CHINE : Les Tribulations de cinq Français

Naître petite fille, c’est pas simple en Chine ! C’est pour cela que je veux les mettre à l’honneur… 

EnfantCe voyage en Chine, nous le préparions depuis de longs mois… Nous avions bien compris au fil des semaines qui pékinpassaient et des nouvelles informations que nous recueillions sur Internet, qu’il faudrait souvent improviser, s’ajuster et faire preuve de patience… Lorsqu’en janvier nous avions acheté nos billets d’avion pour le mois de juin, nous ne savions pas qu’en Chine il est exclu de pouvoir louer une voiture pour voyager comme dans le reste du monde : un permis international est inutile…Seul le permis de conduire chinois constitue le sésame de la route ! J’avais bien essayé de prendre quelques conseils auprès de l’Office de Tourisme à Paris en qualité de journaliste mais la personne en charge de la communication n’avait donné aucune suite à mes mails…Il faudrait donc se débrouiller autrement ! Et surtout circuler en qualité de « touristes » sur le visa… Habitués à voyager et persuadés que notre pratique courante de l’Anglais nous facilitera grandement la vie, c’est sans à priori et très excités par cette nouvelle découverte asiatique que nous embarquons pour Pékin. Notre petit groupe est composé de cinq personnes, deux couples (Dany & Gérard puis Mathilde & Gilles) et Benoît, un adolescent de seize ans. Nous avons déjà constitué notre circuit (assez long, mais nous disposons d’un mois entier) qui part de Pékin pour rejoindre Xian (en train de nuit) puis Xian-Guilin (en avion), puis Guilin-Hong Kong (en train de nuit), Hong Kong-Shanghai et retour à Pékin (toujours en train de nuit). Vu la longueur du voyage nous avons décidé d’opter pour des hébergements « petits budgets » et fait le choix d’Auberges de Jeunesse quand cela était possible. Ainsi nous avions réservé à priori sur le serveur « hostelworld.com » à Pékin et Xian.

Mausolée de Mao
Pékin et ses merveilles sous le soleil…

Pékin

C’est important de préciser la présence du soleil car celui-ci ne réapparaîtra plus de tout le mois ! Nous voici donc arrivés à Pékin… L’Auberge de Jeunesse « Red Lantern House », où nous avons réservé les cinq premières nuits de notre périple, nous a aussi organisé un transfert en taxi… Heureusement, car l’établissement était quasiment introuvable… Très mignon, sympathique avec son jardin privatif et ses… lanternes rouges !

Red Lantern House

Confort modeste mais relativement propre, peu cher (nous avions choisi des chambres privatives néanmoins) et la nourriture proposée à la carte en portions généreuses et goûteuses…Internet gratuit (mais les réseaux sociaux bridés !) et le pittoresque du vieux quartier Hutong : voilà  de quoi bien débuter cette rencontre avec le pays le plus peuplé de la planète et son milliard trois cent millions d’habitants ! Un chiffre insensé pour nos esprits européens… Mais dont la réalité se concrétisera rapidement…

Mausolée de Mao

L’exploration de Pékin est un vrai bonheur : émotion de fouler le sol de la Place Tian An Men, vaste esplanade créée par Mao en 1959 au cœur de la ville et en face de la Cité Interdite, un joyau architectural inscrit au Patrimoine de l’Humanité depuis 1987. L’harmonie et la succession des palais et des pavillons en font un ensemble monumental d’exception.

Cité Interdite

La construction de la Cité interdite a duré 14 ans et plus d’un million d’ouvriers réduits à l’esclavage y auraient travaillé. Entre1420 et 1911, un total de 24 empereurs y ont résidé. Avant 1924 – année où elle a été ouverte au public – personne d’autre que l’empereur et sa cour n’avaient le droit de s’en approcher ni même de la regarder.

