ARGENTINE : Buenos Aires

Ce grand voyage en Argentine nous conduira de Buenos-Aires à Iguazu puis au Nord Ouest dans la région de Salta et la Cordillère des Andes pour finir à Mendoza, ses vignobles et l’Aconcagua…

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Buenos Aires : la Place de Mai

Les premiers colons espagnols arrivés là en 1536 se seraient écriés : « Qué buenos aires los de esta tierra » : Qu’il est bon l’air de cette terre ! Mais on dit aussi que l’endroit aurait été mis sous la protection de la « Vierge du Bon Air » protectrice des marins…

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Pour notre premier contact avec la capitale argentine, nous avons décidé de faire appel à un « Cicerone »… En effet, une association non gouvernementale « Cicerones de Buenos Aires » vous propose les services gratuits d’un accompagnateur amoureux de sa ville pour vous la faire visiter (Infos : cicerones.org.ar). Nous avons rendez-vous avec Eduardo qui vient nous chercher à l’hôtel pour débuter une visite de trois heures. Eduardo parle français (entre autres), est ingénieur, et consacre quelques heures par semaine à l’association. Sa passion pour Buenos Aires, il veut la transmettre aux visiteurs. De plus, avoir une vue d’ensemble et des conseils avisés, le premier jour, est très appréciable pour la suite des découvertes. Nous avons apprécié cette première approche et tous les bons conseils prodigués par notre hôte.

L’Avenue « 9 de Julio » est la plus large du monde avec ses 125 mètres (Son nom fait référence à la date d’Indépendance du pays le 9 Juillet 1816), L’Obélisque de 65 mètres de haut, se dresse au centre d’une étoile de grandes avenues. Inauguré en 1936 pour le 400ème anniversaire de la ville, il s’élève au milieu de la Plaza Republica.

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Le Théâtre Colón, l’un des joyaux de l’architecture argentine construit en 1908 par des architectes Italiens et Français, se trouve aussi sur l’Avenida 9 de Julio à la hauteur de la plaza Lavalle.

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Au bout de l’avenue de Mayo, le Congrès Nacional représente le pouvoir législatif de la Nation. Il ressemble au capitole de Washington. Près de la Plaza de Mayo, s’engage la rue piétonne la plus célèbre de la ville : Florida. Magasins de toutes sortes, spectacles de rue, shows de tango…

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L’un des monuments emblématiques est la « Casa Rosada », le siège du pouvoir exécutif. De son balcon, Eva Peron prononçait les discours en faveur des “descamisados” et Madonna chanta “Don’t cry for me Argentina”.

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Les « Folles de Mai » luttent désormais contre toutes les inégalités sociales…

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D’ici partent les manifestations et principalement celles des mères et des grands-mères de la Plaza de Mayo réclamant la vérité sur la disparition (Plus de 30.000 personnes dont les corps n’ont jamais été retrouvés) de leurs enfants, maris, frères… pendant la dictature militaire (1976 à 1983). Ces femmes perpétuent le souvenir, chaque jeudi à 15 heures 30, pour que justice soit enfin faite et les coupables châtiés…L’association est connue dans le monde entier et les « Folles de Mai » au célèbre foulard blanc sont devenues le symbole contre l’oppression universelle.

Le bâtiment de la « Casa Rosada » est plutôt moderne car sa construction date de 1873 et on donne deux explications à la couleur rose de la pierre. Pour la première, très théorique, cela s’expliquerait par la formule de la peinture qui contiendrait de la chaux mélangée à de la suie et du sang de bœuf. La seconde se base sur l’intention de Sarmiento d’apaiser les tensions politiques existantes. Le rose est parfait puisque c’est un mélange de rouge et de blanc, les couleurs des deux partis en opposition.

