PORTUGAL : la région de Bragance

Bragance (Bragança, en portugais) est la capitale de la Région Nord du Portugal (à seulement 22 km de la frontière espagnole), dans le Haut Trás-os-Montes (En Espagnol : « par-delà les Monts »). Située à 700 mètres d’altitude le long d’un bras du rio Sabor au sud de la Sierra de la Culebra, elle est délimitée par les gorges du Douro. Restée longtemps enclavée par son éloignement : à 515 km de Lisbonne et à 255 km au Nord-Est de Porto (d’où atterrissent les avions d’Europe), la ville connaît un nouveau dynamisme culturel et économique initié par ses entrepreneurs réunis en Association Commerciale. Afin de faire connaître tout leur potentiel, ils organisaient, fin mars, une découverte de leurs atouts auprès d’une sélection de médias locaux et étrangers. Culture, tradition, savoir-faire, héritage, nature, hospitalité et gastronomie… étaient au programme de ce week-end portugais !

La région de Trás-os-Montes – que nous atteignons après 2 heures de route depuis l’aéroport de Porto – offre un panel d’activités variées. Pendant votre séjour, vous pourrez choisir de visiter le château de Bragance, ses musées, ses églises, son théâtre… mais aussi des paysages naturels éblouissants, comme le Parc Naturel de Montesinho, ou pratiquer des activités sportives. Peu visité, le pays a su rester authentique… On y entend parler français en raison de nombreuses vagues de migration successives !

Bragance : une cité médiévale bien conservée

Sur la hauteur que domine la nouvelle ville se dresse, à l’abri de ses remparts, la cité médiévale autour de son château. Elle fut érigée en duché en 1442 devenant alors le fief de la Maison de Bragance. Cette famille revendiquait la couronne depuis l’occupation du pays par Philippe II d’Espagne. Elle régna sur le Portugal de 1640 jusqu’à la révolution de 1910 et sur le Brésil de 1822 à 1889. Pendant cette période, le titre de Duc de Bragance fut donné à l’héritier du trône. A l’intérieur du donjon, le Musée Militaire montre l’évolution de l’armement de l’infanterie portugaise depuis le 12ème siècle ainsi que des objets d’art africain ramenés des anciennes colonies.

La Tour de la Princesse : La légende dit qu’une belle princesse orpheline, amoureuse d’un noble chevalier désargenté attendait son retour : il était parti à la recherche de la fortune pour être digne de l’épouser… Mais son oncle – dont elle dépendait – voulait la marier… Usant d’un stratagème, il se déguisa en fantôme du jeune homme pour pénétrer, le soir venu, dans sa chambre lui ordonnant d’épouser le prétendant afin que son âme puisse trouver le repos ! Mais un rayon de soleil pénétra dans la pièce et la jeune fille s’aperçut de la supercherie… L’histoire ne dit pas si l’amoureux revint mais les portes sont connues comme « La Puerte de la traicion » (Trahison) et la « Puerta del Sol » (Soleil).

La Domus Municipalis (en latin Maison Municipale) est le seul monument civil d’architecture romane au Portugal. Composé d’une citerne voûtée surplombée d’une galerie de fenêtres, ce pentagone irrégulier  a été érigé « Maison Communale » soit Hôtel de Ville au 14ème siècle.  L’espace supérieur servait de lieu de rassemblement aux «hommes de bien» de la communauté qui s’y réunissaient en « Tribunal » pour délibérer sur les infractions commises par les citoyens…

Le “Berroes” : c’est un porc en granit – devant le château – sur lequel s’élève une grande colonne formant un pilori. La base du pilori est l’une des nombreuses représentations de porcs retrouvées dans la région de Bragance et l’on pense qu’il s’agit d’une idole païenne adorée dans la région.