Cité Interdite

Elle couvre 72 ha dont 50 ha de jardins et s’entoure d’une muraille de 10 m de haut, elle-même cernée d’une douve large de 52 mètres. La cité compte selon la légende, 9 999 pièces (en réalité, 8704, d’après une enquête menée en 1973). Le chiffre de 9 999 s’explique par le fait que selon la tradition, seules leurs divinités avaient le droit de construire un palais comprenant 10 000 pièces. Les hommes essayaient de se rapprocher aussi près que possible de leur idéal de perfection. Le nombre 10 000 représente symboliquement « une infinité dénombrable » en Chine. Un grand moment et un photographe comblé !

Cité Interdite

La place est encadrée au Sud par la porte Qianmen et le Mausolée de Mao, gigantesque et mégalo, à l’Ouest par l’immense Palais de l’Assemblée du Peuple, à l’Est par le Musée d’Histoire et de la Révolution et au Nord par la célèbre porte Tian An Men.

Muraille

Le lendemain, excursion (achetée à l’Auberge) à la Grande Muraille de Chine. Datant de plus de deux mille ans, elle symbolise la civilisation ancienne chinoise. De la Passe de Shanhaiguan sur le golfe de Bohai à l’Est jusqu’à la Passe de Jiayuguan à l’Ouest, cet ouvrage défensif serpente sur plus de 6 700 kilomètres. La Grande Muraille a été inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 1987.

Muraille de Chine

L’ascension est ardue sous le soleil et les escaliers très hauts… Surtout qu’il faut rebrousser chemin pour revenir au point de départ ! Personnellement, je ne suis pas enthousiasmée même si le paysage est assez champêtre… Des milliers de touristes chinois grimpant à l’unisson sur la pierre millénaire, voilà une définition exemplaire du « tourisme de masse » !

A vélo à Pékin

Parmi les « must » de notre séjour pékinois figure la location de bicyclettes (toujours à l’Auberge de la Lanterne Rouge) pour parcourir – tout près de notre lieu de résidence – le quartier des lacs Shichahai où se pressent marchands et revendeurs en tous genres… Ici, on coupe les cheveux sur le coin d’un trottoir, on joue aux cartes ou on déguste sa bière…

Coiffeur

Mais cette belle balade à vélo nous emmènera aussi, au hasard des carrefours « hasardeux » (circulation délirante : il faut faire attention partout à l’agressivité de la conduite autochtone !) dans les quartiers neufs de la ville où la modernité et les enseignes internationales n’ont rien à envier à une cité américaine… On s’arrêtera aussi, par curiosité, au supermarché de la contrefaçon où tout est systématiquement copié grossièrement, même leurs propres produits…Et Benoît aura son Iphone « Made in China » qu’il pourra toujours utiliser pour écouter la musique…

Pousse-Pousse

Notre séjour à Beijing (nom chinois de Pékin) est globalement satisfaisant même si nous sommes heurtés par quelques « différences culturelles » comme le fait de cracher partout et à toute heure de la journée en se raclant bruyamment la gorge ! Et ce fait n’est pas l’apanage des hommes : les femmes aussi…

Pékin

Xian et l’Armée de Terre Cuite

Lundi 7 Juin, en soirée, nous prenons le train de nuit à destination de Xian. Pour la première fois nous nous confrontons à l’ambiance des gares chinoises… Et surtout à leur inintelligibilité pour les étrangers ! Pratiquement pas d’anglais, tout est en pictogrammes à déchiffrer et vociférations incompréhensibles à travers des porte-voix… Il y a d’immenses salles d’attente gratuites surchauffées (sans climatisation) qui XIANpuent littéralement où les Chinois les plus défavorisés, entassés sur leurs valises (Il n’y a  pas de bancs !), jettent autour d’eux toutes les poubelles imaginables, reliquats des produits alimentaires qu’ils consomment toute la journée ; et les salles d’attente payantes pour les plus riches avec des sièges, un peu moins dégueulasses, mais limites aussi…

Trouver son train puis sa voie de départ est déjà un exploit ! Nous avons acheté des couchettes 1ère classe (les plus chères dites « molles ») à peu près propres mais les toilettes au fond du wagon sont dans un état d’extrême saleté et l’odeur nauséabonde qui s’en dégage invite à la fuite immédiate… Ce peuple, jadis si raffiné, a-t-il perdu toute notion de propreté ? Ce qui nous interpellera tout au long du voyage, c’est ce comportement peu civique des gens et la saleté ambiante…

