PÉROU : de Lima au Lac Titicaca

Le Pérou…Il y a longtemps que la destination nous fascinait… Mais nous ne  voulions pas y aller en mode « Touristes pressés »… La Cordillère des Andes, les Incas, le Machu Picchu… autant de mythes qu’il faut savoir déguster sans modération… Alors nous avons décidé que le Pérou, ce serait pour l’automne 2011 : un grand mois (Du 10 Octobre au 12 Novembre : 32 jours exactement !) pour y circuler librement en voiture de location et apprécier un circuit traditionnel mais tellement attractif et riche en émotions et rencontres ! Nous avons étudié notre parcours en amont (Avec tous les conseils et astuces de nos amis des forums de voyageurs !) et l’itinéraire en boucle s’est imposé : Lima, bien sûr, où nous prendrions et rendrions la voiture, puis cap vers le Sud : Paracas, Nazca, Oasis d’Huacachina, Arequipa et le Canyon de Colca… Puno et le lac Titicaca… En apothéose du voyage, Cusco, la Vallée Sacrée et le Machu Picchu… Et enfin, retour à la case départ par les majestueuses montagnes andines : Abancay, Ayacucho, Huancayo et finalement Lima ! Un tour de près de 5.000 km mais facilement réalisable dans le délai qui nous était imparti…

Un peu de géographie… Le Pérou est entouré par l’Equateur au Nord, au Nord-Est par la Colombie, à l’Est par le Brésil, au Sud-Ouest : la Bolivie, au Sud, le Chili et à l’Ouest, l’Océan Pacifique. Sa surface est deux fois et demie celle de la France. Les Amérindiens – Quechuas et Aymaras –  descendants direct des Incas, représentent 45% de la population. Environ 37% des Péruviens sont issus d’un métissage entre Amérindiens et Européens. Les 15% restant sont d’origine européenne (surtout Espagnole).

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Un long voyage…

Le voyage est très long… D’autant plus que nous avons dû attendre quelques heures d’escale à Madrid avant notre vol (de douze heures) vers la capitale péruvienne… Atterrissage sur le tarmac de Lima vers 7 heures du matin locales le lendemain (En heure d’hiver, il y a 6 heures de décalage). Les contrôles administratifs d’immigration se font rapidement et nous trouvons vite notre loueur de voiture « Sixt » qui nous présente notre « compagne de route » pour le voyage… C’est une Honda Accent bleu marine, relativement neuve (38.000 km) et en parfait état… L’employé, bienveillant, nous demande notre destination : « – Nous allons à Barranco »… Cela semble compliqué pour une première prise en main et il nous propose de nous y conduire lui-même ! Ce que nous acceptons volontiers…La première impression est celle d’une circulation totalement anarchique où tout le monde fait n’importe quoi et où le klaxon s’agite d’une manière intempestive et continue… Bref, il faut bien un « Journaliste Automobile » aguerri (ou kamikaze ?) comme Gérard pour oser s’engager sereinement dans cet immense bordel !

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La Place d’Armes de Lima

Je crois que nous devons vraiment remercier « M. Sixt » de nous avoir assistés jusqu’à Barranco : la signalisation est quasi inexistante dans la ville et sans plan, la mission s’avérait impossible…L’hôtel que nous avons retenu pour 4 nuits : « Hôtel 3B Barranco’s » est tout à fait charmant, dans une rue et un quartier résidentiels. Il possède un parking pour notre véhicule. L’accueil est à la hauteur des lieux : amical et chaleureux !

Lima « La Grise » où vivent 1/3 des Péruviens !

Lima, au bord du Rio Rimac et de l’Océan Pacifique, est une cité tentaculaire où vivent un tiers des 27 Millions de Péruviens. Elle s’enveloppe de la “garùa”, une brume côtière qui crée un microclimat la dispensant de soleil quasiment toute l’année !