 

Bragance la sportive :

le « Couloir Vert de Fervença »

Le « Corredor Verde de Fervença » est une jolie promenade aménagée le long de la rivière du même nom. On peut s’y balader jusqu’au Centre des Sciences «Ciência Viva » situé sur le lieu même où un ingénieur Français, Lucien Guerche, installa – en 1914 – une centrale électrique. Le centre inclut une « Maison de la Soie » préservant les caractéristiques originales d’un ancien moulin.

Et comme les habitants ne manquent pas de créativité, outre les fresques murales nombreuses, on découvre un jardin extraordinaire situé entre deux passerelles, où un « fou génial » a recréé les monuments du monde à son échelle : complètement délirant !

Mises à part ces balades semi-urbaines, Bragance possède aussi un beau réseau de pistes cyclables (8 km) et des vélos électriques… à l’usage gratuit ! Le touriste peut en disposer à son aise pour un parcours bucolique : vraiment rare pour être noté !

Bragance, la culturelle, et ses nombreux musées

Bragance compte de nombreux musées, parmi ceux-ci, le Centre d’Art Contemporain Graça Morais (créé en 2008), au cœur de la ville dans un immeuble noble du 18ème siècle revisité par l’architecte Souto Moura (Prix Pulitzer 2011). La peintre à la renommée internationale, Graça Morais, originaire du village proche de Vieiro (née en 1948), y est exposée dans 7 salles dédiées à son œuvre. Une réflexion sur ses racines, l’identité, les peuples…mais aussi des souvenirs de voyages comme ceux entrepris au Cap Vert, ex-colonie portugaise (1988/89).

Le Centre de Photographie George Dussaud, tout proche, contient une collection unique de clichés noir et blanc de ce photographe Français qui pointe ses objectifs sur la région depuis 1980. Tranches de vie, rites, fêtes… métiers disparus… Une étude précise, sociologique et poétique de la ruralité qui s’estompe peu à peu.

Toujours à proximité (Nous sommes dans la « Rue des Musées », la bien nommée !), le Mémorial et Centre de Documentation Séfarade de Bragance : le visiteur est accueilli dans la réplique d’une synagogue. L’exposition « Juifs Séfarades du nord-est de Tras-os-Montes, un voyage à travers le temps et la conscience collective ».

Musée Ibérique des Masques et des Costumes : s’il y a une tradition vivace, c’est bien celle du Carnaval ! Ce musée qui a pour thème « le masque » sous toutes ses formes a été créé en collaboration avec la ville espagnole frontalière de Zamora. Fêtes, personnages, rituels permettent aux visiteurs d’entrer dans ce monde magique qui enterre l’hiver !

Bragance, la gastronome

Le “Bien Manger” est un rite à Bragance ! Les restaurants que nous avons pu tester se rejoignent à l’unanimité pour promouvoir les produits du terroir, la fraîcheur des aliments et les vins régionaux.

Le Restaurant « La Porta »  offre une nouvelle cuisine inspirée du terroir portugais par le Chef André Silva. Tomates croustillantes mozzarella, cône avec crème à l’herbe et œufs de truite, feuille de riz au tartare de crevette et orange rôtie, sur le masque : truffe d’Alheira à la châtaigne… même le sanglier, emblêmatique de la région, revêt un nouveau look inattendu mais très savoureux ! Ici, les bouteilles de vin décorent – d’une façon originale – les murs d’entrée…

Comme si vous veniez déjeuner chez des amis, vous poussez la porte de “Solar Bragançano” et vous êtes reçus par vos hôtes, Ana-Maria et Antonio Desiderio… Un vrai bric-à-brac comme on les aime mêlant littérature, bibelots, photos familiales et souvenirs surranés ! La cuisine du terroir est généreuse, goûteuse et vraiment… copieuse ! Charcuteries, boulettes de Casulas (spécialité aux haricots), sanglier, boeuf à la braise d’origine “mirandesa”… Bref, de quoi se lever de table “un peu chargé” !