XIAN

Au matin, nous voici arrivés à  Xian sous une pluie battante qui ne nous quittera désormais plus ! L’Auberge de Jeunesse« Han Tang Inn Youth » (hostelworld.com) est une bonne adresse très conviviale en plein centre ville et les jeunes, filles et garçons, de la réception sont anglophones. Malheureusement les intempéries nous empêcheront de découvrir réellement cette ville. Nous achetons l’excursion pour le site de « L’Armée de Terre Cuite »… C’est bien pour cela que nous sommes venus !

Portraits

Mercredi 8 juin, nous voilà en route pour le site archéologique. A l’évidence nous n’y sommes pas seuls… Des centaines de cars sont garés sur des parkings géants : la démesure chinoise ! Et toujours faire des queues interminables : pour payer, pour visiter, pour sortir… Pourtant l’intérêt culturel des lieux estompe les agacements…

XIAN

En 1974 a été mis à jour – accidentellement par des paysans qui foraient un puits – l’une des plus grandes découvertes archéologiques du siècle : cette armée de terre cuite de 6000 statues individuelles grandeur nature de guerriers, chevaux, chariots de bronze, garde d’honneur… Dans le premier hall, accueil par les marionnettes géantes qui ont eu un rôle lors de la cérémonie d’ouverture des JO de 2008. On découvre des chariots de bronze, très bien conservés ainsi que d’autres objets et de très belles statues de terre cuite jadis polychromes. Dans le deuxième hall, reconstitution du lieu tel qu’il était quand il a été découvert, avec les soldats cassés. Et enfin, le 3 ème hall, le plus saisissant, un immense hangar qui dévoile des centaines de statues, toutes alignées, soldats, chevaux, généraux… faisant partie de l’ensemble funéraire du premier empereur Qin Shi Huan Di (3ème siècle avant JC). Les travaux mobilisèrent plus de sept cent mille soldats pendant 38 ans.

xian

Chaque statue mesure environ 1,86 mètre, pèse 300 kg et a sa propre personnalité : aucun visage n’est identique !  La visite dure toute la matinée, heureusement à l’intérieur, car au dehors, sur les jardins et esplanades, c’est le déluge… Sur les conseils des réceptionnistes de l’Auberge, nous décidons de rejoindre Guilin en avion : le coût est sensiblement le même qu’avec le train et le trajet d’une heure trente… En allant vers le Sud, la météo nous sera-t-elle plus favorable ?

Guilin et ses paysages karstiques

GIUILIN

Nous atterrissons à l’aéroport de Guilin, plus de 1000 km au sud de Xian… Et les Dieux du ciel sont toujours aussi peu cléments ! Installation pour cinq jours, en plein centre, au « Guilin Riverside Hotel » (Trouvé sur agoda.com) : un bon plan, au bord de la rivière. La ville a une dimension plus humaine. Guilin fut fondée il y a plus de 2000 ans sous la dynastie Qin. C’est devenu l’une des destinations touristiques les plus connues du Guangxi grâce à ses superbes paysages karstiques presque surnaturels et ses petits villages où vivent différentes minorités comme les Yi, Miao, les Dong, les Yao….

GUILIN

De jolies collines dominent Guilin : la colline de la trompe d’éléphant et la colline des vagues ondulantes (Fuboshan) au bord de la rivière Lijiang. On imagine aisément la beauté de ces paysages sous le soleil et nous nous mettons à espérer… Peut-être aurons-nous le temps, en une petite semaine, de l’apercevoir… Histoire de faire quelques photos dignes d’intérêt…

GUILIN

La balade au bord des lacs offre la découverte d’un incroyable pont… de verre, de beaux jardins, deux immenses pagodes au milieu de l’eau… Tout cela agrémenté par des trombes d’eau intermittentes entrecoupées de courts répits avec un ciel aux tons gris-noirs toujours menaçants… Nous optons avec insistance, pour une mini-croisière (le matin) sur la rivière achetée auprès de notre hôtel…