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Parfois, le ciel s’éclaircit… Un peu…

Dans “Moby Dick” Herman Melville cite Lima qu’il visita vers 1800 : “C’est la plus étrange et la plus triste cité que l’on puisse voir… Lima a pris le voile blanc et rien n’égale en épouvante la blancheur de son affliction”… De nombreux écrivains péruviens ont aussi évoqué ce  “Ciel cendré, gris humide, plombé… Cette poudre flottante, ce brouillard froid… Ce plafond en coton sale, lourd, plat et humide…”

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Lima : le quartier de Miraflores

Alors pourquoi l’Espagnol Francisco Pizarro a-t-il édifié sa capitale à un endroit si peu propice ? Tout simplement parce qu’il y est arrivé le 18 Janvier 1535, en plein été, et que ce jour-là – exceptionnellement – le ciel était bleu ! Mais le conquistador (fin stratège) s’ouvrait à la fois une voie vers l’Océan et l’Espagne et une voie vers l’intérieur du pays et ses richesses. Lima « La Grise » devint rapidement la ville la plus importante du nouveau monde : y furent édifiés la première université du continent, la première imprimerie, le siège de l’Inquisition… Il ne reste pratiquement aucun des palais du début de l’ère coloniale : Lima a été détruite en 1746 par un violent tremblement de terre… Mais, elle s’est toujours relevée de ses malheurs et aujourd’hui, elle est encore en mouvement, en construction permanente… Preuve de son dynamisme : le « Circuito de Playas » (Promenade le long de l’Océan) en chantier où l’on voit s’entraîner des joggers sur un modèle californien ! Encore quelques mois d’aménagement et la belle avenue de front de mer aura vraiment des accents de « Santa Monica » à L.A. !

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Lima est divisée en quartiers, hésitant entre patrimoine et avenir : Personne ne s’étonnera de voir la Huaca Huallamarca, pyramide en briques crues, côtoyer des immeubles modernes en plein cœur de San Isidro… Miraflores domine l’Océan avec ses buildings, son avenue au bord de la falaise vertigineuse, ses centres commerciaux luxueux… Mais le quartier abrite aussi la Huaca Pucclana, une pyramide en adobe datée de 400 qui est toujours en cours de fouilles !

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Contraste incessant entre modernité et héritage culturel… Un contraste estompé sur la « Plaza de Armas », au cœur historique de la capitale où se dressent les édifices principaux de la cité : la Cathédrale, le Palais du Gouvernement, l’église Santo Domingo (Rose) avec les sépultures des saints péruviens…

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Le Monastère de San Francisco (Jaune) ou l’église de la Merced avec ses autels baroques sculptés dans l’acajou… Les  demeures coloniales « casonas », les belles fontaines (Il y en a 12 réunies dans un « Circuito màgico del agua ») et musées divers complètent l’attractivité de la capitale…

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Ajoutons que Lima se positionne en leader de la gastronomie sud-américaine : on y trouve une cuisine inventive dont la « novoandina » du leader, le Chef étoilé, Gaston Acurio ! La nourriture prend une place prépondérante dans tout le pays et il y en a pour toutes les bourses : du plus chic au modeste marchand ambulant…

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Miraflores : contraste entre passé et avenir…

Nous avions choisi de résider quatre jours à Lima, histoire de nous acclimater au Pérou… Et aussi à l’étrange façon de conduire des Péruviens… Toujours agressive et pressée… Surtout les taxis dont il faut négocier le tarif au préalable (sans compteur !) mais dont les courses demeurent plus qu’abordables pour les Occidentaux…

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Eliane et Jean-Michel :
voyager aux “Amériques” en camping-car Français” !

Nous baladions dans le quartier de Barranco à la recherche du centre artisanal “Dédalo” (Très bel artisanat créatif, mais hélas très cher aussi !) lorsque nous sommes tombés, au bord de l’océan Pacifique, sur le fameux camping-car immatriculé dans le “66” (Non, pas la mythique Route Américaine, le département français : Perpignan…). En fait, Perpignan étant selon Salvador Dali, “LE” centre du monde, après tout, il n’y avait rien d’étonnant !

