammifères (Chamois, ours, daim, loup, sanglier, renard roux…) et des oiseaux protégés comme l’aigle royal, le faucon pèlerin, le grand duc, la perdrix bartavelle… La Macédoine tente de sauver le lynx des Balkans, l’un des symboles du pays, victime des braconniers et menacé d’extinction. C’est à cette belle montagne que s’adresse la coopération Haut-Alpine… Et il faut bien avouer que vu l’état de délabrement de la station de ski de Popova Shapka, il faudra du temps (et beaucoup d’argent) pour construire ici, un Serre-Chevalier ou un Montgenèvre…

Skopje, la capitale, au cœur des Balkans

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Pour finir notre périple, voici Skopje, la capitale qui se trouve sur le cours supérieur du Vardar. La ville est à mi-chemin entreBelgrade et Athènes. Une légende locale explique les origines de Skopje en s’appuyant sur la géographie physique du site. Elle distingue ainsi sept montagnes (Vodno, Skopska Tsrna Gora, Souva Gora, Kitka, Jeden, Katlanovska et Char) et sept portes entre ces montagnes (les passages de Kitka, Taor, Kachanik et Derven, les gorges Treska et le détroit de Grouptchin et Mateitche). Ces ouvertures seraient les yeux, les oreilles, les narines et la bouche d’un géant et donc de la ville elle-même. Ce géant aurait été pétrifié par un sorcier qui aurait transformé sa tête en rocher. Un héros, considérant que la punition était injuste, aurait lutté pendant un an contre le magicien, puis gagné le duel. Avec la baguette magique du sorcier, le héros aurait réussi à ranimer les ouvertures de la tête du géant, qui sont devenues les sept voies d’accès de la vallée de Skopje.

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Skopje fut détruite à 80% par un séisme en 1963. Son urbanisme en garde encore les traces. Le quartier sud fut construit d’après des plans de Kenzo Tange, architecte et urbaniste japonais qui avait dessiné les plans d’Hiroshima en 1949. Le centre-ville offre de larges boulevards et des artères piétonnes qui convergent vers la Place de Macédoine située sur la berge sud du Vardar.

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Le quartier qui se trouvent au nord du Vardar est beaucoup plus ancien et il est relié à la rive sud par le Pont Turc (16ème siècle), qui mène directement à la place de Macédoine. Ce quartier constitue “le vieux bazar” appelé « Carsija », fait de petites rues bordées de maisons et de monuments anciens caractéristiques de l’architecture ottomane. Surplombé par une forteresse, il regroupe un grand nombre de petits commerces traditionnels : ferronneries, bijouteries, cafés à l’orientale… Aux alentours,caravansérails et hammams (14ème siècle), témoignent de la richesse de la ville qui  conserve de nombreux édifices religieux : mosquées, héritées de l’époque ottomane, églises orthodoxes. La mosquée Mustafa Pacha, la plus célèbre, est réputée pour être un des plus beaux édifices islamiques du pays. Les édifices chrétiens sont moins nombreux et moins vastes car la loi ottomane interdisait tout monument se dressant plus haut que les mosquées. Ainsi, l’église de l’Ascension est-elle à demi enterrée mais conserve plusieurs icônes anciennes. Au-dessus de la ville, sur le mont Vodno, a été construite en 2002 la Croix du Millénaire, le plus grand calvaire du monde. Il mesure 66 mètres de haut et 20 mètres de large. Le monument fut financé par l’Église orthodoxe macédonienne à l’occasion des 2000 ans du christianisme.

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La citoyenne la plus illustre de Skopje est Mère Theresa (de son vrai nom Agnès Gonxha Bojaxhiu) qui y naquit le 26 Août 1910. Au cœur de la ville, se dresse une belle statue de la religieuse, décédée en 1995, devant un musée qui lui est consacré.

Le Ministre de l'Economie de la République de Macédoine interviewé par de nombreux médias
Le Ministre de l’Economie de la République de Macédoine interviewé par de nombreux médias

Pour notre dernier matin, et avant de reprendre l’avion à Skopje vers la France, nous avons rendez-vous avec le Ministre de l’Economie qui veut recueillir nos premières impressions sur son pays. La rencontre est informelle, dans un « Bar à Vin » du vieux bazar. Mais, à notre grande surprise, nous sommes aussi attendus par une dizaine de caméras de télévision et au moins le double de journalistes ! Calmons, nos egos… C’est le Ministre qui fait l’objet de toutes les attentions de la part des médias ! Enfin, nous aussi tout de même puisqu’ils veulent avoir nos témoignages en Anglais !

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A l’issue d’un voyage de cinq jours, l’impression est de n’avoir fait que passer sans vraiment appréhender la réalité quotidienne du pays… Mais aussi la satisfaction d’avoir découvert une destination authentique encore préservée du tourisme de masse. La présence des lacs, des montagnes et d’un patrimoine architectural exceptionnels constituent un énorme potentiel. Si le tourisme – qui n’en est qu’à ses balbutiements – est un enjeu stratégique pour le pays, il ne fait aucun doute que, dans les années à venir, il  va considérablement se développer. Alors, il faut vite aller visiter la République de Macédoine !

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Monastère Byzantin au bord du lac d’Ohrid

 *** Merci à Soizic Le Corre et Dragan Crnjanski de Planeth Consultants pour l’organisation de ce voyage et le programme équilibré qu’ils nous ont proposé. Merci aussi à Michael Risteski, notre guide, étudiant en Doctorat du Tourisme à l’Université d’Ohrid, pour sa gentillesse et sa compétence professionnelle. A noter que pour découvrir la Macédoine, il y a un seul guide « Papier »  en Français, « Le Petit Fûté » (petitfute.com).

Le monastère de San Jovan, au coeur des montagnes
Le monastère de San Jovan, au coeur des montagnes
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Les mosquées de Skopje
Liens pour préparer un voyage :

exploringmacedonia.com ; macedoniatimeless.com
macedoniatourism.gov.mk ; travel2macedonia.com
mysticalmacedonia.com ; go2macedonia.com
macedonialovesyou.com ; simplymacedonia.com