CROISIERE

En fait, hors des « packages » (Très onéreux pour le pays !) proposés par les réceptifs affiliés aux hôteliers, il est quasiment impossible de se déplacer… Nous en avons fait l’expérience, pour la première fois, en tentant de prendre des bus pour aller au village de Yangshuo situé à une heure de route… A la gare routière comme à la gare ferroviaire, personne ne daigne renseigner les étrangers, personne ne parle anglais… On vous balade, avec des gestes et en ricanant, d’un comptoir à l’autre et d’une file d’attente à une autre file d’attente… Je n’ai jamais vu, au cours de mes voyages, un peuple si peu « friendly » comme diraient les Américains, c’est-à-dire si inamical… Toujours la sale impression qu’ils se paient votre tête !

YANGSHUO

A l’issue d’au moins deux heures de recherches infructueuses et de dizaines de vendeurs « à la sauvette » qui veulent tous vous fourguer leurs billets d’excursions « aux meilleurs prix », nous voici installés dans un vieux bus cahotant qui devrait aller àYangshuo… je dis bien « devrait » car désormais je ne serai plus jamais certaine que nous ne nous sommes pas trompés… Après un trajet surréaliste où nous avons failli plusieurs fois prendre un autre bus en pleine face, arrivée au village le plus touristique de la province, situé sur l’une des rives de la rivière Lijiang et entouré de ses imposants pics karstiques. Ici, les marchands du temple ont pignon sur rue et l’artère principale n’est qu’une succession d’étalages de produits « souvenirs ». Il pleut toujours… Dommage pour tous ces paysages que nous ne pourrons pas admirer ! Piètre consolation, un Mac Do sera notre refuge !

YANGSHUO

Pour le bus du retour, bien que nous nous soyons informés de ses horaires, nous attendrons – sans être sûrs qu’il passe – plus d’une heure sur un trottoir en compagnie d’autres voyageurs internationaux… Le trajet inverse sera tout autant périlleux et encore plus arrosé… Impossible de distinguer la campagne à travers les vitres embuées !

Vendeuse de Maïs

Les jours passent et nous devons nous résigner à voyager mouillés… Nous ne pouvons pas quitter Guilin sans avoir fait la fameuse croisière sur la rivière Lijiang ! Là aussi, faut impérativement se procurer les billets à l’hôtel… On hésite jusqu’au dernier moment… Et nous voilà embarquant le lundi matin 14 juin. Ce qui aurait pu être le « must » du séjour en naviguant au milieu de ces pics karstiques recouverts de végétation, ces forêts de bambous au bord de l’eau… se résume à un épais brouillard où l’on distingue à peine l’ombre des collines à travers le ruissellement…Et l’intérieur d’un vieux rafiot, usine à touristes, où nous sera servi un déjeuner infect même pas mangeable et, naturellement, le tout à un tarif « occidental »… Nous commençons un peu à nous décourager car vraiment rien ne se déroule suivant nos vœux…

Croisière

Notre prochaine destination est Hong Kong… Là aussi, ce n’est pas une mince affaire pour trouver le bon comptoir pour acheter les bons billets de train… En fait, arriver à Hong Kong est aussi toute une expédition : le terminus du train chinois est à la ville frontière de Shenzhen où il faut accomplir les formalités douanières (des files d’attente interminables !) pour sortir de Chine pour reprendre un autre train. Il faut savoir aussi que le passage à Hong Kong nécessite un « double visa » chinois (à acheter au Consulat de Chine avant de partir !) car lorsque vous ressortirez d’Hong Kong, si vous n’avez pas un nouveau visa d’entrée en Chine, il en sera fini de votre voyage ! Nous passons la nuit dans le train puis la matinée entière dans le flux migratoire…

Hong Kong, la verticalité et la foule…

HONG KONG

A Hong Kong, passé récent oblige, il y a pas mal d’anglophones et une signalétique plus intelligible. Nous avons réservé (ratestogo.com) au Ramada Hong Kong Hôtel, un 4* central et très correct (308, Des Vœux Road West). Les tramways permettent de circuler aisément dans toute la ville. Ce qui frappe d’abord, c’est la chaleur moite, la verticalité des immeubles, la foule, et puis, toujours, le mauvais temps qui nous poursuit !