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Nous avons immédiatement engagé la conversation avec les voyageurs. Eliane et Jean-Michel, jeunes retraités, circulent depuis 20 mois en Amérique du Sud et sont ravis de raconter leur périple. “Nous venons de Elne, dit Jean-Michel, un village à 10 km de Perpignan. Nous sommes arrivés à Buenos Aires en janvier 2010… Et depuis, nous en avons vécu des aventures et des rencontres… Parfois heureuses, comme ces belles amitiés qui se nouent sur la route ; parfois plus difficiles avec des moments de “crise” à gérer… Nous avons parcouru l’Argentine jusqu’à Ushuaia, visité le Brésil sans encombre mais arrivés au Chili, À Vina del Mar, à côté de Valparaiso, on nous a volé le camion… Il a été retrouvé totalement dépouillé et cabossé, 15 jours plus tard, à 5.000 mètres d’altitude à la frontière bolivienne du côté de San Pedro d’Atacama… Les assurances, en France ne veulent pas couvrir l’Amérique du Sud… La solidarité a joué : nous avons rencontré deux voyageurs français en 4X4, Martine et Jean-Jacques, qui nous ont remonté le moral… Nous avons fini – après deux mois d’attente – par surmonter les problèmes et reprendre la route ! Là, nous sommes à Lima depuis  une quinzaine de jours : nous avons été agressés par un taxi-moto qui a arraché le sac d’Eliane avec passeport et carte de crédit à l’intérieur… La carte de crédit tarde à arriver et nous sommes un peu démunis…” Mais nos routards ont le moral : la preuve, ils vont remonter par le Mexique pour atteindre les USA ! Courageux ? Téméraires ? Inconscients ? Non, seulement, la volonté de la découverte et un éternel optimisme ! Aux dernières nouvelles, ils étaient tranquilles au Panama, prêts à embarquer leur camion pour l’Amérique du Nord… Bonne Route et HASTA LUEGO !

En route vers le Sud par la Panamericaine…

pingouinLe séjour à Lima prend fin… Nous avons bien hâte de rejoindre la « Panamericana », la fameuse route (1S) qui longe tout le continent sud-américain… Heureusement, la charmante réceptionniste de l’Hôtel « 3B Barranco’s » nous a bien expliqué comment échapper à la mégapole…Le trajet jusqu’à Paracas, notre prochaine destination, est d’environ 260 kilomètres. Mais il nous faudra presque 4 heures pour l’atteindre ! Enfin, le ciel gris de Lima s’est changé en bleu océan…

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Paracas est un tout petit village de pêcheurs, halte obligée pour s’embarquer aux îles Ballestas, appelées ici « Galapagos du pauvre »… Il n’y a pas grand chose à faire à Paracas…Et le temps s’est remis au gris… Hors de question de pouvoir visiter la fameuse « Réserve » sous des cieux si peu propices…

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Tôt, le lendemain matin – et en compagnie d’un flot ininterrompu de touristes – nous embarquons pour l´excursion : le parcours en bateau passe par le port de Salaverry puis le fameux chandelier gravé dans le sable de la falaise d´une petite île d’où un coyote observe ces étranges marins en goguette sur leurs drôles de goëllettes… « Ballestas » signifie « Arbalètes » en Quechua en raison des multiples arcs qui composent ces îles. La quantité et le volume des animaux sont impressionnants : otaries et phoques, pingouins de Humboldt, manchots, oiseaux piqueurs, cormorans noirs et à cou blanc, pélicans, fous variés, mouettes péruviennes…

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Des milliers d’oiseaux déposent leur fientes appelée « guano » qui est une véritable manne de revenus pour les populations locales. Depuis l’époque préinca, ces excréments sont particulièrement reconnus pour leurs propriétés fertilisantes. Aussi, trouve-t-on une petite industrie de ramassage et des hommes en train de gratter le sol pour l’extraction de la précieuse marchandise… La balade est extrêmement attractive, mais les photos – privées de lumière – n’en restituent pas vraiment l’atmosphère !

Huacachica, l’oasis fleurie !

