PYRENEES ORIENTALES : Le Canigó

A la découverte du Canigó

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L’Agence de Développement Touristique des Pyrénées Orientales nous conviait, le 23 juin dernier, à une découverte des nombreuses activités “Pleine Nature” à pratiquer sans modération dans la région du Canigou, montagne mythique des Catalans labellisée “Grand Site de France” et rebaptisée “Canigó” pour coller au plus près à son identité culturelle. Une balade non exhaustive de deux jours qui laisse juste l’envie d’y revenir !

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Le Canigó culmine à 2.784 mètres et sa visibilité s’étend sur toute la plaine du Roussillon et du Conflent ainsi que du côté espagnol à l’Empordà. On dit même que dans de bonnes conditions atmosphériques, il peut être aperçu deux fois par an par réfraction de la lumière au coucher du soleil (début février et fin octobre) depuis Marseille ! Son ascension est aisée en randonnée à partir du refuge des Cortalets. L’écrivain britannique Rudyard Kipling, père du “Livre de la Jungle” qui séjourna plusieurs fois à Vernet-les-Bains entre 1910 et 1926, se déclara « Au nombre des loyaux sujets du Canigó ».

Le Feu sacré du Canigó à Villefranche de Conflent

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La veille de la Saint Jean, le sommet du Canigó voit arriver des centaines de marcheurs qui y préparent un feu. C’est le “Feu sacré du Canigó”. Au lever du jour, le 23 juin, ils redescendent et vont avec des torches transmettre les différents feux de la Saint-Jean répartis en Catalogne. Nous sommes le jour du solstice d’été et cette flamme, symbole de fraternité et d’amour, va être multipliée dans tous les villages de la vallée créant partout des petites lumières la nuit venue.

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Nous avons assisté à l’arrivée de la flamme à Villefranche de Conflent (À environ une heure de route de Perpignan) où les enfants des écoles entonnaient les chants catalans tandis qu’était allumée la symbolique vasque. Le joli village médiéval, au bord de la rivière Têt, protégé par les fortifications de Vauban, est inscrit au Patrimoine de l’Unesco depuis 2008. Mais attention : il est réputé pour être aussi le village des sorcières, appelées “bruixes” ! Le Canigó est une terre de légendes…

Spéléo avec Jérôme aux Grottes des Canalettes

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Les Grottes des Canalettes se trouvent à quelques centaines de mètres de Villefranche de Conflent sur la route de Corneilla-de-Conflent et Vernet-les-Bains. Nous y avons rendez-vous avec Jérôme pour une initiation « cool » à la spéléologie. Ces grottes constituent un immense réseau souterrain et elles ont été découvertes par hasard en 1951.

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Jérôme Durbet est Moniteur B.E. de Spéléo et de Canyoning depuis 2001. Il accompagne les touristes de tous niveaux dès l’âge de 7 ans. Les parcours vont de 2 h 30 pour de belles balades sous terre à 7 heures pour de la vraie spéléo sportive. « Depuis mon enfance, dit Jérôme, j’explore ces grottes autour de Villefranche de Conflent et cette passion est devenue mon métier que j’adore partager et faire découvrir à travers galeries de calcaires et de marbres roses. Pratiquer la spéléologie, c’est découvrir un monde minéral unique où l’eau a creusé des galeries et déposé des milliers de cristallisations (coulées, stalactites, stalagmites, draperies, aragonites…)”

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Equipés de combinaisons, gants, bottes, harnais, casques et frontales, nous voici prêts à affronter les entrailles de la terre. Deux possibilités s’offrent aux “Aventuriers” que nous sommes : la balade avec François (qui s’occupe par ailleurs de tout l’aménagement électrique et de sa maintenance) ou la descente sportive avec rappels en compagnie de Jérôme. J’opte pour la première proposition !