HONG KONG

Entre deux averses, nous pourrons faire une balade en sampan dans le port, contraste entre la tradition et la modernité puis, monter en train à crémaillère appelé « Peak Tram » au Victoria Peak. Situé à 554 m d’altitude, c’est l’un des sites touristiques les plus visités de Hong Kong. De là-haut, une vue splendide s’offre sur la ville et ses environs : la célèbre baie de Hong Kong avec sa « skyline » et Kowloon…

hk2

On s’aperçoit vite que la population de Hong Kong est nettement plus accueillante, plus disposée à aider le visiteur… Sans doute est-ce dû à l’influence internationale et à l’ambiance cosmopolite qui y règne depuis longtemps… Le soir venu, Temple Street, la rue des restaurants et du marché permanent, prend les couleurs d’une joyeuse kermesse à l’odeur de crevettes et autres homards grillant sur le trottoir !

HONG KONG

Aller jusqu’au village de Stanley en bus nous permettra d’échapper à la verticalité et de découvrir un autre visage de Hong Kong : vieilles ruelles, plage calme et « Stanley Market », une succession d’étals proposent aussi bien des peintures chinoises et des objets artisanaux que du mobilier, des vêtements, des soieries, des objets insolites…

LAMMA

Autre balade que nous avons faite en bateau : l’île de Lamma, un charmant endroit (Photo ci-dessus) à l’écart du tumulte de la mégapole où les sampans s’accumulent dans l’unique petit port. Un très joli endroit qui nous permet – enfin – de voir un peu de nature…

HONG KONG
A Hong Kong aussi… Si t’as pas de Rolex…

 

Atteindre Shanghai : tout un programme…

HONG KONG
La foule de Hong Kong…

Vendredi après-midi (18 juin) nous commençons notre voyage vers Shanghai. Comme à l’aller, on ne peut pas avoir directement de billets de train pour la Chine… Il faut d’abord retourner à la ville frontière de Shenzhen, refaire toutes les démarches administratives en sens inverse puis acheter nos couchettes… Nous arrivons vers 16 heures à  Shenzhen et nous précipitons vers les guichets… Enfin, une heure plus tard et après plusieurs attentes nous obtenons nos sésames pour Shanghai… Le train part le lendemain matin à 8 heures… Il ne nous reste plus qu’à nous installer à l’Hôtel de la Gare… C’est ce que nous faisons… Toujours en train de tout contrôler (la parano me gagne !) je me rend compte en observant les pictogrammes, vers 18 heures, que les billets qui sont en notre possession ne partent pas de Shenzhen mais de Canton (Guangzhou en chinois) qui se trouve à deux heures de train de là ! Naturellement, personne ne nous l’a dit… Panique générale, briefing de crise… Il faut immédiatement trouver un train ce soir pour être à l’heure, demain, au départ !

vieille

Une heure à peine après avoir pris possession de notre chambre nous devons la quitter… Je demande au manager (qui parle anglais !) s’il peut nous faire un tarif préférentiel sur les deux chambres même pas utilisées et payées d’avance… Avec un grand rire il me répond : « Full price ! » (Tarif plein…). Vraiment sympathique… Nous avons adoré cette empathie… qui semble, hélas, assez généralisée dans ce pays !