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A 5 km d’Ica, Huacachica est une oasis fleurie enchâssée dans des dunes de sable monumentales. Une étape agréable dans le périple péruvien ! Déjà, il faut trouver son chemin… L’oasis, ça se mérite ! Après deux ou trois erreurs « stratégiques » dans le centre « énervé » d’Ica et quelques indications bienveillantes des locaux, nous voici sur un chemin de terre cahotique… Celui qui conduit à notre destination… Huacachica apparaît telle un mirage, avec sa lagune et ses cocotiers de carte postale… Ses enfants qui jouent sur la rive ou font trempette… Nous avons élu domicile à l’Hosteria Suiza, un petit havre de paix cerné par les bougainvilliers et autres plantes exotiques.

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Malheureusement, Huacachica, ce sont aussi des buggies des sables vrombissants, pétaradants, crachant dans le sable leurs rejets de carburant et qui transportent – chaque jour – des centaines de touristes au sommet des belles dunes ocres… Une exploitation aussi abusive du site par le tourisme de masse et le profit qu’il engendre risque bien, à très court terme, de compromettre le précaire équilibre écologique des lieux ! En attendant, les « marchands de sensations » se frottent les mains et amassent les « sols » (monnaie locale) ou les Dollars US, aussi bienvenus…

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mirador_nazcaNazca et ses signes mystérieux…

Prochaine étape : Nazca… Ce matin, nous reprenons la « Panamericana Sud» pour faire halte à Nazca, 150 km plus au Sud. Suivant les avis des forums d’internautes (ou encore du Gouvernement Français qui met en garde les voyageurs contre la dangerosité du survol des lignes) nous nous contenterons d’observer les signes du mirador !

Découverts en 1926, les géoglyphes de Nazca sont de grandes figures tracées sur le sol. Souvent figuratives, parfois longues de plusieurs kilomètres qui se trouvent dans le désert. Le sol sur lequel elles se dessinent est couvert de cailloux que l’oxyde de fer a colorés en gris. En les ôtant, les Nazcas ont fait apparaître un sol gypseux plus clair, découpant les contours de leurs images. Celles-ci prennent la forme d’animaux : singe, oiseaux-mouches (colibri), condor, chien, araignée, orque… On trouve aussi des figures géométriques : lignes, spirales et ellipses, qui sont imprimées sur la surface de la Pampa.

Ces géoglyphes ont été tracés par la civilisation Nazca, une culture pré-inca du Sud du Pérou qui se développa entre 300 av. J.-C. et 800. Les lignes et géoglyphes de Nazca et de Pampas de Jumana sont inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 1994. De nombreuses théories s’affrontent et se contredisent sur leur signification… Le mieux est de laisser chacun libre de son interprétation !

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Halte « routière » à Camana…

Nous ne nous éterniserons pas à Nazca… Encore une fois, le tumulte des concerts de klaxons et le peu d’intérêt architectural de la ville nous invitent à continuer la route… La Panamericaine, à partir de Lomas, longe désormais l’Océan Pacifique ! Une voie côtière d’une beauté extraordinaire et des lieux totalement déserts…

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Des kilomètres de plages de sables aux différentes couleurs et textures…Un ciel bleu qui se confond avec le bleu des vagues…Bref, un décor de rêve sur plus de 400 km ! Mais le jour décline vers 17 heures, et nous ne roulons jamais de nuit… Arrêt à Camana pour une dernière nuit avant d’initier l’altitude. Nous trouvons l’Hôtel…des Touristes ! ça ira pour une courte étape… Jardin, parking et calme…

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Arequipa, la ville blanche
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Arequipa, la ville blanche

Ce matin, et sous un beau ciel bleu, il nous reste environ 3 heures de route pour atteindre Arequipa à 2.360m d’altitude. Située au pied d’une chaîne de volcans (dont le majestueux et sommeillant « Misti ») qui avoisinent les 6000 mètres, Arequipa est une oasis dans un environnement désertique. Son nom provient du Quechua “Ari-que pay”, qui signifie “Oui, nous restons”. Fondée en 1540, c’est la 2ème ville du Pérou et la capitale économique du sud. Ses maisons sont bâties en sillar, une pierre volcanique poreuse, légère et blanche qui lui vaut son surnom de «Ville Blanche ». Cette belle coloniale a été récemment classée par l´UNESCO Patrimoine Mondial de l´Humanité.

arequipa_volcanLe volcan Misti qui domine Arequipa

A Arequipa, chez Julie !

