THAÏLANDE : Phuket Elephant Sanctuary

 Pour découvrir les éléphants autrement…

La Thaïlande ? Sans doute un rêve exotique fantasmé, chez bon nombre d’Occidentaux, par le fameux « sea, sex and sun », les légendaires « massages », les rencontres faciles… et, bien entendu les incontournables balades à dos d’éléphant emblêmatique symbole du Royaume de Siam… En transit à Phuket pour embarquer sur le Star Clipper (Voir notre reportage par ailleurs), nous avons voulu aller à la rencontre d’un autre tourisme : celui qui respecte la nature et ses êtres vivants ! Nous avons choisi de vous parler du « Phuket Elephant Sanctuary » (PES) situé à Paklok, dans le district de Thalang (Phuket) près du Khao Phra Thaeo National Park, pionnier dans le développement du tourisme éthique concernant les éléphants sur l’île de Phuket !

2 Elephant

Créé il y a tout juste un an par trois partenaires résolument déterminés à combattre l’exploitation des éléphants pour le tourisme de masse : Montri Todtane, propriétaire d’un camp d’éléphants à Phuket, défenseur de l’environnement et des éléphants ; Sangdeaun « Lek » Chailert, qui a créé l’association « Save Elephant Foundation » et fondé le Parc Naturel des Éléphants de Chiang Mai au Nord du pays (dont celui-ci s’inspire) et Louise Rogerson, citoyenne britannique et fondatrice de « Ears Asia » (Les oreilles de l’Asie). Le but du sanctuaire ? Éduquer les voyageurs sur la réalité des promenades à dos d’éléphants et remettre dans leur milieu naturel quelques spécimens maltraités au cours d’une vie de douleur ! Bien loin d’un « Cimetière des éléphants », c’est en fait une « Maison de Retraite 5* » où ces pauvres bêtes retrouvent leur environnement originel et vont vivre paisibles leurs dernières années.

Une matinée avec les éléphants…

Nous avons fait la visite avec les voyageurs internationaux qui ont acheté leurs tickets sur le site web (phuketelephantsanctuary.org) : ne cherchez pas dans les rues de Phuket chez les dizaines de « vendeurs d’excursions ou autres sensations » ! Le point de départ est sur la Route 4027 à environ 30 km (Il faut compter une heure à cause du trafic intense ) de Patong Beach (ou Phuket). Là, nous embarquons à bord de 4×4 pour un petit quart d’heure de route conduisant au domaine. L’accueil des visiteurs se fait en plein milieu de la forêt, sur une plateforme d’observation surplombant un point d’eau.

Nous commençons, après un « Welcome » thé/café, par regarder une vidéo éducative mettant en évidence les pratiques cruelles utilisées pour briser l’esprit des pachydermes. Dès leur plus jeune âge (2/3 ans) les éléphants sont capturés illégalement en milieu sauvage et remis à des dresseurs ou « mahouts » qui vont pratiquer sur eux, le « Phajaan », croyance ancestrale qui prétend séparer l’esprit et le corps de l’éléphant afin qu’il perde ses réflexes et son instinct naturel sauvage et être complètement asservi à l’homme. Ainsi torturés, les animaux sont d’abord formés ou «écrasés» dans la domesticité afin qu’ils puissent accepter les cavaliers et leurs trop pesantes nacelles. Un processus qui peut impliquer d’être ligotés avec des cordes, battus avec un bâton ou un bullhook (genre de pic à glace), affamés… et toutes autres réjouissances !

Première rencontre avec l’éléphant : sensibiliser les enfants au tourisme responsable !

Les touristes qui ont choisi cette découverte écologique en milieu naturel peuvent ensuite nourrir les animaux, les approcher, puis faire une grande promenade dans la forêt afin de les observer déambuler, libres et sereins… Leur bain quotidien est un grand moment pour petits et grands. Celui-ci est ponctué de longs barrissements de joie et de joyeuses éclaboussures ! A l’issue de ces rencontres, le PES offre un lunch végétarien à déguster sur la terrasse d’observation pour observer encore un peu les « stars » de la propriété !

Qui sont les héros du jour ? Madee (qui signifie en Thai « nouveau départ »), la doyenne âgée de 60 ans venue d’un camp de Narathiwat. Elle a passé presque toute sa vie près de la frontière malaisienne à travailler. Les pachydermes, quand ils ne sont pas utilisés pour le tourisme, sont exploités par leurs propriétaires notamment dans les milieux forestiers. Bien qu’aujourd’hui cette pratique soit interdite en raison de la déforestation, de nombreux éléphants en souffrent toujours. Ils sont frappés jusqu’à l’épuisement dans l’unique but de les rendre plus performants. Il y a également Kannika (qui signifie fleur en Thai), venue de la province de Surin. Encore jeune, elle a passé 20 ans à promener les touristes dans la jungle de Phuket. On y trouve aussi Dok Gaew. Enfin, le sanctuaire héberge un éléphant aveugle, Gaew Ta appelée aussi Darling, dont la cécité a probablement été provoquée par son ex-propriétaire…

Louise Rogerson (Photo Peter Yuen)

Comme nous explique Louise Rogerson, Directrice de Projet, que nous avons rencontrée : « À tous les touristes intéressés par la Thaïlande et les balades à dos d’éléphant, nous tenons à rappeler que cette attraction, où que vous la pratiquiez, encourage la maltraitance de ces animaux. Il n’est pas possible, quoi que l’on vous dise, de monter sur cet animal sans qu’il ait été violenté. Aucun de ces gentils géants n’accepterait d’être enfourché par un être humain sans avoir subi des traitements particulièrement horribles… Après avoir été brisés, les éléphants sont maltraités quotidiennement afin de les garder dociles par la peur et de permettre à de nombreux vacanciers de les monter chaque jour… Il en va de même pour les éléphants-footballeurs, acrobates ou peintres : leur éducation relève juste de la torture…  et croire que les éléphants s’amusent est vraiment naïf ! »

L’éléphant Thai, « Chang Thai » est le symbole de la Thaïlande et de sa culture depuis des siècles. Historiquement, il a toujours joué un rôle dans l’agriculture, les transports et même les guerres ! Aujourd’hui, les éléphants arnachés et traumatisés sont obligés de subir les balades pour touristes… Menacés d’extinction, ils figurent sur la liste des animaux à protéger. Pensez-y avant de vous engager pour une balade, certes folklorique, mais désastreuse en conséquences… Bref, nos lecteurs auront bien compris le message : observer les éléphants, les nourrir, les approcher : « oui », les chevaucher : « non », ils en souffrent trop ! Cette prise de conscience est capitale pour tous les amoureux de la nature qui souhaitent participer à un tourisme durable et équitable…

Si vous souhaitez rencontrer les éléphants, nous vous invitons donc à vous rapprocher de ce type de sanctuaire qui veille à leur bon développement. Vous pouvez également vous engager bénévolement pour la sauvegarde des animaux maltraités à des fins touristiques. Toutes les infos : phuketelephantsanctuary.org


Reportage : Textes/Dany Antonetti – Photos/Gérard Antonetti


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