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Au-delà du tracé destiné au public, nous cheminons, dans l’obscurité, à travers de grandioses galeries où la frontale fixée sur le casque est indispensable pour ne pas glisser. La fraîcheur constante des grottes (14° en toutes saisons) est bienfaitrice et élimine l’effet de clautrophobie qu’on pourrait ressentir. Pour l’équipe des téméraires, ce sera un peu plus dur mais tous ressortiront de terre avec la satisfaction du dépassement ! Site : ex-pyr.com

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La fête autour du feu – à laquelle nous avons assisté à Taurinya – s’accompagne aussi des chants traditionnels en langue catalane et de la distribution d’un bouquet “Porte-Bonheur” au ruban sang et or, composé – suivant la coutume – de 4 herbes (feuille de noyer, millepertuis, immortelle et orpin). Accroché dans la maison ou sur la porte d’entrée, le bouquet sera jeté dans le feu de la St Jean l’année suivante ! Il est de coutume, pour avoir de la chance, d’enjamber le brasier (Notre photo)… La flamme du Canigó, devenue éternelle, est entretenue toute l’année à Perpignan au Musée des Arts et des Traditions Populaires du fortin du Castillet.

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Notre hébergement au Gîte d’étape et de séjour “El Passatge” à Taurinya (Equipé en bio-géothermie mais aussi pour les personnes handicapées) en pleine forêt de châtaigniers est vraiment sympa et accueillant grâce à la gentillesse de notre hôte, Muriel, et au bon repas qu’elle nous a concocté. Site : gite-etape-el-passatge.fr

Le Canigó, côté sud…

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Ce matin, nous prenons la route pour nous rendre de l’autre côté du Canigó, dans le Haut-Vallespir sur le versant sud. Nou sommes sur une étape du mythique GR10, celui de la Grande Traversée des Pyrénées. Le “Centre de Pleine Nature Sud Canigó” d’où nous partons pour une balade à VTT offre des installations sportives mais aussi salles de réunion,hébergements (collectifs et privés) et restauration… Côté VTT, il propose l’encadrement autour de 14 parcours spécifiques. Nous enfourchons nos vélos, destination Arles-sur-Tech. La piste cyclable emprunte le tracé de l’ancienne voie ferrée d’Arles-sur-Tech à Elne dont tous les ouvrages (ponts, tunnels) ont été conservés. Cette voie verte fait partie de la Véloroute Voie Verte du Pays Pyrénées Méditerranée et de l’itinéraire cycliste transfrontalier Pirinexus.

La Route du Fer passe par Arles-sur-Tech

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Entre Arles-sur-Tech et Escaro, 15 anciens sites miniers jalonnent la “Route du Fer du Canigó”. Ces activités ont perduré 2.000 ans le long d’un filon de fer ceinturant le massif du Canigó. L’histoire de cette industrie montagnarde commence dès l’Antiquité romaine. Une telle longévité n’est pas sans conséquences : le paysage, les noms des lieux, l’architecture, portent l’empreinte de cette histoire. Aujourd’hui, de nombreux vestiges rappellent ce passé ancré dans la mémoire collective. Une découverte poignante et authentique, dans le cadre naturel grandiose des versants et des vallées de la montagne sacrée des Catalans. Arrêt photo à la mine…

Le Moulin des Arts à Arles-sur-Tech

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Le tissage en Pays Catalan est pratiqué depuis le Moyen-Age. Cet artisanat se développa à Arles-sur-Tech grâce à la pureté des eaux non calcaires. Dans ce vieux bâtiment, autrefois Moulin à huile, fut installée une petite manufacture de toiles au début du 20ème siècle. Pendant la guerre 14/18 quelques créateurs y proposaient leurs dessins : méprisés ils serviront de papier d’emballage aux espadrilles ! Parmi ces artistes, il y avait un certain Pablo Picasso…

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Aprés la première guerre mondiale, l’entreprise “Manufacture de Toiles Catalanes” est si florissante qu’elle se diversifie : tissage pour les espadrilles, toiles plus lourdes, bâches, confection de sacs et musettes ainsi qu’une teinturerie à la pointe des technologies. Malheureusement, le 17 Septembre 1940, une inondation appelée “Aiguat de 40” emporta l’usine qui fut détruite à 70%. Tout s’écroula en quelques secondes… Les immenses machines ne furent jamais retrouvées ! L’usine essaya de remonter la pente mais dans les années 50 l’espadrille est passée de mode.