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A quelques mètres de la « Casa Rosada », voici le fameux « Café Tortoni » (Avenida de Mayo 825), crée par Mr. Touan, Français d’origine. Ce café a toujours été un catalyseur de la vie sociale, politique et culturelle de Buenos Aires. Son nom lui fut donné par son fondateur à partir du café parisien homonyme. C’est le plus vieux Café d’Argentine qui a ouvert ses portes en 1858 ! Le « Tortoni » n’a pas été étranger aux crises que le pays a connu, néanmoins il est resté debout et a survécu au temps et à l’oubli. Il est actuellement café, « peña » culturelle, possède des billards et présente des petits-shows de tango tous les jours de la semaine. Parmi les clients célèbres : le dramaturge italien, Luigi Pirandello ou le grand Carlos Gardel !

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Dans la Cathédrale Metropolitana, ne pas rater le mausolée du libérateur de l’Argentine, le Général San Martin mort en exil (1822) à Boulogne-sur-Mer. Sa dépouille a été rapatriée ici. Le mausolée, recouvert du drapeau blanc et bleu est veillé en permanence par deux grenadiers.

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EN FACE DE PUERTO MADERE, DE L’AUTRE CÔTÉ DU FLEUVE S’ÉLÈVENT LES IMMEUBLES DE LA “CITY”, LE QUARTIER DE LA FINANCE
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LES DOCKS POUR UN NOUVEAU QUARTIER “BOBO”
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LE PUENTE DE LA MUJER

Puerto Madere est, depuis 1998, le 47ème quartier (ou Barrio ) de Buenos-Aires. Ces docks de brique réaménagés avec restaurants et bars à la mode attirent les « portenos » (habitants de Buenos-Aires) branchés. La promenade qui longe le fleuve est très agréable et se dote d’un superbe pont designé par un architecte espagnol, Santiago Calatrava, inauguré en 2001. Le « Puente de la Mujer » (le pont de la femme, qui est mobile pour laisser passer les bateaux), c’est son nom, représenterait un couple enlacé qui danse… le tango ! Faut quand même avoir beaucoup d’imagination…

La Boca : des couleurs à ne pas manquer !

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BIENVENUE À LA BOCA
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SES COULEURS EXTRAORDINAIREMENT PHOTOGÉNIQUES…
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… SON ICONE DIEGO MARADONA !

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Un quartier pauvre d’immigrants (surtout Italiens qui venaient chercher du travail au port) et qui est devenu au fil des décennies le quartier des artistes (peintres, artisans…), des restaurants en terrasse, des boutiques… Ses petites maisons en tôle (construites avec des matériaux récupérés des bateaux et très colorées) ont inspiré poètes et peintres. Le quartier de La Boca était souvent inondé lorsque le fleuve, tout proche, débordait, ce qui explique les étonnants trottoirs d’une hauteur inattendue.

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LE STADE DE LA BOMBONERA

C’est aussi le quartier du fameux stade « La Bombonera » (à la forme d’une boîte à bonbons) où le Dieu Diego Maradona a fait ses classes… Il faut y aller de jour (en taxi, très peu cher à Buenos-Aires : une course environ 10 pesos soit 2 € !) et balader dans la célèbre rue piétonne « Le Caminito »… Très touristique avec les danseurs de tango posant avec les visiteurs ou encore le sosie du Roi Diego…

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Naturellement, cette flânerie dans la capitale argentine n’est pas exhaustive… Il faudra encore noter les rues piétonnes Florida et Lavalle ; Corrientes avec ses restaurants, ses théâtres, ses cinémas… Tous les musées… Le quartier de San Telmo et ses brocanteurs et antiquaires sur la place Dorego ; Palermo, Recoleta…

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Le Tango inscrit au « Patrimoine Immatériel Mondial »

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Le tango a été inscrit au Patrimoine Mondial Immatériel de l’Unesco qui regroupe des pratiques, des connaissances ou des savoir-faire parfois menacés de dégradation ou de disparition. Ce patrimoine se manifeste par exemple dans les traditions et expressions orales, l’artisanat, les arts du spectacle, les pratiques sociales, les rituels ou les événements festifs, les connaissances concernant la nature et l’univers.