Giuliana Flores, la petite quarantaine, sera notre hôte à Arequipa. Inscrite dans tous les bons guides français, sa maison fait aussi l’objet d’un “bouche à oreille” unanime ! Nous l’avons contactée suite à un forum élogieux sur internet. Ici, le confort est modeste, mais la maison est ouverte aux voyageurs avec deux coeurs énormes, ceux de Giuliana, appelée Julie, par commodité pour les francophones et sa maman, Norma, qui prépare le délicieux souper.”Je n’ai pas toujours fait ça, dit Julie, à l’origine je suis avocate ! Mais au Pérou, rajoute-t-elle, avec humour,  la justice est droite comme… la queue d’un cochon… Et j’ai renoncé à mon métier… Comment j’en suis arrivée à recevoir des étrangers ? C’est simple, j’étais partie quelques mois en France pour me perfectionner et y ai rencontré un tas de gens qui m’ont mis dans la tête l’idée de créer des chambres d’hôtes…

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Lorsque je suis revenue, mon père était très malade : on avait dû lui couper une jambe à cause du diabète. Cet homme dynamique se retrouvait ainsi handicapé avec une vie monotone… Alors je me suis occupée de lui et j’ai commencé à accueillir les touristes ! Ce furent vraiment des années “Bonheur” pour lui car il voyageait à travers tous ceux que nous recevions ! Hélas, aujourd’hui il n’est plus là. Mais ce job me passionne et je m’agrandis… J’ai désormais sept chambres et je veux que tous mes amis voyageurs se sentent chez eux” . Il faut dire que Julie ne fait pas que vous recevoir : elle arrange tous vos problèmes liés aux transports ou autres, vous sert d’interprète et vient même avec vous pour vous faire découvrir les coins les plus cachés ou insolites de sa belle ville blanche ! Un grand merci à elle pour cette incomparable hospitalité. (Mail : chezjulieauperou@yahoo.com)

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A NE PAS RATER À AREQUIPA : La Place d’Armes, ses belles arcades… Le monastère de Santa Catalina (ci-dessus) est une véritable petite ville au cœur de la ville, avec ses ruelles bordées de maisonnettes colorées d’ocre, de bleu, de blanc, ses places et ses fontaines : un décor qui rappelle la lointaine Andalousie d’autant plus que rues et places arborent toutes des noms espagnols ! Le lieu a hébergé des religieuses espagnoles pendant plusieurs siècles. Il est ouvert au public depuis 1970. Avec ses 20 000 m2 de superficie, cette véritable citadelle religieuse du 16ème siècle est un extraordinaire ensemble architectural. Il date de 1580 et c’est le plus grand d’Amérique du Sud…

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Autre curiosité : Juanita, la jeune fille du volcan Ampato au Musée de l’Université Catholique de Santa Maria (La Merced 110). Cette jeune fille momifiée découverte le 8 septembre 1995 par l’anthropologue américain, Johan Reinhard vous conte une historie tragique : celle d’un sacrifice humain ! Le volcan Ampato (6.380 m) a conservé le corps de la fillette (12/13 ans) pendant 550 ans pour finalement le rendre grâce à une éruption… La jeune suppliciée Inca (obligatoirement d’origine noble) avait été offerte aux Dieux, après une longue marche depuis Cuzco, associée à un jeûne. Elle a été tuée par un violent coup sur la tête. Aujourd’hui, les universitaires continuent à étudier les secrets de cette petite sacrifiée surnommée “Juanita” en l’honneur de son découvreur.

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Le marché d’Arequipa : des étalages ordonnés de fruits et légumes et parmi eux, la reine « Patate » ! En effet, la pomme de terre est originaire du Pérou. On en compte des centaines de variétés qui font le bonheur des addicts de la délicieuse tubercule ! Elle se retrouve pratiquement dans tous les plats dont la « papa a la huancaina » agrémentée d’une délicieuse sauce au fromage…

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Le Pérou est très catholique et de ferventes processions émaillent le calendrier !