GUILIN

Plutôt contrariés nous reprenons place dans une salle d’attente payante pour « riches » (façon de parler !) pour attraper le train de 20 heures 30 vers Guangzhou… Nous voici, deux heures plus tard sur le parvis de la gare… Un endroit totalement surréaliste, véritable cour des miracles où s’entassent, à même le sol, des dizaines d’individus pour y passer la nuit… Slalom, avec nos valises, à travers crachats, immondices et corps endormis… A gauche de la place, un hôtel 3*… Assez fatigués, nous nous y dirigeons. Nous prenons les chambres qu’on nous propose (y a plus le choix !)… La nuit est difficile : la chambre, tout comme la literie, est sale et la climatisation crache un air nauséabond… Patience, se dit-on, c’est pour quelques heures…

PEKIN
Lac à Pékin

Ne pouvant pas dormir et trop angoissés à l’idée de rater le départ pour Shanghai, nous sommes prêts dès 6 heures du matin pour notre train de 8 heures ! Nous nous présentons aux grilles de la gare : seuls, les gens munis de billets de train y ont accès…Et là, les agents préposés nous laissent entrer en ricanant sur nos précieux tickets… Nous n’y prêtons pas trop attention… L’attente commence… Le grand tableau des départs immédiats ne mentionne pas le numéro de notre train ? Quelle voie ? Quel retard ? Rien… Au bout d’une heure nous commençons vraiment à nous inquiéter d’autant plus qu’il n’y a personne capable de nous renseigner en anglais… De guichet en guichet, nous finissons par trouver une fonctionnaire baragouinant quelques mots et qui nous informe que notre train est « cancelled » (supprimé !)… Y a qu’à revenir demain, dit-elle trop contente à travers sa vitre, mais avant, il faut se faire rembourser le « train fantôme » pour acheter de nouveaux billets… Là, j’avoue que ma patience est arrivée à ses limites… Je me mets littéralement à haïr ce pays et ses habitants. Je n’avais jamais ressenti un sentiment d’agacement aussi vif et d’impuissance… Je voulais fuir, retrouver la vieille Europe… Il m’était impossible de rester une minute de plus dans cette gare maudite au milieu de cette population gesticulante si hostile… Une véritable crise de paranoïa !

GUILIN
Guilin

Nous sommes ressortis de la gare et avons trouvé, cette fois à droite de la place, un hôtel 4*… Je me suis installée dans la chambre climatisée et propre à 8 heures du matin et n’ai plus voulu en sortir ! Pendant ce temps, Mathilde avait pris la relève pour s’occuper des billets de train et les avait trouvés, non sans mal, pour le lendemain matin. Pour elle, aussi, l’adrénaline montait… Sans doute Guangzhou avait-elle des côtés attractifs ? Pour ma part, je n’étais plus en état d’affronter le monde extérieur… J’attendrai dans la chambre le matin suivant…

PEKIN

Lundi matin, 21 juin, nous voilà à nouveau faisant les mêmes essais de départ à la gare de Canton. Cette fois, ça se passe mieux : notre train n’est pas « cancelled » mais en retard de 2 heures… Bien que retardé, il est inscrit sur le grand tableau : ouf ! Enfin une info positive… On va partir de là ! Le train (même décor que les précédents) mettra 27 heures pour parcourir les quelque 1800 km qui nous séparent de Shanghai. Nous débarquons au petit matin (vers 7 heures) le lendemain !

Shanghai et l’Expo 2010

SHANGHAI

Nous avons fait des milliers de kilomètres depuis plus de vingt jours et il pleut toujours autant ! Notre semaine à Shanghai aura pour cadre le Motel 168 à An Yuan Road, 678 à l’ouest de la ville… Tarif sympathique (environ 40 €/jour) mais endroit sinistre à mourir au milieu d’immeubles tous plus lugubres les uns des autres… Au fil des jours, notre espoir de voir apparaître le soleil s’évanouit…

SHANGHAI

Près de notre hôtel se trouve le Temple du Bouddha de Jade, le plus ancien temple bouddhiste de Shanghai. Ce temple a été construit pour garder deux statues de Bouddha de jade rapportées de Birmanie par un moine. Reliques culturelles rares, ces statues sont aussi des oeuvres d’art en porcelaine. L’ambiance zen et de méditation contraste avec l’agitation de la mégapole et le quartier environnant peu intéressant…

SHANGHAI

Shanghai est une ville très moderne et le métro est une aubaine pour y circuler ! Il est assez facile à appréhender. Les dernières lignes ont été achevées pour les J.O. de 2008. Mais d’autres sont déjà en chantier ! Ce qui attire l’attention c’est la netteté de la signalétique et la propreté des couloirs… Normal : avec des dizaines de caméras braquées sur eux, les usagers ravalent leurs crachats par crainte d’aller passer quelques vacances imposées en camp de rééducation… Ce qui étonne, aussi, c’est l’agressivité des hommes qui se jettent littéralement sur les voyageurs qui descendent pour prendre d’assaut les sièges et empêcher une vieille dame ou une maman de s’asseoir… Dans aucun autre métro du monde je n’ai vu autant d’incivisme et de « chacun pour soi » !