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Plusieurs tentatives de relance tournent à l’échec dans les décennies suivantes jusqu’à ce que, en 2012, la Municipalité d’Arles-sur-Tech rachète la friche industrielle pour en faire un lieu d’Arts et d’Artisanat. Une quinzaine de créateurs dans des disciplines variés mais tous professionnels, ont investi les lieux et travaillent sous le regard des visiteurs.

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Parmi eux, des peintres, un dinandier (travail du cuivre), Jérôme, verrier et sa compagne Karine qui réalise les vitraux, Morian et Aurélie, couteliers ou encore Florence à la fois sculpteur et fondeur dont l’atelier expose forge, four… et tous les outils utiles à la conception des petits bijoux (tous différents) qu’elle crée en bronze suivant une technique élaborée…

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La boutique propose de nombreux autres ouvrages dont les fameuses espadrilles catalanes. Une halte s’impose, lors de votre séjour, à ce bel endroit longtemps délaissé qui a retrouvé une nouvelle vie !

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Nous reprenons nos VTT jusqu’à Amélie-les-Bains, toujours par la Voie Verte.
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Petit moment de détente aux Thermes Romains où le “must” des traitements est le bain de kaolin en apesanteur (Notre photo ci-dessous) qui vous laisse une douce peau de bébé !

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Rando à la Chapelle Santa Engràcia avec Jean, accompagnateur en montagne

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Après le déjeuner, nous formons deux groupes : pour les plus courageux, Canyon du Gourg des  Anelles à Reynes et pour les “Terriens” qui ont horreur du vide, rando jusqu’à la Chapelle Santa Engracia… Je choisis la seconde proposition !

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Un sentier qui grimpe raide, une montée en épingle… Il fait chaud le 24 juin à 15 heures sur les sentiers du Canigó ! Heureusement, la forêt de châtaigniers atténue les rayons du soleil…La montée est parfaitement balisée. La chapelle Santa Engràcia qui surplombe les Gorges du Mondony, et que nous atteignons après environ 2 heures de marche, a été entièrement restaurée par une association de bénévoles passionnés “Les Goïgs dels Ous”. Ils y organisent, le lundi de Pâques, un rassemblement festif avec pique-nique et sardanes. Une chapelle romane existait déjà au 11ème siècle à cet emplacement. D’abord simple prieuré, elle devint un ermitage au 17ème siècle. Après s’être rafraîchis à la source, nous entamons notre descente vers Amélie-les-Bains… De nombreuses fiches techniques pour les randos sont disponibles dans les Offices de Tourisme et sur les sites web.

Prats-de-Mollo et le Parc Montozarbres

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Nouvelle expérience après cette longue journée sportive, rendez-vous à Prats-de-Mollo pour dormir… dans les arbres ! Heu, suis un peu fatiguée et guère motivée pour une nuit à la belle étoile… Mais qu’à cela ne tienne ! Les chalets disséminés dans la forêt sont d’un confort 3* : que demander de mieux ?

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Guillaume et Laurie viennent de reprendre ce parc, créé en 1999 et qui périclitait. Tous les deux sont natifs de la région et formés à l’hôtellerie et la restauration. Ils rêvaient de créer leur entreprise de “Logements Insolites”. Leur challenge est de réussir la première saison d’exploitation. Grande Tyrolienne (400 m et 50 m de haut), via ferrata, lianes, ponts de singes, ponts tibétains… autant de montées d’adrénaline et de beaux souvenirs de vacances en perspective !