Balade autour d’Arequipa avec Julie…

Nous partons pour une journée de découverte des alentours d’Arequipa guidés par notre hôte. La campagne est d’une grande beauté, avec toujours, en toile de fond, le majestueux volcan « Misti » !

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Première étape : Yanahuara. Le Pérou est très catholique et les processions se succèdent toute l’année. De curieuses croix agrémentées d’accessoires insolites sont ainsi promenées un peu partout dans le pays. La plus typique est celle de l’église San Juan Batista du quartier de Yanahuara où nous emmène Julie.

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A Cayma, nous grimpons sur la Tour Panoramique qui offre un panorama à 360° sur les sommets environnants… Nous poursuivons ensuite notre périple dans le quartier de Paucarpata, à 8 km du centre-ville. Le Moulin à eau de Sabandia, construit en 1785 fait office d’éco-musée. Un petit ranch y propose des promenades à cheval.

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MANGER A AREQUIPA : COUP DE COEUR :

arequipa_crevettes– LA NUEVA PALOMINO (Leoncio Prado 122) : Une “picanteria” (restaurant local) de cuisine traditionnelle ouverte uniquement au déjeuner. Ici, on boit la chicha de joran, une boisson à base de maïs fermenté très peu alcoolisée ou le Pisco Sour, un délicieux cocktail (voir plus haut), en dégustant d’énormes plats (des “big size” qui feraient pâlir de jalousie les Américains du Nord !) à base de viande de boeuf, de cochon ou encore d’écrevisses comme le sublime “chicharron de camarones”… Et tout cela à des tarifs imbattables !

En route vers le Canyon de Colca et Cabanaconde

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Nous quittons, à regret, Julie et sa chaleureuse maison… On sort d’Arequipa en prenant la route vers Yura. On traverse ensuite la vallée de Quiscos. La route continue jusqu’au village d’Arrieros (53 km) et la Réserve de Salinas y Aguada Bianca  (70 km) – à une altitude moyenne de 4.300 mètres – où l’on croise des troupeaux de vigognes (camélidé sud-américain qui possède un pelage très fin garantissant des tissus de grande qualité), lamas et alpagas. Un véritable bonheur pour le photographe : tous ces animaux (si rares pour les occidentaux !) en liberté et à si courte portée d’objectif !

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Une fois passé le col de Patapampa, (point culminant du voyage) à 4.910m d’altitude, on découvre un paysage surprenant dans une région aussi aride : les montagnes le long du canyon ont été aménagées en terrasses agricoles. Nous arrivons à Chivay, village stratégique pour toute incursion dans le canyon… D’ailleurs, c’est là qu’il faut s’acquitter du « Boleto Turistico » (35 sols/personne), un « pass » obligatoire pour continuer la route !

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Huit kilomètres après Chivay, la route devient « piste non revêtue » mais celle-ci est bien « roulante » et pas dommageable pour une voiture de tourisme. Le paysage est magnifique. Le Canyon de Colca est le 2 ème plus profond du monde (après son voisin, le canyon de Cotahuasi) avec ses 3000 mètres de profondeur ! (Pour mémoire, le Grand Canyon du Colorado, en Arizona, n’affiche que… 1.500 mètres !).

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Cabanaconde est un village du « bout du monde » après 50 km de piste ! Nous avons choisi, pour deux jours, l’Hôtel « Kuntur Wassi » dont la terrasse-mirador s’élève au-dessus des habitations. Un hôtel de charme, totalement inattendu dans ce lieu coupé de tout modernisme… « La Maison du Condor » (en Quechua) est digne de sa réputation : un décor inca sobre et chic, une salle de bain en pierre, des fenêtres panoramiques et un restaurant à la hauteur (pour des tarifs très modérés !). Que demander de plus pour cette « coupure » bucolique ?