SHANGHAI

Shanghai possède plusieurs « coeurs » dont le Bund situé sur la rive Ouest du fleuve Huangpu, qui traverse la ville. L’avenue de Nanjing, surnommée « la première avenue commerciale de Chine » avec toutes se boutiques de luxe et ses magasins à étages.

SHANGHAI

La vieille ville et le jardin Yuyuan qui fut une résidence privée fondée il y a 450 ans. On peut y admirer de nombreuses antiquités (peintures, calligraphies, meubles ou encore poteries) et surtout l’architecture traditionnelle. A côté du jardin, le Temple des dieux de la ville, haut en couleurs, est taoïste.

SHANGHAI
Shanghai : le temps est tellement mauvais que l’image non colorée est appropriée !

La Tour de la Perle de l’Orient (Pearl Orient Tower) de 468 m élevée à Pudong au bord du Huangpu permet par temps clair (évidemment, nous n’avons pas pu vérifier car pour nous il n’y a eu que de la pluie…) de jouir d’une vue exceptionnelle sur le Bund auquel elle fait face (Accès possible jusqu’à la deuxième boule). Cette tour est devenue en quelques années le symbole du développement de Shanghai.

SHANGHAI

Concernant l’Expo 2010, nous l’avons trouvée remarquable même si nous n’avons fait qu’y passer une seule journée… En effet, vu les files d’attente de plusieurs heures à chaque pavillon, un journaliste devenu « touriste » ne peut pas accomplir un travail sérieux ! Nous avons appris par les exposants, après deux heures de queue pour visiter le Pavillon Français (très beau, par ailleurs !) qu’on aurait pu « couper la file » en présentant notre passeport ! Dommage, car l’Expo 2010 semble – à elle seule – mériter le voyage à  Shanghai… Elle sera définitivement close le 31 Octobre prochain !

SHANGHAI

En dernière minute, ultime tracasserie avec les transports : nous avions décidé de retourner à Pékin pour deux jours à l’Auberge « Red Lantern » appréciée en début de voyage… Mais il en sera autrement : il n’y a pas de places le mardi 29 juin (Enfin, pas pour nous !) et nous devrons encore rester un jour de plus sous la pluie de Shanghai dans cet hôtel HLM…

SHANGHAI

Il est un rendez-vous qu’on ne raterait pour rien au monde : celui du départ matinal du 1er juillet à l’aéroport de Pékin… Nous avons commandé le taxi trois heures à l’avance par précaution… On a tellement subi « d’embrouilles » au cours de ces tribulations chinoises que nous sommes plus que méfiants : nos billets ne sont ni modifiables, ni échangeables !

PÉKIN

Que restera-t-il de ce mois chinois dans nos mémoires ? Bien sûr, la découverte de lieux inoubliables comme la Cité Interdite, Tien An Men, Guilin, Honk Kong, Shanghai et l’Expo 2010 mais aussi le grand handicap météorologique et le détestable sentiment d’un rendez-vous manqué ! N’avoir vu aucun paysage et avoir été, constamment prisonniers du béton sans trouver les solutions pour s’en échapper… Et je ne parle pas de la « gastronomie » qui s’est traduite par la « junk food » ou « malbouffe » et ses gobelets de nouilles déshydratées qui ont fait le bonheur de Benoît et de Gilles ; quelques plats de riz et des Mac Do… Il y avait – j’en suis convaincue –  une cuisine élaborée et raffinée… mais nos budgets ainsi que l’absence totale de communication ne nous ont pas permis d’en prendre connaissance… Nous ne retournerons pas en Chine car nous préférons voyager et échanger avec des peuples plus hospitaliers… Je pense qu’il est nécessaire, pour apprécier l’Empire du Milieu, d’acheter un voyage « clés en mains » chez un Tour Opérateur : vous irez à l’essentiel sans casse-tête chinois pour la logistique !