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Côté “Hébergement atypique” : le village de carbets (abris guyanais) offre l’originalité de passer la nuit au contact de la nature. Dormir dans des hamacs, près d’une rivière et découvrir l’ambiance des bivouacs. Le village de carbets, ce sont 22 hamacs de type «Brésilien» (avec moustiquaire) et 15 lits de camps pour le plaisir d’une communion avec la nature, au cœur de la forêt. Site : parc-montozarbres.com

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Prats-de-Mollo, comme tous les villages du Canigó offre de nombreuses animations pour la saison estivale avec le “Festival Nature” (Randos, expos, spectacles, concours photo…) qui se prolonge jusqu’à octobre. Pour tout savoir, rendez-vous sur le site : pratsdemollolapreste.com

Coup de Coeur : Restaurant Bellavista à Prats-de-Mollo

Une excellente cuisine concoctée par Denis Visellach à partir des produits du terroir et suivant les saisons : agneau catalan, veau « Vedell des Pyrénées » fromages du Haut Vallespir, légumes et fruits de la plaine… Un conseil : surtout n’arrivez pas en retard ! En salle, l’épouse du Chef ne supporte absolument pas les gens qui se pointent à 20 h 30 quand ils étaient prévus à 20 heures… Et elle le leur fait savoir…

Le train jaune, symbole du Pays Catalan

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Symbole du Pays Catalan, le train jaune de Cerdagne, appelé aussi «le Canari» relie Villefranche-de-Conflent (427 m) à Latour-de-Carol (1232 m) sur un parcours de 63 km. Il gravit 1200 m de dénivelé jusqu’à la gare de Bolquère , la plus haute de France à 1593 mètres d’altitude. Edifiée au début du siècle, la ligne ferroviaire du Train Jaune conserve son tracé initial dans un environnement de paysages montagnards. Sa construction a nécessité l’édification de 650 ouvrages d’art, dont 19 tunnels et deux ponts : le Viaduc Séjourné (Notre Photo) (16 arches en granit, perché à 65 m au-dessus de la Têt) et le Pont Gisclard (873 tonnes d’acier, à 80 m au-dessus d’un précipice).Le petit train jaune dessert 22 gares et en été, des wagons découverts font la joie des touristes.

Le Canigó, Montagne Sacrée des Catalans

tribune_perpignanCe matin, dernière escale aux Palais des Rois de Majorque à Perpignan où se tient une Conférence de Presse pour le lancement de la saison estivale du Canigó avec Hermeline Malherbes, Présidente du Conseil Général des Pyrénées Orientales et Segolène Neuville, députée des Pyrénées Orientales, Vice-Présidente du C.G. et Secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion. “L’économie touristique du territoire s’articule autour de 3 filières complémentaires, dit Mme Malherbes : le thermalisme, le tourisme de nature avec la multitude d’activités qui en découlent  et le tourisme patrimonial et culturel avec des sites majeurs et des événements de qualité (Dont celui de la St-Jean que nous venons de vivre). Au-delà de la randonnée, les activités de pleine nature comme l’escalade, le canyoning, le VTT, le trail, la spéléo… se développent et nous sommes en mesure de fédérer les structures publiques et un réseau de prestataires privés autour du label “Canigó Grand Site” dont le Syndicat Mixte vient de sortir une carte froissable “Tour du Canigó”… Bref, toutes les cartes sont entre les mains des professionnels qui feront passer aux vacanciers des moments inoubliables quelles que soient leurs aspirations ! Alors dès maintenant, réservez votre séjour !

Sites : canigo-grandsite.fr / montourducanigo.fr ainsi que cdt-66.com


  *** Merci à Julien Folcher et Catherine Gillot, responsables des Relations Presse à l’Agence de Développement Touristique “Pyrénées-Orientales Tourisme” pour l’organisation de ce reportage, ainsi qu’aux responsables de “Canigó Grand Site” Christine Gille et Gabriel Sainneville et aux Offices de Tourisme d’Amélie-les-Bains et Prats-de-Mollo et à tous les sportifs qui ont encadré nos “exploits” !


                                                                                  Reportage : Textes & Photos Dany Antonetti

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