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Les petites randonnées autour du village permettent d’apprécier toute la majesté du canyon. La zone est très appropriée pour la pratique du tourisme d’aventure (canotage, kayak, trekking). Nous hésitons à entreprendre la descente tout au fond du canyon jusqu’à Sangalle d’où se détache une oasis et coule la rivière Colca agrémentée de plusieurs piscines naturelles…Mais Cabanaconde est déjà à 3.287 mètres d’altitude et il faudrait remonter de 1.200 mètres après y avoir accédé…

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La difficulté liée à l’altitude nous commande de renoncer ! Nous nous contenterons de balades pédestres aux environs de l’hôtel afin d’admirer l’agencement ordonné des parcelles agricoles. Ici, comme partout dans le Pérou rural, la vie des paysans suit le rythme des saisons. Le labour se fait au soc et à la charrue traînée par deux bœufs et les engrais sont naturels… Aussi, les légumes et les fruits reprennent-ils leur goût original ! Goût que nous retrouvons dans les plats élaborés à l’hôtel…

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Excellent emplacement pour l’hôtel Kuntur Wassi

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Au cours du mini-séjour, nous retournerons plusieurs fois en voiture (14 kilomètres plus à l’Est sur la piste qui mène à Chivay) au mirador de la « Cruz del Condor » (Croix du Condor), un piton rocheux où sont censé évoluer les rapaces… Mais ceux-ci ne sont pas au rendez-vous ! En revanche, cars de touristes et vendeurs d’artisanat sont bien en place…

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Direction Puno sur le lac Titicaca à 3.830 mètres d’altitude

Ce matin, nous quittons le Canyon de Colca pour mettre le cap sur Puno…Nous traversons l’altiplano qui nous offre encore de bien beaux paysages…Voici Imata, village perdu et battu par les vents de sable : nous devons nous réapprovisionner en carburant… ça tombe bien : les flics nous arrêtent pour contrôle d’identité (à noter la bienveillance de la police péruvienne partout où nous sommes passés !) et c’est l’occasion de leur demander où se trouve la station-essence… ça n’a pas l’air, mais nous y sommes… Un type arrive avec un jerrican et un entonnoir… C’est la station !!! Nous ne faisons pas les difficiles : la route est longue, et c’est le désert !

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Lagunillas, Santa Lucia, Cabanillas et enfin Juliaca, la capitale commerciale de Puno… A éviter (Bien qu’on soit obligé de la traverser !) car franchement hideuse et toute déglinguée… Nous avons du mal à nous extirper de ses rues poussiéreuses non goudronnées ne comportant aucune indication signalétique pour trouver la suite de la Panaméricaine ! Il nous a fallu « prendre en filature » un car de touristes pour retrouver notre route…

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Puno a la réputation d’être le berceau du folklore péruvien… Nous nous en rendrons compte rapidement car, le soir de notre arrivée, il y avait dans les rues, un grand défilé coloré et joyeux ! De nombreuses troupes distillaient une ambiance musicale et de danses tandis que les marchands ambulants préparaient leurs spécialités à base de patates, brochettes de cochon ou d’abats. La « Cerveza » (bière) était de rigueur !

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A Puno, nous avions rendez-vous chez Jenny, à la « Kusillo’s Posada » (Que l’on retrouve dans tous les guides) et dont la maison se révèlera être une excellente adresse !

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Puno est une petite ville dont la Place d’Armes et la rue principale piétonne appelée « Lima » sont les pôles d’intérêt où tout le monde converge. On y trouve de nombreux restaurants de qualité (A noter particulièrement « Mojsa » sis à Lima 394 sur la place même) proposant les plats péruviens et des boutiques luxueuses proposant un artisanat plus sélectif et créatif.

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Titicaca, le lac navigable le plus haut du monde

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Si nous faisons halte quatre jours à Puno, c’est évidemment pour découvrir le mythique Titicaca ! « Titikaka » signifie en Aymara (dialecte) “Pumas gris”. C’est le lac navigable le plus haut au monde (3.810 mètres de hauteur), avec une surface de 8.560 km2, une longueur de 194 km et une largeur moyenne de 65 km. Dans les zones où sa profondeur dépasse 25 mètres ses eaux sont de couleur bleue et dans les moins profondes, vert diaphane à cause des plantes aquatiques.