Pékin
Bateau traditionnel à Pékin

Ce qu’ils en pensent…

MATHILDEMATHILDE, Professeur de piano : “Guilin est la ville qui m’a particulièrement séduite lors de ce voyage en Chine. Je dis ville parce que nous n’avons pas eu la possibilité d’échapper aux agglomérations. Fis des ballades en pleine nature ! L’attrait touristique : les montagnes et la rivière où sont organisées les “croisières à touristes” pour vendre toutes sortes de produits : alcool, nourritures, photos, artisanat de qualité moyenne… Le parc des sept grottes a été un émerveillement : pas de foule, pas de marchands, uniquement de beaux arbres centenaires et des animaux en liberté (singes, paons et oiseaux). A côté se trouve la réserve des pandas avec ses nurseries. Un site naturel protégé qui m’a laissée admirative. J’ai aussi apprécié, Beijing, ses atouts historiques et architecturaux et son réseau cyclable plat ! Xian, ses fouilles archéologiques avec l’Armée de Soldats en terre cuite exceptionnelle. Hong Kong, la ville de la course aux buildings : faute de place on gagne des mètres carrés en hauteur. Je retiendrai la promenade ludique sur l’avenue des stars et la symphonie des lumières sur les immeubles. Shanghai, une giga-mégapole qui a mérité ma curiosité par sa tour au sol de verre qui donne une vue en hauteur sur la cité et l’ancien quartier d’habitations traditionnelles très bien conservé. J’ai retenu que les habitants de Chine vivent dehors, sur les trottoirs, dans les parcs. Ils exposent leur vie sociale sans retenue. Vu la petitesse de leur logement, ils prennent la rue comme extension pour laver le linge, faire des exercices physiques, se faire couper les cheveux,  laver des légumes, jouer au majong. Les musiciens en tout genre sont également présents ce qui n’était pas pour me déplaire. En conclusion, je ne retournerai pas en Chine à cause de l’impossibilité de communiquer qui est très usante. De plus, c’est un peuple qui n’échange pas. Lorsque je voyage, je le fais principalement pour la découverte mais l’échange et le partage avec les habitants font grandement partie de ma motivation”.

gerardGÉRARD, Photo-Reporter : “C’est une experience… Ce pays doit être très beau mais le climat m’a désespéré question prise d’images (26 jours de pluie pour 30 jours de séjour) et les moyens de transports sont incompréhensibles pour des Occidendaux  voyageant seuls. Ce qui entraîne sans cesse de multiples galères sources d’énervements. La barrière de la langue est insurmontable dans la mesure où les Chinois n’ont aucun goût à aller vers l’étranger. Partout le manque d’hygiène est aussi un réel obstacle, surtout quand il s’agit de se nourrir. Conclusion : un voyage à la découverte de la Chine ne peut se faire sans accompagnement autochtone !”

GillesGilles, Educateur Sportif : “J’ai apprécié dès le début les premiers contacts que j’ai eus avec la population chinoise, je les ai trouvés amusants, toujours de bonne humeur et faciles d’accès. Un grand moment : avoir rencontré Maître Wang, qui est Maître de Taï Ji Quan parce que moi-même je pratique cet art martial. La rencontre avec le moine Taoïste (Notre Photo) où nous avons communiqué par signes fut riche pour moi. J’ai été emballé par les sites grandioses que nous avons visités. En revanche, j’ai été frustré de ne pas voir les paysages : manque de nature et trop de béton ! La nourriture occidentale me manquait à la fin mais ce fut un voyage agréable malgré toutes les complications dans les transports et toutes les formalités. Si je devais y retourner, ce serait avec quelqu’un qui pourrait me diriger…”

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