Au Restaurant Poças nous dégustons les “tapas” puis la choucroute traditionnelle « Cozido » cuisinée avec le fameux porc “Bisara”… Enfin, y a beaucoup de morceaux de porc mélangés et bien roses… Je préfère le choux… Il y avait aussi au programme des agapes, la “Taberna do Javali”… mais j’ai dû déclarer forfait étant dans l’impossibilité d’en apprécier les mets…

Le Parc Naturel de Montesinho, royaume du châtaignier

Créé en 1979 quasiment à la sortie de Bragance, le Parc Naturel de Montesinho protège une économie agropastorale authentique avec ses villages typiques comme Rio de Onor ou Montesinho qui préservent leur habitat traditionnel.

Notre guide, Antonio Sà, est photographe, naturaliste et amoureux du pays. Il propose des balades accompagnées dans le parc aussi bien d’une demie journée que de plusieurs jours. « Bétula Tours », c’est avec le nom portugais du bouleau qu’Antonio a baptisé sa petite entreprise. (Site : antoniosa.com/tours)

Ici, explique Antonio, le châtaignier règne en maître incontesté de la forêt et les fruits, outre l’alimentation des sangliers ou ovins sont largement exportés vers la France où ils sont transformés en marrons glacés pour Noël ! La terre, pauvre, offre céréales (blé et seigle) et pommes de terre. Il y a aussi les champignons qui abondent dont le cèpe et la célèbre morille !

Côté bovins, une race endémique fournissant une viande excellente, la « mirandesa ». Les porcs de race « bisara » produisent une viande peu grasse utilisée pour le « fumeiro » (tripes fumées), le salpicao (saucisson à l’ail) et la chouriça de carne (saucisse de viande de porc). Une riche faune habite le parc de Montesinho : cerf, chevreuil, sanglier, loup… Pour les oiseaux : cigogne, vautour percnoptère, aigle royal ou busard.

Malheureusement, en ce début de printemps, le Parc Naturel de Montesinho, bien qu’à seulement 1.000 mètres d’altitude, nous dispense des conditions climatiques peu propices à la grande randonnée (ni au safari-photo !) avec un froid glacial et une limite pluie-neige qui l’est tout aussi ! Pas étonnant : nous sommes sur la “Route de la Terra Fria” (Terre Froide) dont le sens prend alors toute sa valeur !

Village de Montesinho

Nous nous contenterons de quelques pas dans des chemins boueux, histoire de comprendre un peu mieux le paysage environnant, et d’un café bien chaud autour du poële crépitant de l’unique troquet du petit village de Montesinho qui semble bien désert mais si joli ! Faudra revenir aux beaux jours…


COUP DE COEUR


La Pousada de Bragance

Situé au sommet d’une colline de la chaîne de montagnes de Nogueira, la Pousada de Bragança- São Bartolomeu offre une vue panoramique sur la ville et le château. Les chambres, dotées d’un balcon, ouvre sur la piscine avec, en toile de fond, le château. Projet unique dans la région, elle fut conçue par l’architecte José Carlos Loureiro, à la fin des années 50, dans une symbiose avec la nature et le paysage urbain, «en s’ouvrant dans leurs espaces plus importants au paysage du château et son environnement ». Site : pousadas.pt/pt/hotel/pousada-braganca

L’ACISB, notre hôte, est l’Association Commerciale, Industrielle et de Services de Bragança, en fait la Chambre de Commerce locale. Elle œuvre au développement de cette région pleine de charme du Portugal. Au cours d’une brève présentation, sa Présidente, Maria Joan Goncalves, explique tous les efforts entrepris par les managers pour désenclaver le territoire et faire venir plus de touristes… (A la tribune de gauche à droite : Anna Fragoso, Attachée de Presse ; Maria Joan Goncalves, Présidente et Paulo Xavier, CMBragança)


Reportage Texte/Photos : Dany Antonetti


* Merci à Anna Fragosa, Relation Presse de l’Association Commerciale de Bragance pour l’organisation du reportage et l’accueil sur place, et à Jessica Rosa (Travel Biz) pour la logistique.

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