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Les Uros et leurs îles flottantes !

On dit que les « Uros », peuple de grande force physique qui habitent sur les îles artificielles en Totora (plante aquatique séchée), sont des descendants de la race la plus ancienne d’Amérique. Une légende locale prétend même que les premiers habitants de la région avaient six doigts… De nos jours, les « Uros » sont ceux qui vivent sur les îles flottantes…En réalité, la dernière véritable Indienne Uros est décédée en 1959 et les occupants des îles sont depuis des Aymaras qui s’accrochent depuis longtemps aux terres bordant le Titicaca. Les Aymaras y font pousser du quinoa, plante cultivée pour ses graines riches en protéines et y élèvent des lamas.

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En fait, le terme « Uros » est le regroupement de toutes ces petites îles artificielles qui constituent un village flottant. Les maisons et embarcations  sont aussi faites du même matériau. Le peuple « Uros » est devenu une attraction touristique récurrente et ces villages ressemblent plus à des « Disneyland » qu’à des habitats authentiques… Ils sont, néanmoins très photogéniques !

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Les îles de Taquile et Amantani : A 2 heures et demie environ de bateau de Puno, voici Taquile. Les habitants ont conservé leurs traditions vieilles de centaines d’années, notamment pour le tissage et donc la qualité du tissu local. Sur Taquile, ce sont les hommes qui tricotent… Amantani est une île assez peuplée comparée aux deux précédentes (4000 habitants), elle est aussi placée plus loin (4 heures de bateau). La principale activité d’Amantani est l’agriculture. Mais, tout comme à Taquile, le tourisme s’est organisé et on peut passer la nuit (modestement) chez l’habitant…Nous n’avons pas eu le temps de visiter ces îles…

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La péninsule de Capachica…

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A environ 40 km de Puno, la péninsule de Capachica, préservée du tourisme de masse, vaut vraiment le détour. On y accède par une route bitumée qui laisse ensuite place à une piste sans aucune difficulté. On arrive à Llachon où l’écotourisme s’est installé grâce à quelques dynamiques autochtones dont Félix Turpo, chef de la commune, qui accueille chez lui les voyageurs en mal de solitude. Ici, vous ne serez pas dérangés : vos hôtes proposent une pension complète (de toute façon, il n’y a rien alentour !) au confort sommaire mais au décor inoubliable.

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En effet, la maison s’élève sur une falaise romantique au-dessus du lac Titicaca. Vous pouvez aussi l’atteindre en bateau et Félix vous attendra à son débarcadère privé. Ensuite, il suffit de monter les escaliers de pierre pour découvrir l’habitation toute en pissé et apprécier l’hospitalité de ces gens restés d’authentiques Quechuas de pure culture andine. Vous pourrez prendre part à des parties de pêche, au travail agricole et à l’initiation de l’artisanat de la laine ! Pour notre part, nous avions choisi la visite en voiture et les paysages parcourus valent vraiment le détour. (Contact : hospedajesamary@hotmail.com)

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Les villages de la rive sud, sur la Panamericaine qui se poursuit en Bolivie, offrent un aspect très rural aux belles églises coloniales. Nous nous sommes arrêtés à Chucuito pour visiter le« Templo de la Fertilidad » avec ses grands phallus de pierre !

Le site pré-inca de Sillustani

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Sillustani à 45 minutes de Puno, est une péninsule rocheuse au milieu de la lagune d’Umayo à 4.000 mètres d’altitude. C’est un complexe archéologique pré-inca et inca célèbre pour ses constructions funéraires de pierre en forme de tours appelées “chullpas”, où les Collas enterraient leurs souverains avec biens et aliments pour le voyage vers l’autre monde. Les scientifiques affirment que l’architecture de ce peuple était encore plus raffinée et accomplie que celle des Incas. Le site, au-dessus du lac, est vraiment magnifique et la route pour y parvenir est ponctuée de fermes traditionnelles où les troupeaux de lamas et autres alpagas remplacent généreusement les bovins !

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La lagune d’Umayo

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