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La tradition argentine du Tango est née au début du 20e siècle dans les milieux populaires de Buenos Aires et de Montevideo (Uruguay), dans le bassin du Rio de la Plata, le fleuve qui sépare l’Argentine de l’Uruguay. “Dans cette région où se mêlent des immigrants européens, des descendants d’esclaves africains et des autochtones, les criollos, a émergé un mélange hétéroclite de coutumes, de croyances et de rituels qui s’est mué en une identité culturelle caractéristique” souligne l’organisation de l’ONU pour l’éducation, la science et la culture. Le tango “se répand aussi dans le monde entier par son esprit communautaire, tout en s’adaptant aux évolutions du monde avec le temps”… Hernan Lombardi, responsable de la culture pour la ville de Buenos-Aires a estimé : “C’est un hommage à tous ceux qui ont soutenu le tango depuis sa création”. Selon le site internet buenosairesmilongas.com, la capitale argentine abriterait 80 écoles de tango !

Une histoire et des origines controversées…

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Le tango est apparu au 19ème siècle en Argentine. Le mot Tango serait probablement issu du vocabulaire portugais introduit sur le continent sud américain au travers du dialecte “criollo afro-portuges” (en français criollo se traduit par créole: métissé). En comparant tango et tambo, certains linguistes affirment que ces deux mots sont des onomatopées du tam-tam. Le lieu de réunion des esclaves en Afrique comme en Amérique était appelé « tango ». A Buenos Aires, c’était au départ une danse interdite qui se dansait dans les maisons closes. En attendant leur tour, les hommes dansaient entre eux. C’était une danse qui rappelait la concurrence entre les hommes. Tantôt l’un conduisait, tantôt l’autre.

Carlos Gardel lui a donné ses lettres de noblesse…

Carlos Gardel, d’origine française, de son vrai nom Charles Romuald Gardes, fut le premier à populariser le tango. Le 11 décembre (jour de sa naissance en1890) est désormais la Journée Nationale du Tango en Argentine : Le « Día Nacional del Tango » institutionnalisé depuis décembre 1977 !

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Carlos Gardel était un authentique « caballero » selon les témoignages. Une grande figure populaire qui a donné au Tango ses lettres de noblesse en le sortant des « protibulos » et de sa forme primitive. « Mi noche triste » est le premier tango qu’il ait interprété. Il fera école par la suite puisqu’il servira de modèle tant au niveau de sa composition, des paroles que de son interprétation. Le tango clame un drame intime, des amours perdus, des tromperies, des séparations, des rendez-vous manqués… L’interprétation du chanteur est volontairement dramatisé pour lui donner cette tonalité singulière. Au départ, le Tango était une musique uniquement instrumentale. Il était plus rapide puis il a dérivé vers deux rythmes : un tango plus lent, le tango à proprement parler et la milonga, un tango plus rapide destiné à être dansé plus aisément. Pour les Argentins, le tango est une chanson qui expose la nostalgie du temps passé, du quartier qu’on a quitté, de l’amour perdu, du reproche envers la femme qui quitte le faubourg à la recherche d’ascension sociale…

CARNET DE VOYAGE : BONS PLANS

Hébergement : « Loft & Art Appartment » à Hipolito Yrigoyen 1194.

Un hôtel charmant et très central aux tarifs doux pour un 3*. Nous avons payé pour 5 nuits 300 US$ soit environ 200 € inclus les petits-déjeuners copieux et la connection wifi libre. Internet : loftyarte.com.ar ou encore sur booking.com

Restaurants : à noter, en face de l’hôtel, « El Imparcial », un « Espagnol » qui fait référence à Buenos-Aires depuis 150 ans (Internet : elimparcial.com.ar) et dans le quartier de San Telmo, le très populaire « El Desnivel » (Defensa 855) qui sert des viandes grillées exquises.

Précaution

Attention aux taxis arnaqueurs à l’aéroport… Le premier contact que nous avons eu avec la capitale argentine est celui du taxi à l’aéroport… Après un si long voyage en avion la fatigue neutralise les réflexes et tous les taxis du monde en profitent… ceux de Buenos Aires ne faillissent pas à la règle ! Bref, nous avons été délestés de 100 US$ pour la course qui n’en coûtait pas la moitié… Paradoxalement, à l’intérieur de la ville, les taxis sont aimables et peu chers… Ceux de l’aéroport ne doivent pas être les mêmes…